LE SAMEDI SAINT, LES VIGILES PASCALES ET L'OCTAVE
Le samedi saint est appelé dans les constitutions apostoliques (j^sya aaSSaTov, grand samedi (V, 19). A Tierce et à Sexte, l'office est lé nlême qiie les autres jours de carême. Mais celui de None à trois heures est supprimé ; on commence des cfette heure même les vigiles pascales dans l'église du Golgotha. Silvia ne s'arrête pas à nous les décrire. « Ces vigiles, ditelle, sont comme chez nous », sauf une particularité que nous mentionnerons tout à l'heure. Ces expressions qui se représentent souvent dans Silvia, sont à noter, car si, comme il est très vraisemblable, elle vient des Gaules, ces analogies nous aident à nous rendre un peu mieux compte de ce qu'était la: liturgie gallicane à une époque qui n'en a conservé aucun monument écrit. Les constitutions, apostoliques, qui ne gardentpas le même silence que Silvia sur la composition d,c l'office de ces vigiles, nous disent qu'on y lisait la loi (c'est-à-dire les livres de Moïse), les
prophètes et les psaumes, puis on baptisait les catéchumènes selon le rit reçu, et on faisait une homélie au peuple '.
C'est en effet le jour de Pâques qui est par excellence le jour du baptême dans l'Eglise ; la vie nouvelle donnée à l'âme par le baptême est comparée à la résurrection du Christ. « C'est le jour, dit saint Ambroise, où le baptême est répandu sur toute la terre ^ «
Quant aux cérémonies du baptême, que Silvia ne décrit pas davantage, elles avaient lieu dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques. Il nous serait facile de compléter son récit par saint Cyrille de Jérusalem, qui nous les raconte tout au long et explique aux nouveaux baptisés la signification des bénédictions, des onctions, des exorcismes qui composent ce rit imposant^. Il nous parle aussi du bap-
■I. Consul. ApoH., 1, c. 18
2. Exhort. nd virg., c. vi', 4'2. Cf. Constit. Apost., V, 19 ; Tertullien, de Bofili^mo, 19 ; Origène, Sel. in ps. cxvni (II, 796).
3. Catéchèse m et Catéchèse mystagogique, i, 2. Cf. aussi dans l'abbé Duchesne, Origines du culte chrétien, le récit de l'initiation chrétienne, notaniment p. 317, et Flitt, de Cyrilli hiero^. orationibiisquœ exsianl catecheticis, p. 439. Il n"est pas question de la bénédiction du cierge pascal que Ion croit à tort postérieure à cette époque. Nous avons cité le texte de Prudence qui y fait une évidente alusion. Cf. une discussion de ce texte de Prudence
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tistèro, au/es haptistcrii, et de la bénédiction des fonts '. Sans nous dire d'une façon bien précise où le baptistère était situé, Silvia nous indique qu'il était dans l'église du Golgotha, ou du moins contigu à cette église-.
La seule particularité que signale Silvia, c'est que les nouveaux baptisés, infantes, en sortant des fonts, vont à l'Anastasie. L'évêque entre dans la grotte du saint Sépulcre afin de prier pour ces nouveaux chrétiens ; on dit une hymne, elle pontife revient avec eux dans l'église du Golgotha, où le peuple est toujours réuni. L'office des vigiles et l'oblation ont lieu dans cette église ; on revient à l'Anastasie au chant des hymnes pour lire l'évangile de la Résurrection, comme les autres dimanches, mais avec une plus
dans A. Schmidt, de Cereo pascali : (Helmst. 1692) contre Gretser, de festis, I, 25, et Papebrock, PropyK ad Act. SS. Maii, p. 9. Il est à peine besoin de faire remarquer que Silvia ne dit pas mot du prétendu feu sacré qui, d'après les Grecs, se trouverait miraculeusement allumé le samedi saint dans la grotte, depuis la mort de N.-S. Cf. Assemani, Bibl. or., III, de lumine S. Sepulrhri. Le chant de VExuUet est attribué tantôt à saint Ambroise, tantôt à saint Augustin, tantôt à saint Léon, etc.
1. Catéchèse mystagogique, i, 2, et Caléch. m. Cf. saint Cyprien, ep. lxx ; saint Basile, de Spiritu sancto, 27. Le pèlerin de Bordeaux nous dit du baptistère : BasiUca... habens ad latus exceptoria unde aqua levatur, et balneum a tergo ubi infantes lavantur.