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de l'école dé l'Ile-de-France au xin° siècle, Le projet de
construction date de 1172, mais elle ne fut commencée
que dans les premières années du xt siècle et consacrée seulement en 1324. Comme sa surface débordait au-dessus des anciens fossés de la ville, on prit le parti d’asscoir son
chevet sur une magnifique crypte qui était terminée en
1209. Cette église souterraine, exceptionnelle dans une cathédrale gothique, à, comme le chœur qu'elle soutient, la forme d’un hémicycle à double collatéral éclairé par douze fenêtres ; les nervures qui soutiennent sa voûte viennent retomber sur de robustes piliers à section polygonale flanqués de colonnettes aux chapiteaux ornés de crochets. Le plan de l’église est aussi d'une grande originalité ; il ne comporte pâs de transept, mais cinq nefs terminées par un chœur à double déambulatoire sur lequel s'ouvrent cinq chapelles absidales. En outre, les voûtes de ces nefs, tracées toutes sur plan barlong, sont étagées à trois hauteurs différentes, la nef centrale à 37 mètres, la deuxième à 21 mètres, la nef extérieure à 9,50. Chaque nef a donc son éclairage indépendant. En outre, dans la nef centrale le premier étage de tribunes est supprimé et remplacé par une galerie élevée de triforium audessous des hautes fenêtres. Les arcades s'élèvent donc d’un jet hardi et les piliers cylindriques sont cantonnés, même autour du chœur, de colonnettes engagées sur lesquelles retombent les nervures interrompues seulement
par les chapiteaux. Le collatéral extérieur, au contraire |
est surmonté de tribuünes qui s'ouvrent sur là deuxième nef. À l'extérieur, les chapelles absidales bien détachées de l’œuvre, forment comme des tourelles étroites couvertes de flèches de pierre. Par suite de l'absence de transept la
cathédrale de Bourges ne comporte que deux tours de
façade achevées seulement au xvi° siècle. Rien n’égale
d’ailleurs l'ampleur majestueuse de cette façade précédée
d’un magnifique perron et ornée de cinq portails à voussures profondes ; son ornementation appartient à la fin du xun® et au xiv° siècle, Les deux porches latéraux établis entre des contreforts, ont conservé Les sculptures romanes de l’ancienne cathédrale. Les arcs-boutants ont encore une forme très simple, mais les contreforts sur lesquels ils s'appuient sont surmontés d’une jolie arcature à jour comprise entre deux clochetons ornés de crochets ; l'élagement des nefs a exigé un double étage d’arcs-boutants. Enfin à l’intérieur de Bourges ct déjà de Chartres apparaissent à la fin du xurr° siècle les clôtures de pierre qui
entourent complètement le chœur et barrent transversa- Jement la nef: ce sont Les jubés, ouverts par trois portes et surmontés d’une galerie qui servait à la lecture des Evangiles : ils montrent l'importance prise par les chapitres à cette époque ; presque tous ont été démolis au xvu siècle ; des fragments de celui de Bourges sont au Musée du Louvre.
4. Reims. — La cathédrale de Reims, destinée à abriter la cérémonie du sacre des rois de France, fut commencée en 1211 sur un plan grandiose que le manque de ressources força plus tard à modifier ; le chapitre prit possession de l’édifice en 1241, mais il ne fut achevé en réajité qu’au xrv° siècle ; à cette époque la nef ayant paru trop petite pour contenir la foule le jour du sacre, on la prolongea de deux travées et on recula la façade du x° siècle. Cette modification a donné à la cathédrale de Reims une longueur de 138",69 qui n’est égalée que par celle du Mans. Le plan très simple comprend trois nefs de neuf travées, un transept très large et très saillant, accompagné comme le chœur d’un double collatéral ; cinq chapelles absidales très profondes rayonnent autour du chevet. L’ordonnance intérieure a beaucoup de rapports avec celle de Bourges : les grandes arcades de la nef cen-
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trale sont séparées des hautes fenêtres par un triforium élevé, et les voûtes retombent sur des piliers cantonnés de quatre colonnettes engagées, dont les bases ornées de griffes, reposent sur un piédestal très haut. Le plan de Reims comportait deux tours de façade, deux tours à chaque transept et une tour à la croisée centrale ; une véritable forêt de flèches devait le surmonter. L’incendie de 1481 qui a anéanti le clocher central et les combles des tours a empêché l'exécution de ce projet ; seules les deux tours de façade achevées au xv° siècle existent encore dépourvues de flèches, La façade, bâtie en bel appareil à la base, est faite dans le haut de pierres plus tendres qui s’effritent. Les trois portails sont surmontés d’une grande rose encadrée sous une archivolte en arc brisé (1) entre deux baies géminées ; au-dessus s'étend la haute galerie des rois qui masque à moitié le pignon et les longues baies des deux tours. La tradition populaire attribuait la construction de Reims à Robert de Coucy, mais il est mort seulement en 1311; Libergier avait élevé à Reims l’église Saint-Nicaise, d'après un renseignement donné par Villard de Honnecourt le premier maître-d’œuvre serait Pierre de Corbie.
5. Amiens. — La construction de la cathédrale d'Amiens commencée en 1223,appartient, comme nous l’avons vu (2) au x‘ siècle. On a dit avec raison que cette cathédrale était au point de vue de la technique et de l’exécution, de la science et de l’art, « le chef-d'œuvre du style gothique (3). » Le plan (fig. 8) comporte un narthex, trois nefs de six travées, un transept saillant à collatéraux, un chœur de quatre travées entouré d’un double déambulatoire sur
(1) Caractéristique du style champenois.
(2) Voyez p 20.
(3) conse, Art gothique, p. 204
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lequel s'ouvrent sept chapelles fabsidales tangentes les unes aux autres et de forme polygonale; pour la pre-.
mière fois la chapelle centrale dédiée à la Sainte Vierge a une importance particulière. La superficie (8000 m.q.) fait de cette cathédrale une des plus grandes églises du monde; elle a 143 mètres de longueur, 65 mètres de largeur au transept et 45 mètres de hauteur sous clef, La cathédrale d'Amiens peut être considérée comme
le premier exemple du développement que pouvait atteindre le style gothique. Les murs sont presque ën-
tièrement supprimés : la haute galerie du triforium elle-même est éclairée à l'extérieur par des vitraux. Les baies atteignent une ampleur inusitée jusque-là et l’ensemble a un caractère général d’élancement. Les piliers sont cantonnés de quatre colonnettes engagées qui reçoivent les retombées, mais leur épaisseur est bien moindre qu'à Bourges ou à Reims. Entre les arcades de la nef cen-
trale et le triforium une frise de roses et de feuillages fait
tout le tour de l'édifice. La façade a des lignes plus nettes que celle da Reims: ses trois porches profonds encadrés par des frontons ornés d’une rose, sont surmontés d’une double galerie, l’une à jour, l’autre remplie par les statues des rois : entre les deux tours on a établi la rose flamboyante, et une haute galerie bordée d'une balustrade et surmontée d’une claire-voie à jour ; à mesure qu’elle s'élève l'architecture semble devenir de plus en plus aérienne.
Les arcs-boutants eux-mêmes (fig. 9) commencent à être
ornés d’une arcature à jour placée entre l’are et le rampant ; pour la première fois aussi on imagine d'épauler la nef du transept à l’aide d’arcs-boutants qui viennent
croiser ceux de la nef principale. Le parti adopté dans cette construction était si logique et si beau que la cathédrale d'Amiens devint un modèle imité dans tous les pays où le style gothique s’implanta : la nef de Saint-Denis,
LES EÉGLISES GoTHIQUES
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