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CHAUFFAGE

Poêle-Calorifère.

Le système proposé est celui à air chaud, au moyen d'ap pareils chauffant chacun une seule classe.

Ces appareils se composent, comme l'indiquent les dessins ci-joints, de poêles-calorifères d'une construction spéciale 2, permettant d'élever d'une façon uniforme la température d'une classe et la propageant également aux extrémités, sans que les personnes placées près de l'appareil-

(1) Ce nombre d'élèves devra être modifié par suite des prescriptions du règlement.

(2) Système Gaillard et Haillot. D'autres calorifères (Ms Girandeau et Jalibert constructeurs) donnent des résultats analogues.

aient à souffrir de ce voisinage ou soient incommodées par le trop grand rayonnement de la chaleur.

Ce poêle-calorifère est à cet effet placé dans une enveloppe, construite en carreaux de faïence (fig. 71), garnie

Fig. 71.

de tuiles et en outre renforcée d'une deuxième cloison de l'épaisseur d'une tuile ; mais comme cette enveloppe s'échaufferait encore beaucoup, la cloche et le coffre sont entourés d'une chemise en tôle de 2 millimètres laissant entre elle et l'enveloppe extérieure en faïence un vide suffisant pour que l'air froid y circule facilement (fig. 72). Une cloison en brique sépare le foyer du coffre de circulation de fumée, pour éviter qu'il ne s'échauffe par le rayonnement direct du foyer. Un tuyau, formant pompe d'appel, muni d'une soupape, met en communication le haut de l'appareil

Fig. 72.

SERVICES INTERIEURS.

avec la cheminée placée dans le mur ; ce tuyau sera ouvert seulement au moment de l'allumage afin de le faciliter, il sera fermé quand le foyer sera en bonne marche afin d'établir la circulation normale sur toutes les surfaces de chauffe de l'appareil. Le tuyau d'évacuation de la fumée monte directement hors des combles, sans traverser horizontalement les salles d'une extrémité à l'autre ; mais il est enfermé dans la cheminée de ventilation, où il abandonne à l'air vicié une Ie ' 343 — *!

partie de la chaleur que la fumée contient encore à sa sortie de l'appareil ; il élève la température de cet air et active sa vitesse ascensionnelle. Pour abaisser autant que possible la température très-élevée des parois du foyer, la cloche est garnie extérieurement de 17 nervures en fonte (fig. 73) : ces nervures augmentent dans une certaine proportion la surface de chauffe et donnent plus de solidité au foyer maintenu haut et bas par des frettes en fer forgé.

Le chargement du foyer se fait à volonté par l'une ou par l'autre des deux portes ménagées à cet effet sur la face principale du poêle ; celle du haut permet de mettre en une seule fois assez de combustible pour suffire au chauffage pendant toute la durée moyenne d'une classe.

En comptant les nervures pour moitié seulement de leur

surface réelle, la surface de chauffe de l'appareil est

2 60 de 3m,6o, soit par élève — — = om2,o$o ; l'administration

demande om2,040 à om2,8o par élève, chaque élève aura donc

= 1 fois 1/4 le minimum demandé.

Prise d'air froid.

La prise d'air froid aura lieu par des ouvertures, ménagées au bas des allèges des fenêtres ou au-dessus de leurs linteaux et ayant im,$o sur 0^,30 de hauteur, ce qui leur donne om2,4$o de surface pour 72 élèves. Or, l'administration demande :

au minimum 72 X om,oo3$ = om,2$2 au maximum 72 x om,Q04$ = om,324

Nous sommes donc dans des conditions plus favorables que celles exigées, mais il faut tenir compte des grilles protectrices placées en avant des ouvertures et qui obstruent une partie de leur orifice.

Quantité de houille nécessaire.

En prenant le cas le plus défavorable et supposant que la température extérieure est de — io°, la température intérieure étant de -f- 1-5% chaque mètre cube d'air extrait par la ventilation emporte une quantité de chaleur correspondant à un écart de 2$°.

ik, 30 étant le poids d'un mètre cube d'air, 0,2c la capacité calorifique et 2$ l'écart entre la température exté-

SERVICES INTERIEURS. 23 1

Heure et la température intérieure, nous avons par mètre cube :

im,30x 0,25 x 2$ = 8cal, 125.

En donnant 20m,3 au maximum par heure et par élève, nous aurons pour les 72 = 14401113 enlevés chaque heure.

Les i440m3 emportent donc 1440 X 8,125 = 11700 calories. Il se fait en outre une autre déperdition de chaleur par les murs et les vitres, perte supposée égale à celle produite par la ventilation, la perte totale sera donc 11700X 2 = 23400 calories que l'appareil doit fournir par heure. Si cet appareil est bien disposé, son rendement sera d'environ 70 %•

Un kilogramme de charbon donne par sa combustion 7500 calories.

Le poids du combustible à employer par heure sera donc

— ■•— : =4kl1, 500 environ, consommation maximum.

Consommation moyenne.

La consommation maximum est donc de 4kil, 500 par

heure pendant les plus grands froids, mais la température

moyenne de l'hiver à Paris est de + 5° ou -f 7°, l'écart

moyen qu'il s'agit de combler par le chauffage se trouve

ainsi réduit à environ 1 $° température intérieure, moins 70

température extérieure, soit 8° seulement. La consomma-

4>$oox8 ...

tion moyenne sera donc par heure = ikll,440.

En admettant le chauffage en plein feu, six heures par jour pendant une durée moyenne de 190 jours d'hiver, la consommation annuelle ne s'élèvera qu'à

ikil,440x 6 x 190 = 1641 kilogrammes.

La houille coûtant en moyenne 45 francs la tonne, la dépense annuelle d'un poêle chauffant 72 enfants s'élèvera à 73 fr. 8j, soit environ 1 fr. pour chacun.

L'appareil qui précède est fixe et doit être construit à l'endroit où il est appelé à fonctionner ; il existe un grand nombre d'autres appareils dits mobiles et pouvant être construits de toutes pièces transportés et placés sans exiger aucune transformation. C'est surtout dans les écoles rurales que les appareils de ce genre peuvent rendre de grands services.

Un de ceux qui répondent le mieux aux prescriptions de la commission des bâtiments scolaires est le poêle ventilateur Gaillard et Haillot.

Le premier défaut des poêles ordinaires est de ne pouvoir servir à la ventilation, parce qu'ils ne produisent que l'évacuation du volume d'air nécessaire à la combustion. En outre ils perdent leur fumée à une température trèsélevée et par conséquent consomment une notable quantité de combustible.

Le poêle-ventilateur (fig. 74) atténue considérablement ces inconvénients, la fumée s'évacue à une température très-basse et on peut sans diminuer la chaleur du foyer mélanger à la fumée un certain volume d'air vicié, de l'intérieur de la classe.

Afin que ce résultat ne diminue pas la puissance de chauffage de l'appareil on a augmenté sa surface de chauffe au moyen d'ailettes verticales en fonte qui répartissent la chaleur de combustion dans une plus grande masse métal-

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lique, abaissent la température des surfaces chauffantes et

Fig. 74-

A Foyer à ailettes.

B Cloche.

C Grille sur laquelle se place le combustible. D Cendrier.

EE Portes de chargement et de décrassage. F Cône de distribution permettant le croisement, sans mélange, de l'air vicié et

de l'air neuf.

G Buse de départ de fumée.

H Embase et tuyau dans lequel s'opère le mélange d'air vicié et de fumée. I Double enveloppe pour l'évacuation de l'air vicié arrivant par le socle ou par

des canaux ménagés dans l'épaisseur du plancher. J Gaîne d'arrivée d'air neuf et froid.

N Enveloppe dans laquelle s'échauffe l'air neuf au contact des lames et du tube

à feu.

P Dessus grillagé pour l'introduction de l'air neuf et chaud dans la pièce. L Humidificateur donnant à l'air le degré hygrométrique convenable.

empêchent que l'air introduit dans la classe ne soit imprégné

de l'odeur due à la combustion des matières organiques.

Cet appareil n'exige qu'un chargement de combustible par jour, il est à double enveloppe afin d'éviter les inconvénients de la chaleur rayonnante. L'air pris au dehors circule et s'échauffe en passant dans les lames entre le tube à feu et l'enveloppe intérieure, il sort par le couvercle formé d'un treillis.

L'air vicié aspiré des différents points de la salle est attiré vers le poêle dans des canaux engagés sous le plancher, il pénètre entre les deux enveloppes, parcourt l'appareil dans toute sa hauteur verticale et se mêle au courant de fumée sortant du tube à feu dans l'embon qui termine le poêle à sa partie supérieure ; le mélange de fumée et d'air vicié se rend ensuite dans une cheminée de section ordinaire dans laquelle, grâce à l'ensemble de ces dispositions, la vitesse peut facilement atteindre 3 et 4m,oo par seconde.

Quand on ne peut pas établir des canaux d'air vicié dans l'épaisseur du plancher, l'extraction se fait par le socle de l'appareil qui est alors percé d'un certain nombre de trous grillagés (fig. 7.5).

Le cours distributeur qui surmonte le tube à feu sert à faire croiser, sans qu'il y ait jamais mélange entre eux, les courants d'air pur et d'air vicié ; cet organe tout particulier combiné avec la double enveloppe permet d'obtenir un autre résultat fort important qui consiste à abaisser la température antérieure de l'enveloppe du poêle afin d'empêcher que son rayonnement ne rende son voisinage immédiat gênant.

Un registre à étoile posé horizontalement sur le sommet du cône distributeur sert à modérer et même à arrêter la ventilation en cas de besoin.

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L'appareil se complète par un réservoir contenant de l'eau qui s'évapore pour donner à l'air un degré hygrométrique convenable.

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