DROITS LEGAUX DES CANADIENS- FRANÇAIS
Ces territoires sont la propriété commune du peuple canadien tout entier, des catholiques comme des protestants, des Canadiens-Français comme des Canadiens-Anglais. Les sommes immenses que l'Etat fédéral a dépensées pour les ouvrir à la civilisation, pour y construire des chemins de fer. pour y attirer l'immigration étrangère, pour en mesurer la terre et la distribuer aux colons, pour y maintenir l'ordre et protéger la vie et la propriété de ses habitants, sont sorties du trésor fédéral, où tous les contribuables du Canada, catholiques et protestants, français et anglais, versent leur part égale d'impôts.
Ainsi que M. Tarte l'écrivait si justement, ce n'est pas le droit de payer
des taxes qu'on nous conteste, à nous catholiques, ce n'est que le droit de jouir de la liberté.
N'avions-nous donc pas acquis, en outre du droit moral que j'ai indiqué, le droit légal de faire introduire dans les lois organiques de ces territoires des dispositions qui assurassent à nos nationaux et à nos corerigionnafres la préservation de leurs libertés religieuses et civiles, et particulièrement d'y créer un régime d'enseignement public conforme à leur foi et à leurs traditions nationales ?
Et maintenant que nous allons remettre aux habitants ie .'.er> ter itoires la direction souveraine de leurs institutions locales r.t !es placer au rang des provinces autonomes, n'avons-nous pas le droit et le devoir d'assurer à la minorité catholique et française des provinces de l'Albert a et de la Sasketchewan les plus essentiels au moins des libertés et des privilèges dont la minorité protestant* de la province de Québec exigea, en 1867, la garantie permanente?