TROISIÈME LÉGENDE
Voyageurs , et vous pèlerins , Écoutez bien la noble histoire D'un roi , la fleur des vieux chrétiens Dont l'Espagne a gardé la gloiie.
Il revit dans maintes chansons Au pays qu'arrose le Tage :
Les villes , les bourgs . les cantons Connaissent tous lk roi Pelage!
Le traître comte Julien , De sa vengeance trop prodigue Versa le sang Ibérien Avec celui du roi Rodrigue.
A *Xérés de la Frontera , Ce champ de deuil pour la patrie Le ravisseur de Florinda Perdit la couronne et la vie.
Là , pendant neuf jours de douleurs , Une valeureuse noblesse , Comtes , barons , pages , seigneurs , Rivalisèrent de hardiesse.
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Don Pélai^e et quelques guerriers , Seuls de cette chevaleiie , Purent fuir les traits meurtriers De cette atïreuse boucherie.
Pendant trois ans , hélas I bien longs, On vit ces hommes intrépides , Dignes des plus glorieux noms.
Errer par les Sierras arides.
Puis reparurent ces vaillants \ Rompant cette fois toute trêve.
Pelage, aimé des Castillans, Sut les rallier à son glaive.
Et quand le Sarrasin vaincu S'enfuit de l'espagnol rivage Le plus brave , roi fut élu :
La couronne échut à Pelage.
L'ÉPÉE Dl cm