I. Documents d'art monumental Ae. M. Lenertz, pi
JLts matfioiis anciennes en idelgique.
■'''H '"--"^Maison « Den Morlaaa >, à Louvain (').
Pignon rue Haute, n 35, à Anvers.
ques gradins, au-dessus de l'oreille du pignon et au-dessus du cordon marquant
I. Restauration de M' Th. Van Boxmer, d'après le Bu//, des tnét/ers d'art.
une reprise à mi-hauteur du comble. Ainsi» avec deux gradins ordinaires, droits, alterne un gradin à flancs fuyants, sur prolonge encorbellée (').
Pignon brabançon avec pinacle terminal.
Les fenêtres-lucarnes à gradins avec un pinacle greffé dans l'axe du pignon sont
Lucarne brabançonne.
une particularité typique des maisons brabançonnes urbaines et rurales. Ce dispo-
I. C'est ce que l'on voit au palais de Marguerite d'Autriche, à X Hôtel de /a Grue, Grand'place, à une maison
3Rebue ïie rart chrétien.
sitif se maintint jusqu'au XVI 1= siècle. Nous en donnons comme exemple, d'après un croquis de M. Heins, la jolie lucarne d'une maison voisine de l'église de Zwijndrecht près d'Anvers, et un autre, rue de Decker à Malines.
M. Lorenzen, Directeur de l'Ecole des Beaux-Arts de Copenhague, nous a fait connaître les bâtiments de l'Hôpital des Carmélites à Helsingor en Danemarck.
Nous y avons reconnu des traces des plus curieuses de l'influence brabançonne et flamande en Scandinavie. Des vestiges non douteux d'un beau pignon brabançon nous ont permis de faire la restitution ci-contre ('), et d'autre part nous avons reconnu dans les baies de fenêtre, les procédés des maçons de la West- Flandre fidèlement suivis.
Lucarne brabançonne (renaissance).
Pinacles-tourillons. — Les pinacles brabançons se montrent plus étoffés et plus riches en certains pignons, comme celui de la maison du pape Adrien à Utrecht. Le pinacle octogonal en briques apparaît à Louvain, à la maison « den Moriaan »,
du quai de la Dyle à Malines et à la maison Concordia (cimetière de Saint-Rombaut), maison gothique flanquée d'une belle loggia, etc.
La même ordonnance typique distingue le joli pignon de V Hôtel de Barcelone, rue de Diest à Louvain, celui de la rue Ueriot, celui du Pressoir, et la jolie façade de Moriaan, du XV<^ siècle, Grand'place de Louvain (repro duite dans l'ouvrage de M' Lenertz, pi. 5). Le même ouvrage donne (pi. 46) une autre maison toute pareille située rue .Sainte-Catherine à Malines et datée de 1564, elle présente de jolis détails de sculpture.
I. La partie restituée du pignon est marquée d'une teinte gris-foncé.
Grand' Place, où il portait des statues dorées.
Ces pinacles prennent la forme de tourillons à la Gemeenlands-hiiys de Delft et dans maints pignons anversois. Cette variante porte en germe les superbes pinacles-clochetons des hôtels de ville de Middelbourg, de Bruxelles, de Louvain et d'Audenarde.
Nous le retrouverons à la Maison des Bateliers à Gand.
Pignon brabançon à Helsingor (Danemark).
Décharges trilobées. — Il faut remarquer la sveltesse de certaines façades en pierre blanche, construites en grès lédien, percées au rez-de-chaussée de larges et hautes croisées aux meneaux minces, aux trumeaux très réduits, recevant la retombée des décharges qui portent le surplomb de l'étage; telle est la maison le Moriaan, Grand' Place à Louvain, déjà citée. Aux minces trumeaux sont greffées des colonnettes dont le chapiteau sculpté supporte élégamment la
îLes maisons antiennes en Belgique.
retombée d'arcades surbaissées ; un dispositif presqu'identique caractérise une maison gothique de la rue des Boutiques, à Malines.
La façade malinoise de la fin de l'époque gothique brille par un trait d'élégance fantaisiste, savoir de riches décharges fine-
f -^r : '&•: ;j.r-^S^rtii^;^?fe^CÎ%;,;1
Hôtel de Barcelone à Louvain,
ment moulurées, qui amortissent le surplomb des étages et soulagent le linteau des baies (').
A la maison de La Grue, Grand' Place, ces décharges portaient sur de gracieuses
I. Le recueil de de Noter nous montre ces décharges k l'ancienne brasserie Saint-Georges, rue des Pierres, à la maison du Sacré-Cœur, rue du Poivre, etc.
colonnettes à pendentifs en partie détruits (').
Les décharges de la maison voisine, à l'enseigne du Pavillon Belge, au coin de la rue du Bruel, (XVI^ siècle), attribuée à Rombaut Keldermans, sont trilobées et rehaussées de résilles aveugles. On considère aussi comme l'œuvre d'un des Keldermans (on ne sait lequel des sept architectes de ce nom) la très riche façade dite <i goede Lepeleere », bâtie en 15 19, quai au Sel (=), datée de 1500, remarquable par trois étages de décharges trilobées, surmontées de résilles aveugles flamboyantes. Chose cu-
Ma
l:i G: ut; a Rlaliiie
rieuse, cette façade gothique s'élevait un an avant celle que Jean Borremans a construite en style renaissance sous l'enseigne «au Saumon». On attribue à Rombaut, le maître illustre, la maison du Paradis, quai aux Avoines, ainsi nommée à cause de ses curieux bas-reliefs ; elle se dresse justement à côté de la maison en bois dite des Diables ( Dtdvelsgevel) (^'). dont nous avons parlé à propos des maisons en bois. Ici
1. Il faut noter ici, que les arcades au-dessus du rezde-chaussée sont seules anciennes ; l'étage est totalement défiguré.
2. de Noter, litt. H, pi. lî. La façade est ornée de nymphes, de poissons, etc.