FENÊTRES
Les fenêtres sont larges et hautes; elles ont souvent près de 2 mètres de largeur et leur sommet atteint presque le niveau inférieur du plafond.
Les dispositions adoptées pour ces châssis de fenêtres sont très-variées : on trouve des châssis dits à guillotine, des châssis mobiles sur un axe, des châssis mobiles à leur base et même des châssis qui ne sont pas mobiles du tout.
Les châssis à guillotine sont doubles (fig. 19), c'est-àdire qu'au lieu de se relever et de s'abaisser directement.
comme dans le système du même nom, ils se composent de deux châssis occupant toute la hauteur de la fenêtre, mobiles tous les deux l'un au devant de l'autre et se manœuvrant au moyen de contre-poids.
Si le maître veut aérer sa classe à la partie inférieure.
il soulève le châssis du bas; si, au contraire, il veut l'aérer à la partie supérieure, il baisse le châssis du haut. Cette manœuvre se fait au moyen dun long bâion à crochet. En baissant à demi le châssis supérieur et en levant de la même façon le châssis inférieur, on aère à la fois par le haut et par le bas. 11 faut toutefois remarquer qu'avec ce système la fenêtre ne peut jamais être complètement ouverte.
Les châssis mobiles sur un axe ne sont pas spéciaux à la Belgique ; mais la manœuvre de ceux qui y sont employés est Irès-adroîtement simplifiée. Un piton coudé est Hxé au sommet du châssis et relié par un câble à une patte scellée au mur. La partie inférieure du châssis, un peu moins
haute, et, par suite, moins lourde que la partie supérieure, cède au moindre mouvement; le châssis s'abaisse et laisse ainsi la fenêtre ouverte suivant l'angle jugé nécessaire (tig. 20). Une petite fourchette scellée au mur {fig. 21) sert à retenir le câble destiné à la manœuvre. Quand il s'agit de fermer la fenêtre, il suffit de tirer le câble à soi (tîg. 33); les châssis s'ahatiant remplissent une rainure qui assure la
Fig. 21.
Fig. 22.
fermeture hermétique, et un verrou les maintient dans celle position.
Ce système offre de réels avantages, son installation est peu coûteuse, les châssis se manœuvrent facilement et permettent, en prenant une position horizontale, d aérer promp-
tement la classe en Tabsence des élèves ; lorsqu'ilssontprésents, au contraire, l'air arrive au-dessus de leur tête par le châssis supérieur seulement, de façon à ne pas les incommoder.
Les châssis mobiles à la base sont en fer (fig. 23), toute la partie supérieure du châssis est fixe, la partie mobile ne commence qu'audessus de rimposte; la manœuvre s'opère comme dans l'exemple précédent, et la différence qui distingue ces deux systèmes réside à la fois dans le mode de construction et dans la réduction de surface de la partie ouvrante.
Ces différents systèmes de châssis laissent la facilité d'avoir des baies très-larges et très-hautes répondant entièrement aux exigences du programme dont l'article 6 est ainsi conçu :
• Le nombre représentant la surface vitrée des fenêtres sera au moins égal au vingtième du nombre représentant la capacité cubique de la salle, » Or, pour satisfaire à cette condition, il faut ou multiplier le nombre des ouvertures ou leur donner de grandes dimensions. Des châssis ordinaires ne pourraient facilement fonctionner dans de pareilles conditions, les bois se voileraient^ et la fermeture des fenêtres
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ne serail plus assurée: il a donc été nécessaire, pour éviter cet inconvénient, de recourir à des moyens exceptionnels permettant d'atteindre le résultat désiré,
II est interdit aux maîtres de déposer sur l'appui des
fenêtres de leur école aucun objet de quelque nature qui; ce soit ; cette prescription n'est pas toujours rigoureusement suivie. Alîn de rendre impossibles les irrégularités de cette nature, plusieurs constructeurs ont donné extérieurement
aux appuis des fenêtres une inclinaison considérable (tig. 24), de façon à ne leur laisser aucune largeur. Cette inclinaison se raccorde avec les ébrasements latéraux et augmente la facilité d'introduction d'air et de tension dans la pièce.
L'appui des fenêtres doit réglementairement être placé à i"',5o au-dessus du sol. Cette prescription est inspirée par le désir d'empêcher les enfants de regarder par la fenêtre et de leur éviter les distractions qu'ils pourraient éprouver en voyant ce qui se passe au dehors.
Nous visitions un jour l'école d'une petite commune rurale de la vallée de la Meuse; tout étonnés de trouver des fenêtres ouvertes jusqu'au ras du sol.
nous demandâmes au maître la cause d'une si flagrante infraction au règlement.
I Le coupable, c'est moi, nous ré- *' pondit-il ; c'est moi qui, de mon au
torité privée, ai fait baisser l'appui de ces fenêtres pourpermetlre à mes élèves de voir la campagne, le ciel, les arbres et les oiseaux. > Et il nous montrait en même temps le ciel bleu, une colline boisée et le grand fleuve coulant au travers d'une immense prairiedont les senteurs arrivaient jusqu'à nous.
t Quel enseignement supposez-vous préférable à celui-ci, reprit-il ; croyez-vous que mes élèves écouteront moins bien maleçon parce que la fenêtre de laclasse sera ouverte et qu'ils pourront récréer leurs yeux, reposer leur jeune esprit sur ce beau paysage ? Songez donc, au contraire, combien d'idées
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cet ensemble fait naître dans leur petite tête, que de questions ils me font sur tout ce qu'ils voient, sur ce nuage qui passe, sur cet oiseau qui vole, sur la pluie, sur l'orage, la feuille qu'emporte le vent, etc.. Les explications que je leur donne, les récits que je leur fais sont la récompense de leurs efforts et de leur docilité. Interrogez -les, vous verrez si, malgré les fenêtres de leur classe ouvertes sur la campagne, ils sont moins avancés que les enfants de leur âge, élevés dans les écoles dont les fenêtres sont, fermées, et si. au contraire, ils n'ont pas en plus de ceux-ci une foule de connaissances usuelles. >
L'expérience tentée par un de nous lui donna pleinement raison; aussi, fier de son succès, il poursuivit :
• Est-il donc nécessaire pour travailler utilement de s'enfermer dans une boîte, triste et sombre; le travail est-il moins fructueux s'il est fait en face des spectacles de la nature ; vous-mêmes seriez-vous satisfaits si par une belle journée d'été on vous obligeait à fermer votre fenêtre sous prétexte que vous serez ainsi plus tranquilles et moins distraits? J'admets à la rigueur des fenêtres si hautes et si bien closes dans les écoles urbaines donnant sur une rue, mais aux champs rien ne m'empêchera de les éviter et de les supprimer toutes les fois que la chose sera possible. »
Cette appréciation, basée, semble-t-il, sur une impression plutôt que sur le raisonnement, mérite certes d'être développée et discutée; ajoutons que ces mêmes observations nous ont été également présentées par une directrice d'école de filles, femme très-éclairée*.
I . M"« A. Towne, directrice de l'école professionnelle de filles, à Bruxelles, à laquelle nous devons une foule de renseignements pratiques.
8o LES ECOLES PUBLIQUES EN BELGIQUE.