‹ Les écoles du nord-ouest canadienChapitre 52 sur 127 · OMBRE ET SECRET · texte numérisé non relu

OMBRE ET SECRET

On a affirmé que les écoles catholiques étaient des ins. titutions privées, soustraites à tout contrôle et faisant leur œuvre dans l'ombre et le secret. Ces fausses assertions ont trouvé leur écho et porté le soupçon jusque parmi des | hommes, dont on a le droit d'attendre mieux. Voici en outre l’a. brégé de quelques dispositions de la loi. Chaque é-ole catholique, comme les autres, était sous l'administration d'au moins trois commissaires, élus par les contribuables des arrondissements; chaque école recevait plusieurs fois l’année la visite d’inspecteurs nommés par le Bureau d'Education. Les mem-

bres du Bureau d'Education, {ous nommés par le Gouvernement avaient le contrôle el la direction des écoles de leur section respective. Les Députés au Parlement, élus par le peuple; les juges nommés par la Couronne en étaient tous ex officio visiteurs. Outre ceux qui les dirigeaient et les inspectaient spécialement les écoles avaient donc encore quarantesix personnes, auxquelles la loi donnait droit de visite. De ces quarante-six visiteurs, neuf seulement étaient Cathol ques, les trente-sept autres étaient Protestants; les portes des écoles étaient ouvertes à tous et en tout temps; un livre spécial était à leur disposition avec prière d'y insérer leurs observaltions.

De par la loi encore, il devait y avoir deux examens publics par année. La même loi obligeait les Commissaires de rendre compte de leur administration dans des assemblées publiques. De par la loi encore, le Surintendant de chaque section devait faire un rapport annuel au Lieutenant-Gouverneur en conseil. Ce rapport devait donner toutes les informations relatives aux écoles, toutes leurs recettes et dépenses, etc. etc., ete. Ces prescriptions de la loi ont toujours été scrupuleusement observées. Ces rapports ont été faits annuellement; ils ont été reçus par le Gouvernement; im. primés par ses ordres; distribués par lui à tous les membres de la Législature et à bien d’autres. Après cela on vient surprendre l'ignorance du public et exciter le fanatisme des masses en disant :

{ Abolissons les écoles catholiques, elles sont secrètes, conduites mystérieusement, soustraites aux regards du public, sans autre contrôle que celui du clergé qui en abuse pour s'enrichir.

Il est évident qu’au lieu d'être trop secrètes on pourrait dire que . nos. écoles étaient trop publiques, et j'en connais plus d’un qui affirmeront que les catholiques de Manitoba

devraient s'estimer heureux d'être affranchis de toutes ces

exigences de la loi. Je ne blâme pas ceux qui pensent ainsi; théoriquement parlant, ils ont cent fois raison. D’un autre côté, quelque justes et vraies que soient les théories, il faut aussi reconnaître leur adaptabilité à se prêter aux exigences, imposées par l’état de société dans lequel nous vivons. L'Eglise possède cette sagesse d'adaptation comme les autres sagesses, et elle la prescrit quelquefois à ses enfants et à leurs pasteurs, quand il n'y a pas de sacrifice de principe.

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