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ÉCLAIRAGE DIURNE ET NOCTURNE

Quand, il y a quelques années, on songea à améliorer l'aménagement de nos écoles primaires, une des premières préoccupations des constructeurs eut pour objet le choix du meilleur mode d'éclairage à mettre en pratique.

La disposition la plus simple, celle qui d'abord se présente à l'esprit, fut de placer les élèves de façon à les éclairer du côté gauche. C'est la situation que chacun de nous recherche pour son travail, celle que nous trouvons de beaucoup la plus favorable. Si le jour, en effet, vient à droite, notre main porte ombre sur le papier ; si le jour vient eh face, il nous aveugle ; s'il Vient par derrière, il n'éclaire que notre dos. Tous les raisonnements, toutes les démonstrations ne pourront prévaloir contre cela.

L'éclairage de gauche s'est donc naturellement imposé comme étant le plus utile et le plus commode. On a, de même, reconnu que cet éclairage devait être unilatéral, c'est-à-dire venir d'un seul côté, et à gauche, puisque la lumière arrivant de tout autre côté plaçait les élèves dans des conditions défavorables.

Tous les constructeurs ont en même temps été d'accord sur ce point, que l'éclairage unilatéral devait, pour être efficace et donner les résultats attendus, remplir certaines conditions indispensables.

Il n'y avait pas à inventer l'éclairage unilatéral de gauche, il n'y avait pas à en célébrer les avantages, il n'y avait qu'à

s'en servir ; c'était là une question connue, de tout temps mise en pratique, et qu'il s'agissait seulement de réglementer.

Ainsi, nous savons tous, par expérience, que, quand nous avons besoin d'une plus grande masse de lumière, nous nous approchons davantage des fenêtres. Pour qu'une classe soit suffisamment éclairée, il ne faut donc pas qu'elle soit trop large ; et il est, en outre, nécessaire que le linteau de ses fenêtres soit placé assez haut pour permettre au rayon lumineux qui en frise le bord extrême d'arriver jusqu'au fond de la salle. Il ne s'agit pas, du reste, de chercher à éclairer également la partie de la classe située près des fenêtres et celle qui en est éloignée ; mais il s'agit de faire en sorte que la partie de la salle éloignée des fenêtres soit suffisamment éclairée.

C'étaient là des questions faciles à résoudre dans la pratique, avec l'aide d'un peu de réflexion et d'expérience, et les constructeurs se mirent à l'œuvre.

Mais les constructeurs avaient compté sans l'intervention des savants : ceux-ci ne laissèrent pas échapper une si belle occasion, et cette immixtion de la science convertit une question bien simple en une question des plus complexes. Si, au moins, les savants avaient été d'accord, le mal eût été moindre ; mais l'accord entre savants n'est pas chose commune, et l'on vit cette question de l'éclairage des classes amendée, modifiée, perfectionnée et compliquée à l'envi.

Des savants déclarèrent qu'une classe devait être éclairée sur toutes ses faces. — Les classes des Grecs n'étaient-elles pas en plein air ? — D'autres affirmèrent que l'intensité de l'éclairage ne pouvait fatiguer la vue ; et cependant nous protégeons nos yeux contre la lumière excessive au moyen

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de stores, de jalousies, de lunettes. On demanda successivement l'éclairage bilatéral de droite et de gauche, ou de gauche et en arrière ; puis l'éclairage bilatéral différentiel, obtenu en laissant prédominer l'éclairage de gauche sur celui de droite, sans remarquer que cette disposition établissait la supériorité du premier sur le second. On proposa de donner aux plafonds une forme elliptique, la face contenant les fenêtres étant plus haute que la face opposée.

Pour simplifier un peu la question, on a proposé de percer des jours au nord et d'autres au midi : les uns destinés à l'éclairage de la classe, les autres à son ensoleillement, ces derniers devant être aveuglés pendant les heures de travail. C'est là, une solution plus ingénieuse que pratique. On peut craindre, que, en effet, les maîtres ne comprennent pas toujours Fimportance et la distinction du rôle des fenêtres d'éclairage et des fenêtres d'ensoleillement, et il pourra arriver qu'ils n'ouvrent et ne ferment pas à propos les unes et les autres.

Nous voilà bien loin de l'application d'un principe simple et facile, propre à l'éclairage des classes. Le meilleur moyen de sortir d'embarras est de s'en tenir à l'expérience acquise par les hommes pratiques et d'en faire notre profit.

Rapportons-nous en un peu aux indications des constructeurs habitués à voir, à construire des écoles, à écouter les doléances et les réclamations de ceux qui les habitent et qui, mieux que personne, savent dans quelle mesure ils peuvent leur donner satisfaction avec les moyens dont ils disposent.

Si, à côté de l'avis de savants occupés seulement de solutions théoriques, nous présentions le résultat des observations de gens spéciaux qui ont vu beaucoup d'écoles,

en ont construit un grand nombre, nous constaterions que l'éclairage des classes est susceptible d'une solution pratique et générale, ne rencontrant que des exceptions de détail imposées par les circonstances locales, solution qui peut ainsi se formuler :

Les élèves doivent, en classe, être éclairés à gauche. Pour que ce mode d'éclairage donne les résultats attendus, il faut que la classe soit suffisamment haute et qu'elle ait une largeur restreinte, de façon à permettre aux élèves les plus éloignés des fenêtres de recevoir une quantité de lumière suffisante.

Une classe, recevant en moyenne trente élèves, sera maintenue en bon état de salubrité, bien qu'aérée sur une seule de ses longues faces, si, outre les moyens de ventilation qui peuvent être utilisés, les fenêtres, percées uniquement dans une face, occupent cette face presque en entier, si leur linteau atteint sensiblement la ligne du plafond, et si... l'on a soin d'ouvrir ces fenêtres en temps utile.

En s'appuyant sur les résultats d'une expérience déjà longue, on peut affirmer qu'une classe destinée à recevoir trente enfants sera parfaitement éclairée et parfaitement salubre si elle n'a que 6 mètres de largeur sur 7m20 de longueur (soit im40 sup. par élève) ; si elle a, au moins, 4m,30 de hauteur (soit 5 ,60 par élève); si la hauteur du linteau des fenêtres au-dessus du sol n'est pas inférieure aux deux tiers de la largeur delà classe; si les fenêtres, occupant tout un des longs côtés de la classe, ne sont séparées que par d'étroits trumeaux ; si l'on ouvre fréquemment les fenêtres; si l'on balaye et époussette chaque jour la surface du sol et des murs ; et enfin si l'on fait connaître aux élèves les avantages de la propreté.

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Quant aux classes éclairées par le plafond, ce système n'est applicable que pour les salles de dessin ; il rend les autres sombres, tristes, mal aérées, mal ventilées, et même mal éclairées, car en hiver la neige obstrue les vitres et en été le soleil convertit ces classes en cloches sous lesquelles la température est insupportable.

Fig. 70.

L'éclairage nocturne doit autant que possible être fait dans le même sens et suivant la 'même direction que l'éclairage diurne. Quand il ne peut avoir lieu au moyen d'appareils à gaz, il faut employer les huiles^végétales, à l'exclusion de toutes huiles minérales qui présentent de graves inconvénients au point de vue des odeurs et des chances d'explosion. Qu'on emploie l'éclairage au gaz ou l'éclairage à l'huile, les appareils les plus simples sont les meilleurs (fig. 70; dans les deux cas, on doit placer de petites cor-

beilles en treillis métallique autour des tubes de verre, de façon à empêcher, qu'en cas de rupture, les débris de ces tubes ne tombent sur la tête des enfants placés au-dessous. Les écoles Françaises sont à ce sujet fort en retard sur celles d'autres pays et nous verrons à propos des écoles Belges et Allemandes les procédés employés par les constructeurs pour que l'éclairage de nuit rappelle le plus possible l'éclairage de jour.

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