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PREAUX COUVERTS. — VESTIAIRES. — LAVABOS

Les écoles, même les plus importantes, ne contiennent pas de préaux couverts. Les enfants ne jouent pas à l'école et la quittent dans l'intervalle des heures de leçons, ou parfois passent dans les classes les heures de récréation. Un vestibule, souvent étroit et toujours insulfisant, précède seul la classe.

Les vestiaires se composent d'un cabinet ou d'un couloir placé près des salles. Ces vestiaires n'ont jamais la surface qui serait nécessaire, les vêtements s'empilent les uns sur les autres ; les fenêtres, rares ou absentes, ne laissent pas l'air convenablement se renouveler, et l'odeur qui s'échappe de ces coiffures, de ces vêtements à demi usés, empreints d'émanations humaines et saturés d'humidité, se répand dans les classes et s'imprègne dans les murs, cloisons et parquets.

Chacun occupe une surface moyenne de o"",8o environ; mais cette moyenne est souvent réduite, et les passages, espaces vides nécessaires à la circulation, sont en partie pris à son détriment. Les filles ne sont séparées des garçons que par un intervalle très-étroit. Un maître donne renseignement commun, aidé dans sa tâche par un certain nombre de sous-maîtres placés devant chaque groupe ^

Le laisser aller des élèves et des maîtres choque un peu nos habitudes ; les maîtres, afin de rendre plus faciles leurs allées et venues à travers les élèves, n'ont ni chaires ni estrades ; on les voit de temps en temps, quand ils sont fatigués d'aller et venir, s'asseoir sur la table d'un élève, lequel s'étend à demi sur son banc. On voit une fille de 14 ou 15 ans laisser voir ses jambes à ses camarades, kses maîtres, et montrer ses bras nus jusqu'à l'épaule; on voit ces mêmes jeunes filles quitter leur place et sans honte gagner la porte des cabinets, d'où elles sortent un moment après en tirant leurs jupes. Quand un étranger s'étonne ou adresse une observation à ce sujet, le maître hollandais qui vous guide répond invariablement que, chez eux, les femmes sont sages, les hommes chastes et qu'aucune arrière -pensée, aucune idée fâcheuse ne pénètre dans l'esprit et le cœur de leurs enfants ; que ceux-ci sont naïfs, habitués à vivre ensemble, et que ce commerce auquel ils sont habitués dans la vie commune n'a pas de raison pour être interrompu pendant le séjour à l'école.

Nous qui, personnellement, trouvons excessives etexagé-

I. Voir Écoles puhliques en France et en Angleterre^ pair Félix Narjoux. — Paris, 1877, librairie Morel.

rées les précautions prises chez nous pour assurer la séparation des sexes, nous trouvons encore bien plus réels et plus sérieux les dangers de leur réunion telle qu'on la pratique en Hollande; et, malgré le calme du sang, le repos d'esprit et l'absence d'imagination particuliers aux Hollandais, cette vie en commun des garçons et des filles, au moment où le jugement n'est pas assis, où le raisonnement est insuffisamment développé, doit sensiblement contribuer à diminuer chez les femmes le sentiment de la pudeur et de la retenue, et, chez les hommes, le sentiment des égards et du respect.

Les salles sont hautes de plafond, avantage qui diminue dans une certaine mesure l'inconvénient causé par leur manque de surface; elles ont toujours au moins 4*", 50 à 5 mètres et souvent Skj mètres.

Aucune disposition ne semble prise pour déterminer les dimensions des salles par rapport au mobilier qui doit les garnir; cependant on prescrit de ne leur donner que 7 mètres de large sur 14 mètres de long, afin de leur permettre de contenir le nombre beaucoup trop considérable de 120 enfants environ. Il est vrai que la même règle impose l'obligation de diviser cette surface en 3 ou 4 groupes au moyen de cloisons mobiles, mais cette dernière condition n'est remplie que dans certaines écoles payantes, et, dans les autres, les classes sont par conséquent toutes solidaires et dépendantes. On comprend aisément le trouble que crée une telle situation et combien l'enseignement ne peut ainsi être donné avec calme et tranquillité.

Ces conditions semblent cependant avoir quelque tendance à se modifier, et certaines villes élèvent leurs écoles en séparant les sexes, en répartissant les élèves dans des

ao6 LES ECOLES PUBLIQUES EN HOLLANDE, classes de petites dimensions contenant 30 ou 40 places '. Mais c'est là encore une très rare exception.

Sol. — Plafonds. — Peinture des murs.

Le sol de la classe est le plus souvent formé d'un parquet de sapin très-fréquemmenl lavé. On trouve aussi des planchers reposant sur le sol naturel et composés d'une série de petits cubes de bois de o^joS de côté, présentant toujours leur section. Ces planchers sont très-solides, chauds, et ne résonnent pas sous les pieds. On emploie également des dallages en briques, hourdées en ciment et posées sur un Ut de béton. Ce dernier système ^qui, mieux que les autres, se prête aux opérations de lavage dont

abusent les Hollandais^ laisse le sol toujours froid et humide.

Les plafonds sont en plâtre blanc très-uni de façon à bien renvoyer la lumière; les seules saillies qui parfois en

I. Arekitcctare tioUire, Félix Narjoux. Paru, V* A. Motel etC- Monographie de l'école de Scktvtnin$en.

interrompent la surface sont celle des poutres supportant les solives des planchers et celle des corbeaux placés aux extrémités.

Quand ces classes ont une trop grande largeur, une colonne en fonte soulage la portée des grandes pièces, mais gêne malheureusement la surveillance et la circulation

Aucune peinture ou décoration ne recouvre les murs,

les parements restent nus. Les murs opposés sont, du reste,

trop éloignés l'un de l'autre pour que les élèves, placés aune

des extrémités de la salle, puissent lire les inscriptions ou

reconnaître les dessins tracés sur le mur en face. Ceux placés

auprès pourraient seuls le faire.

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