D. Vicente Lamperez y Romea : op. cit., p
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quence la théorie de l'influence de l'Aquitaine en cette section d'architecture est détruite, ou au moins bien affaiblie». L'influence byzantine, au contraire, s'est donc fait sentir en Espagne plus directement que l'influence française.
Une preuve que la coupole de Silos était construite à la fin du XP siècle, serait la petite reproduction qu'en offrirait un basrelief conservé dans le cloître, — et ce bas-relief daterait « des dernières années du XI*" siècle, ou des premières du XI P ».
Finalement, tout cela s'explique sans peine si, avec l'auteur, on suppose que Dominique eut des relations avec Didier, abbé du Mont-Cassin, et qu'il obtint de lui un architecte byzantin pour travailler à la construction de l'église de Silos (').
Quelques années après la publication des articles que nous venons de citer, un autre savant espagnol, D. Enrique Serrano Fatigati, résumait la même thèse. Seulement Didier devenait Vivien, et les probabilités de D. V. Lamperez y Romea des faits acquis {').
Nous avons suivi avec le plus grand intérêt les études des deux savants nommés, et surtout celle du très habile architecte qui fit si bien connaître la structure d'une série de monuments de la péninsule, munis de coupoles; mais ses travaux, publiés dans diverses revues, ne sont pas suflîsamment conformes à la prudence archéologique et à la sage critique qui sont de règle aujourd'hui. Il n'y a pas à qualifier, comme il l'a fait, de mépris étudié, le silence de M. C. Enlart à propos de la thèse des archéologues espagnols qui veulent une influence byzantine directe sur leur archi-
1. D. Vicente Lamperez y Romea : El Byzantiiiismo en la arquitectura crisliaiia espaiiola ( Bolctin de la Socicdad Espai'iola de Excursio7ies, 1900, p. m.
2. Portadas del période romattico {/ioletùt, 1906, pp. 15 et 16.
tecture du moyen âge ('). Il n'y a point mépris, mais silence; et celui-ci n'est pas difficile à expliquer. En tous cas, dans la question qui nous occupe, nous ne pouvons, en quoi que ce soit, partager l'opinion du célèbre architecte espagnol, et ceci pour les raisons suivantes : nous ne considérons pas l'église de Silos comme ayant été bâtie et à peu près complètement achevée entre les années 1041 à 1073. La construction d'une église de cette importance — trois nefs, trois coupoles, un long transept et cinq absides ou absidioles — • piit facilement durer quarante ou cinquante ans ; ce fut précisément le cas pour la catedral vieja de Salamanque.
Aucun document ne nous dit si saint Dominique commença à bâtir l'église dans les premières années de son abbatiat, ou peu de temps avant sa mort.
Quant à la date de consécration : 1088, elle ne mérite pas une entière créance, puisque nous savons qu'un assez bon nombre d'églises furent consacrées longtemps avant d'être terminées; et, si celle de Silos était achevée lorsqu'elle reçut les honneurs de la consécration, nous croyons fortement qu'elle subit ensuite des altérations et des remaniements, témoin la porte des 'Vierges, qui nous semble bien postérieure à la date de 1088.
La reproduction «la copia» de la coupole de Silos, sur un bas-relief, n'est pas un argument dans la question, parce que : 1° sauf en des cas bien rares, s'étudier à voir de grands monuments d'architecture dans de tous petits édifices médiévaux n'est pas œuvre sérieuse ; 2° le bas-relief qui serait obra indudable des dernières années du XI" siècle ou des premières du XI I«, est bien de trente ou quarante ans plus