TROISIEME TABLEAU
La Mort J3 Juillet 1793
Un mois s'est encore écoulé. Marat est toujours le conventionnel ardent, redouté, mais admiré par le peuple. Il souffre d'une maladie qui le ronge, malgré les soins accablants de sa sœur Albertine (dite Titine), et de son amie Simone Evrard.
La chambre à coucher de Marat, telle que nous la présente la gravure de Brion de la Tour. A droite, le lit ; à gauche, une baignoire ; dans le fond, une armoire-bibliothèque.
Marat est couché. Albertine et Simone se tiennent près de son lit.
Marat, Albertine, Simone.
Albertine Tu vas mieux ?
Marat (d*une voix faible) Oui, Titine !
Simone
As-tu fait de bons sommes ?
Marat Point !...
Albertine
As-tu digéré la charlotte de pommes Que je t*ai fait goûter !...
Marat Très difficilement !... (Un temps ; — se grattant). Je sens à fleur de peau comme un chatouillement I .
Simone (à part) La gale !
Marat (se soulevant dans son lit)
. . . Je voudrais me mettre en ma baignoire ! . . .
(Les deux femmes l'aident à gagner la baignoire,
où il se plonge) Fort bien ! . . .
(Montrant d'un geste un petit bureau :)
Là, voulez-vous m'approcher Técritoire !... (Avec un sursaut d'énergie :) Qu'en un article encor s'exhale mon courroux !...
(// essaie d'écrire, puis r\ejette la plume :) Non ! Je ne puis I...
(Un temps ; à Simonne :)
...Veux-tu prendre <( Les Demi-Fous », L'ouvrage de Michel Corday» dans cette armoire, Et me le donner ?...
(Simone Va chercher le livre et le donne à Marat )
Bien !...
Albertine
Tu lis dans ta baignoire ?
Marat Oui \... (Il lit).
Albertine
Le médecin va venir dans peu de temps ! . . .
Marat
Laissez-moi seul ici pendant quelques instants !
(Les deux femmes se rztirent ; arrivée sur le seuil, Simone se retourne et regarde Marat longuement).
Simone (bas)
î! me paraît bien ma! !... Tout seul en cette pièce... C'est peut-être imprudent ! . . . (Dans un geste :) Enfin ! . . .
• (Elle sort avec Albertine) Marat (resté seul, lit qwalques secondes, puis soudain :) Ah !...
(Dans un dernier râle :) Ah ! . . . (// meurt) (Albertine et Simone et^trent brusquement, suivies du Docteur)
Albertine
Quoi } Simone
Qu'est-ce ?
Le Docteur {constatant la mort)
Déjà depuis longtemps il était condamné !...
Simone (levant un poing menaçant on ne sait qui)
Ne pouvant !e corrompre, ils Font assassiné !...
Le Docteur
Qu*avait-il donc mangé ?
Albertine (d'une voix coupée par les sanglots)
Docteur, une charlotte !
Le Docteur (pienant le livre qui est tombé dans la baignoire
et lisant le titre :)
Un roman de Corday dans la baignoire flotte !...
La Foule (dehors)
Marat !,
Simone
Entendez-vous ?
Albertine
Quoi ?
La Foule
Marat î...
Simone (ouvrant la fenêtre et criant à gorge déployée)
Décédé !...
Des voix dans la foule
— Lui, mort ?... (Hurlement). — Qui l'a tué ?.,.
Le Docteur (montant sur le Yebord de la fenêtre,
répond à la cantonade :)
La charlotte et Corday !...
(Au dehors, la foule entonne pieusement le « Dies Irœ »)
- RIDEAU -
"X^JcT
Table des Matières
St-Amaxd : « Le Resveur ».
Mai^herbe : « Consolation à M. Jérôme du Poirier ».
P. CoRNEiu.E : « Coriace » {et qtielques lettres liminaires).
Madame d'Aulnoy' : « Joliette et Ronéo y.
Casimir Deuvigne : « Marianne et l'Etranger ».
A. Carrei, : « L,a Pologne en danger ».
ly. BouiIvHET : « Renaissance amoureuse ».
Gustave Flaubert : « L,e Cortège de la Vierge Héroïque » {et lettre à
lin critique).
F. BÉRAT : « Sur le Mont Riboudet ».
Guy de Maupassant : « Le Gâs à Mait' Bigot ».
Th. Lebrkto:; : « Le jeune Ouvrier et l'Opulente ».
Alph. Allais : « Simple Aveu ».
H. DE RÉG.MER : « Le Brouet de Sparte ».
Colette Y ver : « Les Béatitudes du Mystère ».
R. Fauchois : « Offenbach » (JZ/e Acte).
Jean Revel : « Dialogue des demi-morts »
JosEPH-GiLLOT : Usine à Gaz ».
Joseph Lafond i
« T-. « « Variations sur un même thème »
F. Destin /
f a) Après la paix de Jerven.
\ b) Deux diplomates.
Georges Dubosc : « A travers Darnétal ».
( fl) « Dans la Cave »
AlBERT-HeRREXSCHMIDT -, -x „a • j, .11
( b) « Rêveries d un noctambule ».