‹ Les échos d'Espagne (los ecos de España), poésiesChapitre 31 sur 31 · MOINE RÉGICIDE · texte numérisé non relu

MOINE RÉGICIDE

Ces vers étaient déjà sous presse Quand un horrible événement Vint faire d'un jour d'allégresse Un jour de deuil et de tourment.

Des jeunes mères la Patronne Attendait la fdle des Rois ; jyWtocha la sainte Madone Réclamait ses antiques droits.

- 15.i — Suivant le solennel usage , La Reine venait célébrer Sa délivrance, et rendre hommage Au Dieu que Ton doit adorer.

Tout à coup Merino s'avance , Ce moine aux traits sombres et durs.

Vers la Reine il rampe et s'élance .

Tel qu'un serpent , le lon^ des mui s.

Il tend un placet à la Reine Et s'agenouille au même instant L'acier meurtrier qu'il dégaine Est bientôt retiré sanglant.

Au cri de douleur dJsabelle , Les assistants sont accourus , Leurs sentiments d'ainour pour elle Par le danger se sont accj'us.

Dans ce tumulte la Princesse Tombe des beaux bras de Povar * , Mais , prompt à servir la faiblesse , Un guerrier l'emporte à l'écart.

Dieu ne permit pas que le crime Fût suivi d'un succès affreux ,

* Madarnp la marquise de Povar, dame d'honneur de la Reine , renommée par ses grâces , portait sur un coussin la petite princesse des Asturies.

Et bientôt l'auguste victime Sortit d'un état périlleux.

Ce Dieu qui daigna la défendre Et préserver son cher enfant , A la santé vient de la rendre Comme au peuple reconnaissant.

Puissions-nous voir, avec le traître Périr la révolution , Pour ne plus jamais reparaître Devant notre indignation!...

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