Privés
de construction récente sont élevées sur ce type ; mais, comme nous le verrons en détail un peu plus loin , les
écoles des différents sexes ne sont pas séparées d'une façon aussi absolue en Angleterre qu'en France, et nos voisins se contentent le plus souvent d'un bâtiment unique dont ils consacrent lerez-de-chaussée à l'asile et les étages aux écoles de filles et de garçons ; ce n'est plus, à proprement parler, un groupe dans le sens que nous donnons à ce mot, c'est plutôt un bâtiment unique réunissant des services divers (fig. 26).
COUR, — PREAU DECOUVERT.
Les cours doivent offrir la plus grande surface possible, au moins 5 mètres superficiels par enfant, soit quatre fois environ la surface de toutes les classes réunies; elles doivent être de forme régulière, ni trop longues, ni trop étroites, de façon à être facilement surveillées, sans que jamais un obstacle puisse dérober un élève aux yeux du maître.
Le sol de la cour doit être sain et sec. Si le sous-sol est humide, il faut le drainer et toujours lui donner des pentes suffisantes pour assurer le prompt et facile écoulement des eaux pluviales ; il faut aussi étendre par terre une couche de sable assez épaisse pour amortir les chutes et garder secs les pieds des enfants.
La question de savoir si la cour de récréation (préau découvert) d'une école doit rester nue ou être plantée d'arbres a souvent été débattue ; c'est là une question de climat. Dans le Midi , en Provence par exemple, les arbres sont non seulement utiles, mais indispensables ; dans -le Nord, au contraire, ils peuvent être une cause d'humidité et, par suite, devenir nuisibles. Les cours des nouvelles
écoles de Paris sont cependant plantées d'arbres, et aucune plainte ne s'est élevée à ce sujet.
Les Anglais attachent une très-grande importance à la cour de récréation (play ground) de leurs écoles, à ses dimensions et à ses dispositions ; elle constitue pour eux un des éléments essentiels, nécessaires à la mise en pratique de leur système d'éducation et de leur mode d'enseignement. Une cour d'école anglaise ne doit jamais être exposée au nord ou à l'ouest, mais doit être orientée au sud ou à l'est ; une partie est couverte, c'est le Marching-Room, dont nous nous occuperons à propos des préaux couverts.
Ges cours occupent la même surface que les nôtres par rapport au nombre d'enfants, mais leur forme est différente; la régularité, la symétrie et les angles droits y sont moins recherchés que chez nous. Quand l'espace manque, on réunit souvent, dans la même cour d'un groupe ou mieux d'un bâtiment scolaire, les enfants de l'asile avec les petites filles ; mais il a été reconnu que cette trop grande agglomération d'enfants nuisait à la discipline. Le plus souvent, les petites filles et les enfants de l'asile sont séparés par une palissade en bois ou en fer, disposition également adoptée pour séparer les garçons des filles. Les maîtres anglais (the educationits) ne professent pas la même crainte que les nôtres sur les dangers qu'il y a à rapprocher, durant les heures d'école, sous l'oeil d'un surveillant, des enfants qui, une fois libres , se rencontrent seuls dans la rue à peu près quand et comme ils veulent. A l'Ecole nationale de Dublin, les choses sont poussées aussi loin que possible, et, garçons, filles ou enfants de l'asile sont réunis dans la même cour : une simple ligne de pavés détermine la partie réservée à chaque sexe et à chaque catégorie.
Les cours des écoles anglaises sont généralement nues et, dans les villes, leur sol est recouvert d'une couche d'asphalte ; cette disposition, très-favorable à l'entretien de la propreté et de la salubrité, rend parfois dangereuses les chutes des enfants et empêche ceux-ci de se livrer à certains jeux.