VESTIAIRES. — LAVABOS
Quand les enfants arrivent à l'école ils doivent, avant d'entrer en classe, se débarrasser de leur coiffure, de leur parapluie, de leur manteau et du panier qui contient les modestes provisions destinées à leur repas ; la salle dans laquelle ils peuvent déposer ces différents objets est le vestiaire.
Souvent aussi les enfants n'ont pas accompli, avant de quitter la famille, les devoirs de propreté indispensables ; il est nécessaire qu'ils trouvent à l'école le moyen de remplir ces soins. La pièce destinée à cet usage prend le nom générique de lavabo, du nom du meuble qui y occupe la place la plus importante.
Si dans les écoles urbaines ces deux pièces sont séparées et dévolues chacune à un usage particulier, dans les écoles rurales, au contraire, le vestiaire et les lavabos sont réunis dans une même salle, placée en avant de la classe et lui servant en quelque sorte de vestibule.
SERVICES IN'ÇERIEURS. 6i
Dans U grande écule de garçons du boulevard de Hai-
naull à Bruxelles, c'est le préau couvert (fig. 7) qui sert de
vestiaire ; tout le long des murs
sont accrochés des porle-manteaux
et des tablettes; les lavabos au
contraire sont reportés à l'extrémité
de la salle, dont ils ne sont séparés
que par une tenture, et occupent
les parements latéraux d'une pièce
(fig. <f et 10) au fond de laquelle
sont les privés. 1
A l'école congréganiste , c'est '^f~*- ^ '•«
la galerie d'accès placée le long ''"''
des classes qui sert de vestiaire, et les lavabos occupent les trumeaux réservés entre les portes.
Dans différentes écoles rurales, le vestibule prend une certaine importance, renferme le vestiaire et les lavabos, et parfois est précédé d'un porche couvert formant comme un premier vestibule.
Dans ces différents cas, les conditions remplies par Fig 10. , . . ,
le vestiaire sont les
mêmes : la pièce est suffisamment vaste et présente à peu
près les dispositions d'une classe ordinaire; elle est parfaitement ventilée el aérée; son sol est imperméable, formé de matériaux durs, de façon à pouvoir supporter un lavage fréquent et éviter que les débris de nourriture ws s introduisent entre les joints des carreaux ou du parquet, et ne deviennent à la long;ue une cause d'insalubrité.
La forme el la disposition des appareils employés dans ces salles ne sont pas sans intérêt.
La figure 1 1 représente le parement du mur d'un vestiaire. Dans la partie supérieure, à i"6o au-dessus du sol, de façon à se trouver hors de l'atteinte des enfants, sont des rayons à jour, formes de longues bandes de bois reposant sur des consoles el destinées à recevoir des paniers que les enfants ne doivent ouvrir qu'aux heures de repas et recevoir seulement de la main du maître. Audessous de ces rayons, des porte-manteaux doubles, une paire par élève, supportent l'un la coiffure, l'autre le manteau ; ces porte-manteaux se croisent de façon à économiser les places le plus possible; sur le sol est une gouttière en zinc recevant les extrémités des parapluies, maintenus près du manche par un crochet scellé au mur.
SERVICES INTERIEURS. 6)
La figure la représente l'intérieur d'un vestiaire avec
uae série de rayons et de porte-manteaux analogues aux pré-
cédents, avec cette différence, (outeibis, qu'au lieu d'être adossés au mur, ils sont isolés au milieu de la pièce.
Voici maintenant trois modèles différents de lavabos : le premier (fig. 13) se compose d'une auge en pierre peu profonde, mais très-large ; elle est isolée sur des points d'appui et ne touche au mur qu'à une de ses extrémités; de cette extrémité l'eau arrive par un robinet; les enfants, rangés face à foce et séparés par l'auge, se lavent tous à la fois les mains et la figure ; l'eau malpropre s'écoule par l'extrémité opposée à celle qui lui a donné accès ; les enfants placés au premier rang sont très -favorisés, mais il n'en est pas de même de ceux placés au dernier, puisqu'ils n'ont plus à leur disposition que l'eau troublée et salie par leurs voisins successifs.
A l'école du boulevard de Hainaut, à Bruxelles (fig. lo), les lavabos scellés au mur se composent d'une longue auge desservie par des robinets en nombre égal à celui des en&nts placés devant; chacun d'eux adonc de l'eau propre à sa disposition et s'en sert comme il l'entend. Pour qu'une telle combinaison, bien préférable à la précédente, puisse être applicable, il' Jâut que l'école soit pourvue d'un réservoir d'eau mis en communication avec les lavabos au moyen d'une canalisation, mais cette canalisation est toujours dispendieuse . "^ comme installation
Fig. IJ-
première et exige parfois ensuite de trop grands frais comme entretien.
On peut alors suppléer au manque de réservoir et éviter les frais d'une canalisation de ce genre en plaçant au-dessus des lavabos une caisse en bois doublé de métal, sorte de réservoir rempli chaque matin et dont la capacité est calculée de façon à suffire aux besoins de la ;ournée. Ce réservoir est muni de robinets par lesquels l'eau s'écoule dans un bassin commun (fig. 14); il ne manque à ce dernier système, pour ne rien laisser à désirer, que de contenir, au lieu d'un bassin unique, une série de cuvettes alimentées et vidées séparément. II y a loin de ces auges communes aux lavabos en porcelaine ou en fonte émaillée en usage dans les grandes écoles de Paris et de
SERVtCES INTERIEURS. 6î
Londrei; mais ceux-ci ne sont pas toujours d'une application possible, tandis que la plus modeste école de village peut installer des lavabos du genre de ceux que nous venons de décrire.
Une dernière observation pour en tinir avec les vestiaires. Leur propreté et leur bonne tenue exercent une influence considérable sur la propreté e| la bonne tenue de toute l'école. Les élèves des écoles belges sont en général propres et soignés; mais, dans le cas contraire, l'odeur qui s'échappe des vêtements, des coitFures et des provisions réunies dans le vestiaire devient parfois suffocante; les murs s'en imprègnent, les fissures des pavés, des plafonds les conservent, et rien ne peut ensuite la faire dirparaître. Ce n'est qu'en assurant, par les plus grands soins et la plus minutieuse propreté, l'aération constante des locaux, que peuvent être évités ces graves inconvénienis.
Fig. I».