SCÈNE VIII
CHARRIER, HENRI, puis CLÉMENCE.
CHARRIER, à part.
Il pleure?. . . (U prend le journal sur la table.) 23 décembre 1833. 11 reste atterré, Henri lève la tête ; luurs regarda sa rencontrent, le journal échappe dea mains de Cliarrier; ils restent tous deux les yeux baissés. — Clémence entre par la gauche; Henri en la vovant te précipite sur le journal et le jette au feu.
CLÉMENCE, allant à Charrier.
Qu'as-tu donc, père? ta figure est boulcvoiséel
HENRI, descendant yeis sa sœur.
Je viens de lui faire part d'une résolution qui l'afflige, mais qui est irrévocable Je vais m'engager.
Charrier tomba sur une chaise, accablé.
rengager... comme soldat?
HENRI
Oui; c'est le seul métier qui me convienne. Je l'ai toujours aimé, tu le sais: et si je n'ai pas suivi plus tôt ma vocation, c'est par déférence filiale; mais aujourd'hui mon père lui-même me relève de l'obéissance.
CLÉMENCE, à Charrier.
Tu le laisses partir?
CHARRIER, d'une voix étranglée .
Il est le maître.
HENRI, prenant sa scjeur dans ses bras.
Je reviendrai, ma chérie, et lu pourras êtrefière de moi. D'ici là tu chercheras mon nom dans les bulletins d'Afrique, entre ton mari et tes marmots, dont l'aîné s'appellera Henri^ n'est-ce pas?
ACTw. CINQUIEME 135
CLÉMEWCE.
Mon mari?
HENRI-
Oui, ton mari, Sergine. C'est toi qu'il aime.
CLÉMENCE
Moi?
HENRI
II n'a jamais aimé que toi... c'est un malentendu qu'on t'expliquera... plus tard.
CLÉMENCE, se tournant vers Charrier*
Et mon père consent?
HENRI, Varrêtant p^r le bras.
Il consent 1 Sa seule objection sérieuse, c'élAÎt que tu n'es pas assez riche pour deux; je l'ai levée en te donnant ma dot.
CLÉMENCE
Et toi .'
HENRI
Oh! moi... je suis un orgueilleux qui ne veux rien devoir qu'à moi-même.
CLÉMENCE
Mais je ne veux pas...
HENRI
Accepte, ma petite Clémence, je t'en supplie : tu mo rendras bien heureux; d'ailleurs, c'est la condition que mon père met à ton mariage.
CLÉMENCE, à Charrl*'^,
Est-ce vrai?
CHARRIER
Puisque ton frère te le dit.
136 LES Ei'i'KONTÉS.
UN D OM ES TIQUE, annongant.
M. de Sergine I