PREMIÈRE LÉGENDE
Osman , roi de Grenade, était un chevalier Redoutable aux chrétiens, à l'Alcoran fidèle, Aussi rude ennemi que prompt à s'attacher, fdole de son peuple , et des rois le modèle.
Roland, digne neveu d'un puissant empereur, Renommé chez les Francs pour sa rare bravoure. Parmi les chevaliers dont il était vainqueur. Comptait le grand Arcas et le bey de Mysoure.
Ainsi que Soliman , Karl avait résolu
De choisir un guerrier d'une haute importance ;
Désigné par son choix , Roland était l'élu
Qui tenait dans ses mains le destin de la France.
Ce jour s'était levé dans lequel deux héros Devaient montrer au monde un combat si terrible Chacun, abandonnant la couche du repos, Pria le Tout-Puissant de le rendre invincible.
Pourtant dans la barrière est donné le signal : Le formidable Osman , tel qu'un torrent qui gronde, S'élance avec fureui- sur son vaillant rival , Et le champ closs'empreint d'un sang noir qui l'inonde.
D'abord le paladin , ébranlé par le choc. Avec le fier Bavard va mordre la poussière ; Mais prompt il se relève , et de taille et d'estoc Il brise aux mains d'Osman son massif cimeterre.
Alors tous deux, a pied, le poignard à la main , Se saisissent au corps et se font cent blessures. Reculent tour à tour, se joignent à dessein , Et font voler au ciel l'acier de leurs armures.
Enfin Roland, vainqueur, entraîne le sultan : Ils tombent, tous les deux, se roulent sur le sable Le clirétien plonge un fer dans la gorge d'Osman.., Et ce n'est qu'un de plus pour Roland l'indomptable