‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 57 sur 107 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LE MARQUIS

Bah ! vous recommenceriez,

C'est possible. Je ne veux pas me faire plus fort que je ne suis. Mais c'est une grande duperie qu'une vertu dans une position où l'iiomme n'a pas trop de toutes ses forces et de tous ses vices pour se frayer un passage 1

VERNOUILLET

Laisse-nous donc tranquille ! Le vrai mérite perce toujours. Je pourrais te citer vingt hommes éminents sortis comme toi des rangs du peuple.

GIBOYER

Parbleu! je t'en citerais cinquante !

VERNOUILLET

Alors de quoi te plains-tu ?

GIBOYER

Je me plains de n'en pouvoir citer que cinquante: je me plains qu'il faille un mérite exceptionnel pour percer; enfin que ce soit l'exception et non la règle.

VERNOUILLET

Ce n'est pas à moi qu'il faut t'en prendre, c'est au gouvernement.

GIBOYER

Les gouvernements ne sont pour rien là-dedans; question sociale et non politique,

LE MARQUIS

Ah I ah! monsieur est, socialiste?

GIBOYER

Si je le sr'is? jusqu'aux moelles! Et vous, monsieur 1%

■ marquis?

LE MARQUIS

Pas jusque-là... Mais je ne demande qu'à être catéchisé... Parlez.

Oh! c'était bon ilya vingt ans, quand j'étais jeune aujourd'hui non est hic locus.

LE MARQUIS

Encore du latin ?

GIBOYER

Voulei^-vous du grec pour changer ?

VERNOUILLET

Tu n'es qu'un pédant.

GIBOYER

Mon éducation me le permet.

LE DOMESTIQUE, annonçant

Monsieur Charrier.

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