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LES ÉDIFICES RELIGIE-UX

La rue delaChaussée-d'Antin, dans laquelle s'élève l'église, n'était encore, au xyii' siècle, qu'un chemin tortueux et marécageux, frayé à travers des terrains vagues et des prés qui devinrent, sous la Régence, un nouveau Pré-aux-CIercs, rendez-vous pour les viveurs et les duellistes. La rue, ouverte en 1720, reçut, sous la Révolution, le nom de Mirabeau; en même temps que la mémoire de Tillustre tribun, elle évoque le souvenir de Necker, de M"' de Staël, dont l'hôtel appartint ensuite à ^me Récamier, de Joséphine de Beauharnais qui habitait en cet endroit, avant son mariage avec Bonaparte.

La création des nouveaux quartiers qui se construisirent à l'extrémité de cette rue nécessita la construction d'une église. Une petite chapelle fut ouverte à la population, en i85o, dans le bas de la rue de Calais ; elle fut bientôt remplacée par ime église plus grande élevée^ dans la rue de Glichy, sur les plans de Devrez.

Mais il devenait nécessaire de construire un édifice plus vaste et plus riche qui fût en harmonie avec l'élégance des rues avoisinantes. Les plans du nouveau monument furent dressés par l'architecte Ballu. Les travaux, autorisés en 1861, furent achevés en 1867. La dépense s'était élevée à 3.g5o.ooo francs.

L'église, qui couvre une vaste surface de 3. 000 mètres, se présente d'une façon pittoresque, derrière un cadre de verdure, dans lequel se découpe sa silhouette élégante (PI. 54). Elle offre une heureuse harmonie de lignes, agrémentée d'une décoration très

riche. Sur un portail majestueux, mais d'un dessin savant et léger, se dresse une tour dont Tarchitecture ingénieuse rehausse, sans l!écraser, la luxueuse ordonnance de. la façade.

Tout autour du square qui précède l'église, court une balustrade en pierre qui forme comme la base du monument et l'enveloppe de ses courbes gracieuses. Cette rampe à double circonvolution rappelle celle qui conduit à l'église Saint- Vincent de Paul.

Le porche présente, en façade, trois amples baies, dans les axes desquelles s'érigent des fontaines à triple vasque, d'où Teau s'échappe par des mascarons en bronze. Au-dessous de ces fontaines, se détachent trois groupes, sculptés par Francisque Duret et Lequesne : la Foi, V Espérance et la Charité.

Le porche est couronné d'un étage élégant, avec une galerie, une grande rose et deux larges fenêtres géminées : disposition imitée des églises italiennes du xvi® siècle. Le tout est dominé par un joli clocher, à quatre étages percés de baies, que surplombent deux dômes superposés. Il est flanqué, sur les deux côtés de la nef, de deux lanternes d'un agréable effet.

La coupole qui domine la tour centrale, ainsi que celles des clochetons latéraux, sont en pierre, avec des parties dorées accusant les écailles de la couverture.

De forts piliers sillonnent la façade principale, creusés de niches qui abritent des statues. On remarque, sur ces piliers, à la hauteur des arcades du porche, quatre statues de Guillaume : Saint Augustin^ Saint Grégoire de Na^ian^e^ Saint Hilaire de Poitiers, Saint Athanase; à la hauteur de la rose : un Saint Félix de Valois, un Saint Jean de Mat ha, par Maniglier, et deux statues de Saint Thomas d'Aquin et de Saint Bonaventure, par Doublemard. Les deux piliers qui s'élèvent aux extrémités de la. façade sont couronnés, à. la. hauteur de la balustrade à jour

qui domîne le premier étage, par des groupes sculptés, dont Tun, exécuté par Cavelier, figure la Justice.

Sur les parties en retour du porche, signalons, à gauche, au premier étage, deux statues d'Aizelin : Saint Cyrille et Saint Grégoire de Nysse. A droite, au rez-denchaussée, un Saint Amhroise et un Saint Bernard^ de Dubray, et, sur la balustrade de couronnement, un très beau groupe de Carpeaux qui symbolise la Tempérance.

On remarque également les peintures sur lave émaillée dont Paul Balze a décoré les portes de l'église.

L'intérieur répond à la majesté de l'extérieur (PI. 55).

A l'entrée, au-dessus de la porte principale, se dressent trois jolies tribunes, que supportent des colonnes d'ordre ionique.

La nef, de vastes dimensions, flanquée de bas côtés étroits, est partagée en quatre travées par d'épais piliers, ornés de statues des apôtres, qui reçoivent les larges arcs doubleaux formant les principales nervures de la voûte. Entre chaque travée, au rez-de-chaussée et au premier étage, se développent des arcs plein cintre, reposant sur de belles colonnes monolithes, en pierre du Jura, surmontées de chapiteaux composites. Sur ces colonnades s'ouvrent, dans le bas, des chapelles latérales, richement décorées, avec des boiseries incrustées de dorures. Audessus des arcades du rez-de-chaussée, règne un étage de tribunes, couronné par une balustrade.

Les vitraux, peints en grisailles de ton clair, laissent abondamment pénétrer la lumière. La voûte est partagée en compartiments qu'encadrent des rinceaux dorés. Sur les tympans et les pénétrations des voûtes de la nef et du chœur, se détachent des peintures décoratives sur fond d'or.

Cet ensemble gracieux est complété par un chœur d'une dis-

Pliolo Neurdein.

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