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SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE

du Souverain Pontife et le salut de la France. Ce vœu, approuvé par les évêques, béni par le pape, fut sanctionné, en 1878, par l'Assemblée nationale, non sans de vives oppositions; on déclara d'utilité publique la construction de Téglise que le cardinal Guibert se proposait d'élever sur la colline Montmartre, par souscription nationale.

L'emplacement choisi, tout proche de l'antique église Saint- Pierre, avait déjà tenté jadis Napoléon P** qui, en 1809, projetait d'y édifier le Temple de la Paix.

La position était, certes, admirable. Mais on n'avait pas réfléchi tout d'abord aux difficultés de l'entreprise. Quand on voulut asseoir les fondations, on s'aperçut que la butte, d'où l'on avait extrait, au cours des temps, de grandes quantités de pierre et de plâtre, menaçait de s'affaisser avec le monument qu'elle devait supporter. Il fallut creuser le sol, y construire, à plus de 38 mètres de profondeur, 83 puits qu'on remplit de colonnes de maçonnerie et qu'on relia par des arcs en pierre de taille.

Les travaux avancèrent donc lentement : ils nécessitaient d'ailleurs des sacrifices considérables. En igoS, la dépense se montait déjà à 35 millions ; elle n'était couverte que par des quêtes et des offrandes.

Les plans de la basilique ont été dressés par Abadie, à la suite d'un concours auquel 78 architectes prirent part. Abadie mourut en 1884: il eut pour successeurs M. Daumet, puis M. Rauline.

A l'heure actuelle, les travaux ne sont pas encore achevés, puisqu'il reste à terminer le clocher qui doit s'élever à vingtcinq mètres au-dessus du dôme. On peut cependant apprécier dans son ensemble cet important édifice.

La basilique, qui couvre les hauteurs de la butte Montmartre,

t^ LES ÉDIFICES RELIGIEUX

forme une perspective grandiose dont la silhouette massive couronne d'une architecture imposante la colline qu'etle surplombe (PI. 59) . Le sommet de la croix s'élève à 84 mètres au-dessus du sol de la rue et à 209 mètres au-dessus du niveau moyen de la Seine.

Le Sacré-Cœur se dresse au-dessus de Paris, comme Faurvières au-dessus de Lyon, comme Notre-Dame de la Garde au»des8as de Marseille. Par sa seule ordonnance monumentale et par sa belle élévation, it mériterait l'attention des visiteurs- Quand on entrevoit son profil majestueux, à travers l'échappée d'une rue ou d'une avenue, on ne peut qu'admirer le bel ensemble formé par ces masses blanches, d où émergent de vastes coupotes, et qui, par un temps clair, se découpent d'une façon pittoresque au-<lessus des verdures des jardins.

De près, l'église paraît phi* lourde, trop resserrée peut-être pour des constructions qui s'enchevêtrent et se heurtent sur un front peu étendu. Pourtant cette vaste enceinte de bâtiments ne manque pas de caractère.

En dressant les plans de la basilique, Abadie s'inspirait du style de Téglise Saint-Front de Périgueux qu'il restaura. On a voulu voir dans son oeuvre un nouveau genre d'architecture dtwt il faudrait faire honneur à notre art contemporain. Malgré quelques innovations heureuses, il semble plus juste d'y reconnaître une ingénieuse adaptation de styles divers, harmonisés avec une certaine fantaisie, où dominent pourtant des réminiscences byzantines.

L'édifice s'ouvre par un portail assez majestueux, flanqué de deux clochetons et précédé d'un porche avancé percé de larges baies plein cintre encadrées de colonnettes.

Au centre des bâtiments, se dresse le dôme principal, d'aspect monumental. Sa haute silhouette se profile entre quatre

Pi. 59.

Photo Malcalt.

sacre-cœ:ur de Montmartre.

(P;ige 230.)

SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE aji

dômes de moindres dimensions, offrant des dispositions analogues. Il comporte un étage d'arcades élevées et un étage de petites areattrres, coiffes d'une ample coupole que surplombe un petit dôme porté par des colonnettes.

Cet ensemble doit être complété par une tour carrée, inachevée encore, qui sera couronnée d'un dôme analogue aux autres. Il ne comprend actuellement que deux étaiges^ dont le premier, percé de larges arcades, est orné de moti£s sculptés, d'un goût médiocre.

L'intérieur, tout en pierre nue, est sévère et d'une grande sobriété. Mais le vaisseaa est spacieux ; la coupole ne manque pas de grâce et de légèreté.

La basilique n'a encore reçu qu'une décoration très sommaire.

On remarquera, dans la chapelle de Samt-Benoit Labre, le monument du publiciste Louis VeuiUot,, œuvre de Fagel. Sous les traits de La religieuse, l'artiste a sculpté le portrait de la fille de Veuillot.

L'autel de la chapelle Saintr Joseph, renferme d'mtéressants baârreliefs, sculptés par Aarrias : le Mariage de saint Joseph^ la Sainte Famille^ la Mort de saint Joseph^

En £ftce de la chapelle de la Vierge^ se dresse la statue du cardinal Guibert, ofiraat à Dieu le plan de l'église votive.

Sous la basilique s'étend une belle et vaste crypte. Une des curiosités que l'on montre aux visiteurs est l'énorme doche de l'église qui pèse 17.735 kilogrammes ; on l'appelle la Savoyarde, parce qu'elle a été offerte par les quatre diocèses de la Savoie.

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