PROMESSES DU PARTI LIBÉRAL
Je désire maintenant parler d’une question délicate, qui sera peut-être @ésagréable pour quelques-uns de ceux qui m'entendent, mais je suis forcé de dire la vérité, au risque même d’offenser quelqu'un Je fais la grave déclaration, que cette lésislation sur ls écoles a été mise dans le livre des statuts de cette Province comme un déli aux proniesses és plus Solénnellés dû Parti Libéral. Eñ ‘Janvièr” 1888 tin "événement amis "les Libéraux a” pouvoir dans Ce pays. Mes Hônorables amis s'étaient, depuis des années, efforcés de renverser le Gouvernement Norquay; en cela je les ai aidés de toutes mes forces, parce que nous croyions qu'un chansement serait avantageux pour le pays. La crise se produisit lors de l'élection de saint François-Xavier, au telips que jé vièns de mentionner. Le Docteur Harrison ‘édit alors premier ministre de la Province, et"il Choïsit comme Secrétaire Provincial, M. Joseph Burke, qui est un Canadien-Français, quoique son nom soit Irlandais. Il demeurait au milieu des siens, dans le district de Saint-François-Xavier, et avait été élu par acclamation en 1886,
__.risé à faire cette promesse, qu'il alla devant ses
comme membre de la Chambre. En acceptant cette position, il retourna dans son comté pour être réélu. Nous décidâmes de lui faire opposilion, quoique, pour ma part, je crus que cela était inutile. M. F. I. Francis, un Presbytérien de langue Anglaise, et gendre de feu le Rév. Docteur Black, le grand pionnier missionnaire Presbytérien de ce pays, fut choisi pour opposant à M. Burke dans ce District Français. [l ne lui était pas possible de se faire élire, à moins d’avoir une grande partie des votes de la population Française. Sans cela, je le répète, son élection eût été une impossibilité absolue. Maintenant je déclare, d’après les renseignements et d’après ma conviction, que M. Francis, lorsqu'il fut consulté par les chefs du Parti Libéral et prié d'accepter la candidature, a dit qu'il refuserait, à moins qu'il ne füt autorisé à promettre à ses électeurs que si les Libéraux venaient au, pou voir, ils ne se mêleraient en rien des institutions Françaises, dé leur Jangue ou de leurs ois d'écoles. J'ai s ul fut auto. Sctours et la leur exprima. Je n'ai pas su par moi-même, mais j'ai su par les rapports des journaux, et par des informations apportées aux Libéraux de Winnipeg, que de forts discours furent faits par M. Burke et ses amis pendant la lutte, demandant aux Métis et aux Canadiens-Français de voter contre le candidat Libéral, disant que les Libéraux passeraient probablement des lois contraires à leurs institutions. Il fut dit : « Alez-vous mettre au pouvoir des hommes, qui, lorsqu'ils y seront, vous priveront de vos écoles et de votre langue? » Pour cette raison on en appela aux électeurs pour voter contre M. Francis. Ceci devint pratiquement la question prédominante de Ia campagne, et la lutte fut acharnée. Si les Libéraux gagnaient, il était évident, en vue des pertes subies par le Gouvernement, que celui-ci devrait résigner. Le succès du candidat Libéral voulait donc dire que le parti serait de suite au pouvoir; tandis que l'élection de M. Burke aurait assuré la continuation des Läbéraux dans l'opposition jusqu'à ce jour. I devint, par conséquent, nécessaire aux chefs du parti, de faire face à cet appel au sentiment religieux et national des électeurs Français et Métis; la promesse donnée par M. Francis paraissait insuffisante à les satisfaire. Maintenant les Libéraux avaient un plan défini et leurs vues étaient bien comprises. Personnellement je connaissais notre but. Nul, peut-être, si ce n'est nous, M. Green way et. M Martin, n'était. dans une meilleure position de con. naître parfaitement notre atlütude dans ces questions. Ï1 n'y avait aucun doute sur celte attitude. Nous.dénoncions les abus du Gou-
ries could b
veinement Norquay au sujet des imprimés en langue Française, Lande somme d'irent dpenstes UT TibEUt Ann de. terminés, si leur parti venait au pouvoir, de mettre de côté ces abus; mais, l'idée” de”combattré dés GioNs DANS OU SUPpUSEesS êtré garahtis par la Constitution, n'avait jamais été" suggéréé. "Au contraire, les chefs Libéraux avaient toujours dif en püblic que ces institutions étaient protégées et que notre remède n'était que pour les abus et non pour l'abolition de ces institutions. "On prométlait que les dépenses occasionnées par l'usage de Ta langue Française seraient diminuées et l'octroi pour l'éducation augmenté. Perscnne n'avait demandé ou suggéré de faire un pas de plus. Lorsque la question au sujet du parti Libéral devint si prééminente et urgente dans Saint-François-Xavier, j'ai été consulté, ainsi que d'autres, à ce sujet, et on demanda M. Martin (l’Hon. Joseph) pour aider le candidat. On m’a rapporté qu'il est allé à une assembléé "et" qu'il ft deÿ promesses qui, selon moi, étaient ce qu'il devait faire. Je suis allé mot même avec lui, à une seconde assemblée. Les mêmes accusations furent faites par M. Burke au sujet des Libéraux, s'ils venaient au pouvoir. Les mêmes appels furent faits à ses compatriotes et à ses co-religionnaires pour vaincre M. Francis à cause de cela. M. Martin, dans un puissant discours, dénonça comme fausses les assertions de M. Burke et de ses amis. Il dit à l'assemblée que l'intention des Libéraux n'avait jamais été de combattre la langue ou les institutions des Catholiques Français, et il fit appel à leur confiance, leur demandant de supporter le candidat libéral. J'étais alors Président de l’Association Provinciale des Libéraux et M. Martin fit allusion à ma présence à l'assemblée et dit que s'il se trompait je pouvais les en informer. Il alla plus loin, et ne dit pas seulement que les Libéraux n'avaient aucune intention hostile contre ces institutions, mais il fit une promesse positive, au nom du Parti Libéral, disant que les Libéraux ne Îles tromperaiént pas. J'ai” toujours -erm-que le mouvement pour établir la présente loi des écoles, et pour abolir toutes les écoles Catholiques, malgré les protestations de la minorité, était dans les circonstances et en face de cette promesse, une faute grave. Personnellement je n’ai fait aucune promesse, mais je me suis cru lié par celle promesse, ‘aussi bièf que” si je l'avais faite moi-même. TT