POUR LA JUSTICE
Reproduit du “Canada” du 30 octobre, 1905 :
La situation du parti tory. — Le point de vue du “News”
Le correspondant du ‘‘Toronto News” à Ottawa écrit à son journal:
“Le spectacle qu’offre actuellement le parti conservateur dans West-Lambton n’est pas nouveau. Les partisans du comjpromis, à la dernière session, ont fait leur possible pour empêcher M. Borden de prendre sur la question de l’autonomie de l’Ouest une attitude définie et décisive ; puis, quand ils eurent vu leur échec et que M. Borden se fut montré supérieur à leurs conseils, ils entreprirent de ruiner son crédit comme chef de l’ opposition. La révolte de Québec, renforcée de deux ou trois défections dans l’Ontario, ôtait un mouvement découvert contre M. Borden. , Celui-ci eut alors à empêcher l’étranglement de l’Ouest tout en retirant de la situation le plus d’avantages possibles pour le parti.
‘‘On peut laisser Québec de côté. Les conservateurs de cette province, depuis quelques années, ne faisaient qu’une lutte très faible, étant élus plutôt pour suivre les libéraux que pour les combattre vigoureusement. Impossible pour eux de rien faire contre sir Wilfrid Laurier.
‘‘L’effet de cette manœuvre fut de donner à l’Ontario, avec ses 45 ou 46 députés franchement conservateurs, la direction du parti. Se joignirent à ceux-ci la demi-douzaine de députés conservateurs de l’Ouest et les sept députés conservateurs du Nouveau-Brunswûck. Par l’attitude résolue de cette soixantaine de conservateurs le parti s’attirait les sympathies de tous ceux qui, dans ce pays, n’aimaient pas les bills d’autonomie. Cette politique. — et cette politique seulement — pouvait entraîner, parce que claire et définie nettement, un gain moral important. C’était la seule politique ne concédant aucun avantage aux libéraux sous aucun rapport.
‘‘L’attitude des irrésolus et des mous de l’Ontario vint contrecarrer (ainsi que l’exemple des conservateurs de langue anglaise de la province de Québec, tels