‹ Les échanges respiratoires des hibernantsChapitre 35 sur 111 · RAT BLANC (souche Wistar · texte numérisé non relu

RAT BLANC (souche Wistar

Nous avons examiné les thyroïdes de 6 Rats dont 3 étaient adaptés à 8° et trois autres à 28°. Toutes les thyroïdes corres-

pondent à des glandes d’activité moyenne, qui exprimée en unités « Cobaye » correspond à 30 ou 50 unités. Il y a des vacuoles de résorption, peu nombreuses, et l’épithélium folliculaire est moyennement haut. L'aspect est à peu près identique partout, mais si on reconnaît une légère différence, il faut constater dans un cas unique de Rat, adapté à 8°, une diminution des signes histologiques d’activité. (On évalue l’activité de cette glande à environ 20 unités « Cobaye »).

La conclusion générale qui découle de ces protocoles expérimentaux est qu’il est impossible d'attribuer l'augmentation de la calorification des animaux adaptés à 8° à une augmentation de l’activité thyroidienne, estimée d’après sa configuration histologique. Que la thyroïde présente une activité nulle (Loir et Lérot), moyenne (Rat blanc) ou forte (Hamster doré), l'effet

physiologique de l’adaptation au froid est toujours une augmentation de la calorification, tandis que l’image histologique de la thyroïde des individus adaptés à 8° ne révèle pas le moindre signe d’une activité glandulaire plus accusée. La seule différence que nous ayons observée a été, dans quelques exemples, plutôt une diminution de l’activité de la thyroïde des sujets adaptés à 8° ; mais cette différence est trop faible pour pouvoir être interprétée avec certitude. Les thyroïdes que nous venons de décrire ont été prélevées sur des animaux tués par narcose au chloroforme. Le prélèvement a été fait environ 30 à 60 minutes après avoir retiré les animaux de leur milieu d'adaptation. Comme nos mesures d'échanges ont été faites sur des individus retirés depuis sept heures de leur milieu d’adaptation, nous avons jugé utile de vérifier nos résultats histologiques sur des animaux soumis aux mêmes conditions : nous avons, par conséquent, examiné les thyroïdes de quatre Hamsters dorés adaptés à 0° et 28° qui ont séjourné 6 heures à 20° avant le prélèvement des pièces. Les résultats ont été identiques aux précédents : toutes les thyroïdes (octobre 1938) ont montré des signes de forte activité, qu’elles proviennent de Hamsters adaptés à 28° (2 sujets) ou d'animaux adaptés à 8° (2 Hamsters). Si nous traduisons en « unités Cobaye » le degré d'activité de ces glandes, nous les chiffrerons à 120 ou 130 unités « Cobaye ».

Modifications structurales de la médullo-surrénale au cours de l’adaptation thermique.

L'étude anatomique des thyroïdes étant restée tout à fait négative, nous avons soumis les médullo-surrénales de nos animaux à l’examen histologique.

Le choix de ce nouvel objet d’études a été dicté par les considérations suivantes : L’examen histologique de la thyroïde ne nous ayant pas donné l’explication des phénomènes observés, nous nous trouvions en présence des deux possibilités suivantes :

1) L'image histologique est incapable de traduire fidèlement le degré d'activité de cette glande, ou 2) l'augmentation de la calorification des animaux adaptés à 8° est due à l’hyperfonctionnement d’une autre glande. Avant d’adopter la première de ces deux interprétations, il était naturel de vérifier si l’image des autres glandes endocrines restait tout aussi peu explicative. Nous avons examiné la plupart des autres glandes endocrines de l’économie : hypophyse, pancréas endocrine, glandes génitales et surrénales. Nous avons parfois observé quelques différences légères dans l’image de l’anté-hypophyse et des glandes génitales des animaux adaptés aux différentes températures. Mais la systématisation des observations était rendue impossible, car les modifications constatées étaient irrégulières et trop faibles. Les différences que nous avons observées dans les médullo-surrénales étaient, au contraire, très nettes et régulières. De plus, le rôle de la médullo-surrénale dans la calorification est si important qu'il est presque inutile de le rappeler : hypothermie après surrénalectomie, hyperthermie après injection d’adrénaline, hyperadrénalinémie réflexe dans la thermogénèse de réchauffement. Des modifications de structure en rapport avec la thermogénèse ont été décrites par plusieurs histologistes : CRAMER [24] a signalé des modifications structurales de la médullo- et de la cortico-surrénale dans la réaction brusque au froid ; le séjour prolongé à basse température (l’adaptation thermique au froid) modifierait également la structure de la médullo-surrénale ; CRAMER observe, en effet, dans les deux conditions — réaction brusque au froid et adaptation à basse température — une diminution de la ré-

action chromaffine de la médullo-surrénale. Il interprète cette observation de la façon suivante : le séjour au froid — de courte ou de longue durée — détermine de l’hyperadrénalinémie. L'élaboration de l'hormone par la glande se faisant à un rythme plus lent que son évacuation dans le sang, la glande surrénale s’appauvrit progressivement en -adrénaline. Il y aurait, par conséquent, un véritable épuisement de la médullo-surrénale qui serait beaucoup plus manifeste dans les réactions brusques au froid assez intense que dans l’adaptation thermique. VINCENT [79] a décrit chez le Rat séjournant à 4° les mêmes modifications histologiques de la médullo-surrénale que celles que nous avons observées chez les hibernants adaptés à 8°. Si VINCENT fait séjourner et travailler les Rats à des températures légèrement supérieures à 20°, le tissu chromaffine devient très abondant dans la médullaire.

VINCENT attribue la disparition de la réaction chromaffine chez les animaux adaptés à 4° et chez ceux qui travaillent et vivent à 14° à la chute de leur température centrale qui tombe de 37°5 à 34°.

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