‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 374 sur 397 · Arch. nat. O · texte numérisé non relu

Arch. nat. O

12. Arch. de la Seine, loc.cit., cart. 48, bilan du tap. Ravary, 1776; cart. 32, bil. du tap. Proquez, 1780; cart. 79, bil. du tap. Caplain, 1791 ; etc.

13. Arch. nat. O1. 3628. Ces meubles, commencés en 1777, ne furent terminés qu’en sept. 1782 et payés en 1784 (Id. O'. 3534, O-

14. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q.8. 38, 1 5 ventôse an V.

Notre Mobilier national renferme quelques spécimens de leurs travaux dans le style Louis XV. Les plus remarquables sont deux curieux « fauteuils en prie-Dieu », dont le dossier supporte un accoudoir \ Le legs Camondo a fait entrer au Louvre une suite de six jolies chaises peintes en vert et rechampies d’or2 (pl. LXV). Dans les collections de Chaalis appartenant à l’Institut de France, figure un fauteuil canné qui date de la même période. Le musée Jacquemart-André à Paris montre une ravissante banquette d’ébrasement 5, exécutée du temps de Louis XVI par Tilliard fils. Parmi beaucoup d’autres pièces sorties des mains de ces maîtres, il suffira de mentionner les chaises dorées que possédait le comte Horace de Choiseul 4, le fameux mobilier des frères de Goncourts, et un autre ameublement de salon conservé chez le comte de Coulombiers au château de la Victoire, près Senlis.

TILLOT (Jean-Baptiste), originaire de Lyon, fils de l’ébéniste Michel Tillot, exerçait la même profession à Grenoble en 1715 6.

TISSIER. — On a relevé ce nom sur un bureau-secrétaire Louis XV, en marqueterie à fleurs, d’une forme lourde et assez disgracieuse, paraissant l’ouvrage d’un ébéniste provincial 7.

TOPINO (Charles) devait être natif d’Arras, où son père vivait encore vers la fin du règne de Louis XV 8. Il avait un frère, négociant à Marseille 9, dont naquit le peintre François Topino- Lebrun, connu par son zèle révolutionnaire et par sa fin tragique de conspirateur. Fixé à Paris dès 1745 I0, Charles Topino exerça longtemps comme ouvrier libre avant de gagner la maîtrise le 14 juin 1773 M. Il habitait rue du Faubourg Saint-Antoine, fabriquant avec succès des meubles de luxe qu’il garnissait de cuivres fondus par Viret, ciselés par Chamboin et Dubuisson, dorés par Bécard, Gérard et Vallet. Sa clientèle comprenait des seigneurs français et étrangers, entre autres le marquis de Graville, qui lui acheta « une chiffonnière, dite à la Félicité, à trois tiroirs, le dernier faisant pupitre et s’élevant à crémaillère » ; mais il travaillait surtout pour le commerce. Il fournissait les ébénistes Migeon, Denizot, Boudin, Moreau, Delorme, Tuart, Pelletier, Héricourt, le tabletier Aufrère, les tapissiers Law et Bonnemain. Aux Archives de la Seine est conservé le livre où il inscrivait leurs commandes '2. Ce registre, fort mal tenu, griffonné en tous sens, atteste à la fois l’activité du maître et ses habitudes de désordre ’5. On y trouve jusqu’à des brouillons de lettres intimes, comme celle-ci adressée à son frère en novembre 1782 : « Pour comble de bonheur, les syndics de ma communauté m’ont élu cette année député, [ce]

8. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 395. Journal de l’ébén. Topino.

9. Id. ibid. Ce frère, qui se faisait appeler Topino-Le Brun, était un « marchand ébéniste privilégié du Roi, suivant la Cour ». Il demeurait à Marseille, rue Saint-Ferréol.

10. Arch. de la Seine, loc. cit. Reg. 5491. Livre des ouvriers de l’ébén. Migeon.

Page 1