TEMPLE DES TOURNELLES
Sur l'emplacement occupé par cette synagogue s'élevait jadis l'hôtel Dangeau, qui devint propriété nationale sous la Révolution, lors de l'émigration de M. de Villedeuil, maître des requêtes sous Louis XVI. Une partie des bâtiments primitifs, donnant sur la place des Vosges, fut conservée et, pour respecter l'ordonnance de la place, la façade principale du temple fut édifiée en bordure de l'étroite rue des Tournelles.
Le monument a été érigé sur les plans de Marcellin Varcollier : les travaux, autorisés en i865, en même temps que ceux
du temple de la rue de la Victoire, ne furent achevés qu'en
L'édifice présente, avec des dimensions plus petites, des dispositions sensiblement analogues à celles du temple de la Victoire.
Dès le vu» siècle, il existait une égliseNotre-Dame des Champs;, elle s'élevait au milieu d'un terrain compris entre les hauteurs du quartier Saint-Jacques et le plateau de Sainte-Geneviève; ce terrain était connu sous le nom de Champ de Sépulture, à cause des nombreux tombeaux romains qu'on y avait découverts. La légende veut que saint Denis, arrivant à Lutèce, se soit d'abord fixé en cet endroit.
Cette église, après avoir appartenu au monastère de Marmoutiers, de l'ordre de saint Benoît, devint, au xvii" siècle, la propriété de la duchesse d'Orléans-Longueville qui y installa les Carmélites.
C'est dans ce couvent que se retirèrent tour à tour M"* de la Vallière et M"* de Montespan.
Le monastère disparut, sous la Révolution. Mais l'ancien vocable de Notre-Dame des Champs s'attacha à la paroisse nouvelle. On construisit d'abord, en i858, dans la rue de Rennes, une petite église en bois qui dut à sa pauvre apparence son surnom de Notre-Dame des Planches.
L'église actuelle, entreprise en 1867, sur '^^ dessins de l'architecte Ginain, fut achevée en 1876.
NOTRE-DAME DES CHAMPS aai
L'architecture du monument, de genre roman, ne présente rien de remarquable (PI. Sy). L'édifice s'ouvre par un portail sans caractère, percé au rez-de-chaussée de trois baies rectangulaires et décoré d'une rose inscrite dans un grand arc cintré, reposant sur des pilastres. A l'arrière de l'église et sur la droite, s'élève une tour rectangulaire qui comporte deux étages de baies couronnés par une pyramide en pierre.
Rien d'original non plus dans l'ordonnance intérieure du monument dont les arcades s'encadrent de pilastres et de demi-colonnes d'ordre ionique.
Une crypte s'étend sous les trois dernières travées de la nef et des collatéraux.
L'église renferme quelques œuvres d'art anciennes. On trouvera dans la sacristie des mariages une toile de François Verdier : la Sainte Famille ^ et un tableau attribué à Vincent, élève de Vien : le Martyre de saint Thomas Becket.
Dans la sacristie des messes, on voit un Christ en croix, peint par Louis de BouUongne.
Parmi les œuvres modernes qui ornent l'édifice, on remarquera les toiles peintes par Aubert. Cet artiste, qui avait déjà exécuté dans Tabside, en 1894, une vaste composition consacrée à Notre-Dame des Champs, a poursuivi, dans ces dernières années, une décoration d'ensemble, d'un effet très heureux.
La chapelle de la Vierge renferme, au-dessus de l'autel, un groupe sculpté par Le Père : la Vierge et l'Enfant Jésus.
a22 LES ÉDIFICES RELIGIEUX
SAINT-AMBROrSE
Dans cette paroisse s'élevait jadis une ancienne église qui datait de 1659 ®^ q^î servait de chapelle aux Annonciades du Saint-Esprit. Ces religieuses occupèrent à Paris une maison de la rue Popincourt, où les calvinistes avaient tenu des réunions que le connétable de Montmorency dispersa, en faisant jeterles bancs au feu : ce qui lui valut son surnom de capitaine Brûle- Bancs.
Les Annonciades achetèrent des terrains voisins et construisirent une église, placée sous le vocable de Notre-Dame de Protection.
Devenue propriété nationale, lors de la Révolution, l'ancienne chapelle des Annonciades fut vendue, puis érigée, en 1.802, en succursale de l'église Sainte-Marguerite. La Ville de Paris la racheta en 181 1 et lafit agrandir, sur les plans de l'architecte Godde.
Cet édifice, sans intérêt d'ailleurs, a été démoli, en 1869, lorsque la nouvelle église construite par Ballu, s'est trouvée terminée. Il contenait des statues, qui n'ont pas été conservées, et quelques toiles de maîtres dont la plupart, reprises par la Ville de Paris, ont été placées dans d'autres églises.
Ballu avait une prédilection pour le genre roman qui l'avait déjà assez heureusement inspiré dans la construction de Saint-Joseph. La nouvelle église est un vaste et bel édifice, dans le style du xii® siècle, qui couvre une superficie de 2.900 mètres ; la dépense nécessitée par les travaux s'est élevée à 2.217.000 francs.
SAIiNT-AMHROISE.
(Page 233.)
Photo» Neurdein.
NOTRE-DAME-DES-CllAMPS.
(Page 221.)
SAINT-AMBROISE aas
Le monument, qui donne sur le boulevard Voltaire, n'est pas orienté : il a dû suivre la direction de la rue Saint-Ambroise qui le longe d'un côté,
Il s'annonce par une belle façade, d'aspect majestueux et pittoresque, bien qu'agrémentée d'une ornementation un peu surchargée (PI. Sy) . Elle présente, au rez-de-chaussée, un porche percé de trois arcades en pleinrintre, sur la face, et d'une arcade , sur chaque côté en retour.
Au-dessus, règne une galerie de petites arcades, encadrées de colonnettes, qui porte, à chaque angle, un pinacle coiffé d'une pyramide en pierre. Une grande rose décore le pignon, flanqué de deux clochetons.
De chaque côté de la façade et en retrait du porche, s'élève une tour carrée, d'un dessin élégant, avec ses trois étages percés de baies que couronne une flèche octogonale, flanquée à sa base de clochetons.
Les façades latérales s'encadrent de contreforts et d'arcsboutants qui soutiennent la poussée des voûtes de la nef. Au chevet s'accusent trois absides de forme circulaire.
L'intérieur de l'église présente des dispositions régulières ^ mais sans particularité remarquable.
Les arcades de la nef reposent sur -des colonnes massives , avec des chapiteaux ornés de feuillages, d'où se détachent des colonnettes supportant les arcs doubleaux de voûte. Au-dessus, règne un étage percé de triforiums.