‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 50 sur 130 · I. D'après la Chronique des Arts · texte numérisé non relu

I. D'après la Chronique des Arts

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Pont-à-Mojisson. — Des couvents et des séminaires transformés en casernes, c'est courant et trop naturel aujourd'hui ; il n'y a plus que les archéologues pour s'en plaindre. Un des monuments les plus originaux du XVII !•= siècle, l'ancien couvent de Frémontrés, qui abritait naguère le Petit Séminaire de Pont-à-Mousson, est menacé, à la suite de sa désaffectation, d'être attribué au ministère de la Guerre qui y établirait une caserne. On n'a pas oublié les dégâts irréparables infligés par lés militaires au Château des Papes d'Avignon, au cloître de la Trinité de Vendôme, à celui de Saint Jean-des- Vignes, etc.

Rome. — Mgr de Waal vient de remettre en lumière un antique sanctuaire existant au palais du Saint Office et qui, vers I430,avait été restauré par un Belge, de Waya, originaire de Liège.

Ce vénérable édifice a été établi sur l'emplacement de l'antique église de San Salvatore in Curione, fondée par Charlemagne. Sur la porte d'entrée qui donne à l'intérieur du palais du St- Office, apparaissent les armes du Pape Nicolas V. La chapelle forme une vaste pièce oblongue et voûtée avec unegracieuse abside et des fenêtres en rosace d'apparence gothique. On y découvre les traces d'une décoration peinte en bon style de la Renaissance, qui sera rétablie dans son état primitif.

Algérie. — La découverte la plus importante de 1907 enTimgad fut celle d'un grand monastère à l'Ouest du Capitole, avec une église à trois nefs, longue de plus de 57 mètres, et de 22 mètres de largeur, terminée par une abside en hémicycle. On sait que précédemment, les fouilles ont déjà donné les vestiges de douze sanctuaires chrétiens.

Les nefs de cette vaste basilique non orientée, sont précédées d'un atrium, avec ses catharas. Des colonnes accouplées, dans le sens transversal divisaient les trois nefs et formaient 17 travées ; les bas-côtés avaient 15 m. de largeur. Un arc triomphal de I2'"25 d'ouverture ouvrait sur une abside profonde de 6'",oo ; celle-ci contenait un sarcophage dans le sol, qui était établi sur des tombes chrétiennes.

C'étaient sans doute les oratoires à l'usage du nombreux clergé de l'établissement, ou des consignatoria, où les néophytes se rendaient après le baptême. Trois chapelles ont été découvertes parmi les habitations voisines. L'une s'ouvrait sur la basilique et a dû être une de ces vievioriae qui étaient annexées aux grandes églises.

Une très grande église avait déjà été déblayée en 1S94 à Timgad. Celle-là et celle-ci constituaient les deux cathédrales de cette ville, l'une catholique, l'autre donatiste.

Amerschwir. — On s'apprête à démolir l'église d'Amerschwir, une des petites villes les plus pittoresques du Haut-Rhin. Des protestations se sont élevées en Alsace contre ce projet néfaste. Voici ce que repondent les partisans de la démolition.

« Une église est, avant tout, un édifice oh les fidèles se réunissent pour remplir leurs devoirs envers Dieu et soigner les intérêts de leurs âmes. Si l'église n'est pas assez vaste pour contenir les fidèles qui doivent s'y rendre, il faut l'agrandir ; or, tel est le cas pour l'église d'Ammerschwir, elle est réellement trop petite, et, étant donnée la situation, il n'y a pas d'autre moyen de l'augmenter qu'en enlevant la tour qui, d'ailleurs, n'a rien de remarquable, pour ajouter deux travées et reconstruire ensuite la tour dans te »ii'me caracicre. Dans cet agrandissement, on aura soin de reconstruire, pierre par pierre, le charmant escalier du seizième siècle qui orne actuellement l'intérieur. L'église étant réellement trop petite pour suffire aux besoins spirituels des paroissiens, l'autorité ecclésiastique a dû intervenir et mettre les choses au point en rappelant aux archéologues à outrance, que les intérêts religieux d'une population ont le pas sur la question d'art et d'antiquité. Il ne s'agit pas ici de vandalisme, mais d'une nécessité qui s'impose. >)

Cette nécessité s'impose-t-elle ? C'est ce que nie dans un article de X Express de Mulhouse, un artiste alsacien, M. J.-J. Waltz ; il affirme que depuis cent années la population d'Amerschwir a diminué, que l'église actuelle n'est point trop petite, et il ajoute :

« Non, la vraie raison est ailleurs et nous insistons l.î-dessus, parce que la plupart des cas c'est cette même raison qui a été la cause de tous les actes de vandalisme que nous déplorons. La commune d'Amerâchwir dispose de l'argent nécessaire pour démolir et reconstruire son église et c'est parce qu'une âme bien intentionnée a eu la malencontreuse idée de léguer une grosse somme pour agrandir et reconstruire une église que l'Alsace devra être frustrée d'un de ses plus beaux monuments. »

Voilà les deux thèses. Il y aurait peut-être m.oyen de les concilier, dit M. A. Hallais : que l'on respecte la vieille église et qu'on en construise une seconde toute neuve et beaucoup plus vaste sur un autre emplacement. Malheureusement cette solution n'a nulle chance d'être adoptée. En Alsace — comme ailleurs — on goûte le « vieux-neuf » (').

Bruges. — Les plans des nouvelles annexes de l'hôtel de Gniutkuse ont été approuvés et, d'ici peu, on mettra la main à leur exécution.

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