‹ Les édifices religieux, XVIIe, XVIIIe, XIXe sièclesChapitre 41 sur 84 · SAINT-JEAN-BAPTISTE DE BELLEVILLE · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN-BAPTISTE DE BELLEVILLE

s'approprier, avec un rare bonheur, non seulement les modèles, mais le goût même de nos anciens maîtres des œuvres.

Saint- Jean-Baptiste de Belleville forme un ensemble riche et complet, avec clochers, flèches, transepts, ambulatoires : et pourtant, il n'a coûté que 900 000 francs. C'est un exemple d'économie, en même temps qu'un des modèles les plus réussis d'architecture gothique (PI. 49).

La façade s'ouvre par trois baies ogivales, encadrées de colonnettes et enrichies de sculptures dues au ciseau de Perrey. Une statue de saint Jean-Baptiste 's'adosse au trumeau de la porte centrale.

La partie supérieure comporte, au-dessus d'une galerie d'arcatures, une grande rose, délicatement sculptée dans un arc ogival, décoré de fleurons.

De hautes tours carrées, percées de fenêtres géminées et reliées par une galerie à jour, se dressent sur les côtés de la façade. Elles portent deux flèches, d'un dessin gracieux, qui s'élèvent à 58 mètres de hauteur. Moins chargées d'ornementation que les flèches de Sainte-Clotilde, elles sont plus légères et plus hardies.

Cette riche et imposante façade donne à cette église de faubourg des allures de cathédrale.

La même correction élégante se retrouve dans les ailes de l'édifice que sillonnent des contreforts et des arcs-boutants, agrémentés de clochetons, de pinacles, de fleurons et de gargouilles. Les transepts, qui dessinent des pignons avec des roses, sont décorés de bas-reliefs de Perrey. Sur la porte latérale de gauche on voit une perspective de l'édifice que l'archevêque de Paris offre à saint Jean-Baptiste.

A l'intérieur, la nef est d'une belle élévation. Des faisceaux de colonnettes se ramifient jusqu'aux nervures des voûtes dont

les arcs reposent sur des têtes sculptées. On remarque, dans le chœur, une tête qui est le portrait de Tarchitecte Lassus.

Une combinaison originale a remplacé, dans la nef, le triforium classique par une suite de petites roses.

Sur les bas côtés, s'ouvrent une série de chapelles latérales et de chapelles absidales qui rayonnent autour du chœur.

L'édifice est tout en pierre nue. Son architecture, aux lignes sévères, ne s'agrémente que d'une décoration très sobre. Tous les détails de cette ornementation, tribune des orgues, chaire, stalles et grilles, sont traités dans le style du xiii® siècle. On s'arrêtera devant la chaire, d'un dessin élégant, fort habilement sculptée par Perrey.

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