‹ Les édifices religieux, XVIIe, XVIIIe, XIXe sièclesChapitre 58 sur 84 · NOTRE-DAME D^AUTEUIL · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME D^AUTEUIL

des travaux se montaît à 844000 francs. L'église put être consacrée en 1892.

En perdant son ancienne église, le quartier d'Auteuil n'a pas gagné au change. A la place de ce pittoresque édifice, agréablement situé et bien disposé, se dresse une église ingénieusement ordonnée, sans doute, mais qui ressemble plus à une forteresse qu'à un temple.

Ce monument, qui manque surtout d'harmonie et d'unité, affecte une forme irrégulière. La distribution des différentes parties de l'édifice, dont l'emplacement occupe un rectangle allongé, a été commandé d'ailleurs par l'exiguïté et la configuration spéciale des terrains, et aussi par la pente rapide des rues qui le bordent et qui descendent vers la Seine.

La déclivité du sol a nécessité la construction d'un soubassement qui règne sous toute l'église. Ce soubassement, qui a moins d'un mètre de hauteur derrière la façade, atteint trois mètres à l'abside. Cette disposition a facilité l'aménagement de la crypte qui s'étend sous le chœur.

Notre-Dame d'Auteuil est conçue dans un style roman, mélangé de byzantin, et rappelle beaucoup l'architecture de Saint-Pierre de Montrouge. La façade, trop étroite pour le clocher imposant qu'elle supporte, s'annonce par un petit porche, encadré de deux colonnes de granit, que surmonte un fronton dont les rampants reposent sur des colonnettes (PI. 58). Le trumeau de la porte est décoré d'une Vierge mère, sculptée par Maniglier. Le même artiste a exécuté, dans le tympan, un bas-relief qui représente le Christ dans une gloire, entouré des symboles des quatre Évangélistes.

Au-dessus de la façade, se dresse un clocher singulier qui a des airs de pagode. Il comporte deux cônes de pierre, en forme de tiare, couverts d'écaillés, et portés chacun par une rangée

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de colonnes disposées en cercle. On a voulu votr, dans cette construction, le symbole de la tiare pontificale. Quoi qu'il en soit, TeflFet est plus bizarre qu'élégant.

A rintérieur, Téglise est traitée dans un ^le byzantin adultéré qui s'inspire de Sainte-Sophie de Constantinople, de Saint-Front de Périgtieux, et se rapfproche assez d'un type très répandu dans les églises du Périgord. Ce genre comporte essentiellement une succession de coupoles, supportées par des piles disposées sur un plan carré ou rectangulaire.

A Notre-Dame d'Autetnil, huit coupoles, construites sur ce modèle, couvrent le vaisseau principal, qui se termine par ime petite absidiole voûtée en cul-de-four. De chaqute côté de la nef, règne une étroite i^lerie dont les voûtes, disposées perpendiculairement au grand axe de l'église, sont destinées à contrebuter la poussée des coupoles.

La .dixième travée de la nef est élargie de façon à former une manière de transept.

L'architecture de l'édifice, bien qu'un peu nue, se «recommande pourtant par la correction de ses lignes et par une certaine sobriété qui ne manque pas d'élégance.

L'église est abondamment éclairée par les vitraux qui s'espacent sur les bas côtés. De beaux piliers, sunnontés de consoles, supportent les arcs doubleaux de la voûte, d'une grande élévation.

Au fond, entre de grands arcs qui le séparent de la nef et des transepts, le chœur se présente dans une heureuse perspective, entouré d'une imposante colonnade que couronnent des vases décoratifs.

Mais, si le vaisseau principal parait assez ample, le reste de l'édifice semble fort resserré, avec ses bas côtés étroits où l'on circule avec peine, avec ses transepts embryonnaires qui

SAINTE-ANNE DE LA MAISON-BLANCHE aa;

n^ofirent qu^une retraite Insuffisante aux fidèles qui se groupent devant les autels.

La décoration est fort pauvre. Elle ne comporte que des frises d^un dessin très simple, des bandes portant des inscriptions et des attributs symboliques. Aucune œuvre d'art n'est à signaler.

Sous la chapelle de la Vierge et le chœur règne une crypte qui sert de chapelle des catéchismes. Elle renferme une Mater Dolorosa, en plâtre, de Carpeaux. On descend à cette crypte par trente-cinq marches : Tabus des marches ménagées dans les différentes parties du monument a d'ailleurs valu à l'église le surnom populaire de Notre-Dame des Marches.

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