MATHIEU-GUILLAUME CRAMER
Bureau à cylindre en marqueterie, provenant du mobilier royal de Sardaigne. ( anc. coll. Eug. Kracmer).
désigna comme arbitre dans un procès intenté par l’ébéniste Cambier contre une marchande de meubles '. Il exerçait encore cinq ans plus tard 1 2.
Son estampille J. CAUMONT figure sur une console Louis XVI en bois sculpté et doré appartenant à notre Mobilier national. Toutes les autres pièces sur lesquelles on a trouvé cette empreinte sont des ouvrages en acajou ou en marqueterie, qui se distinguent souvent par une composition assez recherchée. Caumont faisait des tables de bois satiné massif, qu’il ornait de fines incrustations rappelant un peu les décorations peintes des ébénisteries anglaises3. Mme Demachy possède de lui, au château d’Ognon, près Senlis, un secrétaire qui offre des motifs traités plus largement ; ce meuble porte sur l’abattant le dessin d’un bureau chargé d’instruments de musique au-dessous d’un dais à draperies.
CERCOUS travaillait sous le Consulat, dans la cour de la Juiverie, près des fossés de la Bastille. Il fournissait au commerce des bureaux étrusques, des consoles de style antique, des sièges cà figures et à têtes de béliers4. Cet ébéniste ouvrit ensuite un magasin rue du Faubourg Saint- Antoine et l’exploita jusqu’à la fin du règne de Louis XVIII5.
CERCUEIL (Joseph), menuisier parisien, prit rang de maître le 23 janvier 1787, après avoir été pendant dix ans « agrégé » à la corporation6. Il habitait rue du Faubourg Saint-Antoine, faisant des bois de sièges, des cadres et des moulures sculptés7. Son atelier ne semble pas avoir survécu à la Révolution.
CHANTEREAU (Jean-Charles), né en 1 7 3 5 8 *, devint maître menuisier-ébéniste à Paris le 29 octobre 1772 9 ; il demeura rue Bourbon-le-Château, derrière l’abbaye de Saint-Germain-des- Prés, entre 1781 et 1790. Durant cette période, il fit paraître de nombreuses réclamés pour des chaufferettes de son invention, qu’il confectionnait en chêne, en noyer et en acajou I0.
CHARDIN (Jean), billardier du roi Louis XIV, faisait partie de la jurande des menuisiers de Paris en 1701 ". Après avoir résidé rue de Seine, il se fixa rue Princesse, au coin de la rue du Four, où il vivait encore vers I73012. Fournisseur ordinaire du Garde-meuble et des Menus- Plaisirs, ce fabricant exécuta pour les maisons royales nombre de beaux billards, dont plusieurs en bois d’ébène ’3. Il fut le père du célèbre peintre Siméon Chardin. Un autre de ses fils Juste, lui succéda comme billardier royal. Celui-ci, né en 1703 '4, reçu maître le 3 1 décembre, 1734 *5, devint juré de sa communauté en 1739 l6, et principal de ce corps en 1765 I7. Les billards
1. Arch. delà Seine. Consulat. Rapports, cart. 20, 23 nivôse an III.
2. Arch. de la Préf. de Police. Commissaires de Police. Quinze- Vingts. N° 1, 22 fructidor VIII.
3. A. de Champeaux. Le Meuble , t. II, p. 290 et Notes mss. (Bibl. des Arts décoratifs X. 45).
4. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 2869, Journal du tap. Bonnichon, ans XI à XIII; Reg. 4275, Journal du tap. Décors, an XIV. — Bilans, cart. 94. Bil. du march. Mennesson,an XI ; cart. 96, bil. du tap. Bonnet, an XII, etc.