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LES ECOLES PUBLIQUES CATHOLIQUES

Depuis le discours de M. Bourassa à Montréal, les journaux ministériels, et plus spécialement le “Soleil” de Québec, se sont montrés très scandalisés. Ils ont voilé d’indignation leurs vertueuses colonnes et anathématisé avec pompe le député de Labelle.

J’aime à croire que les foudres spirituelles de ces feuilles candides n’ont pas complètement atterré M. Bourassa et qu’il continuera à faire la lumière sur les parties obscures de la question scolaire du Nord-Ouest.

Naturellement c’était le droit des organes libéraux de critiquer les dires et les idées de M. Bourassa, de rétorquer des arguments contre ses avancés, d’opposer des dénégations aux faits prouvés par lui. Une discussion calme et raisonnée aurait eu plus de poids que l’injure ou la menace.

Quand ils eurent repris leur sang-froid, çuelques-uns ont tenté la chose et ils ont entrepris l’apologie de “l’aniendeirent” qui sera soumis à la clause ib du bill originel.

Cette loi primitive était la répétition, mot pour mot, de la loi si claire et si précise de 1875, avec une section en plus, accordant sa part des fonds publics à la minorité.

L'amendement qui doit la remplacer est une pâle imitation de la section 93 de l’Acte de l’ Amérique britannique du Nord, dont on remplace le paragraphe premier par les ordonnances du Nord-Ouest, passées' en 1901.

Et il est permis de se demander si cela est bien dans les limites de notre juridiction, si nous avons le droit d’amender la constitution à nous donnée par le gouvernement impérial.

On ne peut admettre ce droit que dans un cas : celui où nous déclarons que le parlement canadien a vis-à-vis du Nord-Ouest tous les droits, en vertu de la cession de ce territoire à la Confédération par le gouvernement anglais. Mais on verra que ce principe est loin d’être reconnu par la presse ministérielle.

Au dire de ces journajux, l’amendement Sifton n’est rien autre chose que la clause 16 originelle sous une autre forme. D’autres vont même jusqu’à dire que c’est un triomphe pour les catholiques.

Il est difficile a priori de croire aveuglément que les dictées de M1. Sifton, l’ennemi juré de tout ce qui est français et catholique, soient pour nous une victoire éclatante.

Quant à dire que c’est une simple variété de rédaction, ce 11’esu pas sûr encore.

Les preuves principales apportées à cela par les organes ministériels ont leur base dans le discours de M. Borden ou dans les articles du “News” ou du “World” de Toronto. I/opinion .de ces deux gazettes anglaises sur lès mérites fde l’amendement Sifton n’a aucune force, car le moindre vestige de justice laissé aux catholiques dans l’Ouest sera toujours violemment attaqué par leur fanatisme intransigeant.

/ C’est sur les textes qu’il faut s’appuyer, et non sur les déclarations de ceux qui veulent tout nous arracher.

Les quelques arguments fondés sur les lois ou les textes dénotent chez nos confrères une ignorance véritable de ces détails essentiels, qui seuls, lorsqu’on les connaît, peuvent permettre de dire que l’on possède une question à fond.

En voici quelques exemples : Je lis dans le “Soleil” du 29 avril dernier, sous le titre :

“Les Ecoles publiques” :

soutien du Laurier.”

gouvernement.

A l’heure actuelle, les écoles publiques du Nord-O'uest sont confessionnelles, c’est-à-dire catholiques où la majorité est catholique, protestantes où la majorité est protestante. Nous en donnerons trois preuves.

La première preuve est tirée de la “Tribune”, de Winnipeg, journal si férocement oppose aux catholiqqes qu’il laisse, dans la crise actuelle, le “News” et le “World” loin derrière lui.

D’après la “Winnipeg Tribune”, il y a aujourd’hui quatre systèmes d’écoles, au Nord-Ouest :

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