‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 395 sur 549 · Résumé du Procès-verbal Duveyrier, t. I", p · texte numérisé non relu

Résumé du Procès-verbal Duveyrier, t. I", p

manité de M. Santerre ; il a confirmé les pouvoirs à lui donnés par le peuple, et il l'a invité à redoubler ses soins, s'il était possible, pour ramener Tordre et le calme dans le faubourg Saint-Antoine, dans ce faubourg dont la tranquillité a tant d'influence sur la tranquillité de toute la Ville ^ »

A huit heures du malin, « quelques électeurs s'étant rassemblés dans la Grande Salle, toujours ouverte aux citoyens », le président Moreau de Saint-Méry demande ce qu'il faut faire « des lettres trouvées dans les poches de M. de Flesselles, et déposées sur le bureau par M. Dameuve père, avec le procès-verbal du district de Saint-Jean-en- Grève ». La lecture en est ordonnée. La plupart sont insignifiantes, et l'on décide de ne les point insérer au procès-verbal. On n'en retient qu'une, écrite sans doute du Champ de Mars, par un commis de l'intendance à sa femme, et dans laquelle les mots : On va prendre des mesures pour vous secourir, auraient inspiré des soupçons « à des esprits calmes et dans des temps paisibles », lit-on textuellement dans le procès-verbal des électeurs ^.

L^ lieutenant général de police, de Crosne, écrit qu'il vient de remettre sa démission au Roi, et offre ses renseignements et ses services u pour toutes les opérations relatives aux subsistances ». L'Assemblée lui fait porter par deux électeurs un arrêté dans lequel « elle lui témoigne ses regrets et sa reconnaissance ».

De Leutre n'ayant pu franchir la barrière du côté de Bercy pour aller dégager le bateau de farine annoncé, le commandant général lui délivre un

(( Ordre à toutes les patrouilles et corps de garde de l'Hôtel de

Ville de Paris, de laisser librement passer M. De Leutre, électeur et

membre du Comité, chargé de nos ordres et de ceux du Comité; le

reconnaître comme notre aide de camp, et recevoir tous les ordres

qu'il leur portera de notre part et de celle du Comité de l'Hôtel de

Ville.

« Signé : le marquis de la Salle ^. »

1. L'action de Santerre s'exerça en dehors de celle des districts. Le district du Petit- .Saint-Antoine, par exemple (V. le procès-verbal dans la Prise de la Bastille de G. Lecocq, p. 25-26, 231-291), motiva la formation de sa milice bourgeoise sur ce que « une multitude de particuliers, effrayée peut-Ptre par des bruits que des gens malintentionnés, sans doute, ont répandus, parcourent armés et sans ordre les rues de la capitale; que la garde de Paris, ou se confond avec eux ou reste spectatrice tranquille du désordre qu'elle ne peut arrêter; que déjà la prison de la Force a été ouverte aux prisonniers et que l'on menace de forcer pareillement les prisons qui renferment les vagabonds, les gens sans aveu, même les gens repris pour crime... » — Ce qui, du reste, n'eut pas lieu. La Force ne contenait alors que des prisonniers civils, pour dettes. Le peuple, loin de délivrer les criminels des prisons du Châtelet, aida, rapporte VAmi du Boi, p. 66, à y réprimer une tentative de révolte.

2. P. 387-392. C'est bien le sens, mais ce n'est pas le texte du billet légendaire : « J'amuse les Parisiens avec des cocardes... Tenez bon jusqu'au soir... i*

3. Il n'est pas question, dans le Procès-verbal Duveyrier, de l'envoi, par le district

Pour le dépouillement des lettres saisies et déposées les deux jours précédents, l'Assemblée nomme commissaires les électeurs Garnier, négociant; Gornau, procureur aux conseils; Picard, avocat au Parlement; Garran de Coulon, aussi avocat, tous électeurs; et Champion, avocat aux conseils, « citoyen d'un district » (Petit-Saint-Antoine). Ils s'établissent au fond de la Grande Salle.

LA DÉPUTATION A l'ASSEMBLÉE NATIONALE^

Bancal des Issarts et Ganilh rendent compte de leur mission à Versailles.

Ils ont été introduits dans l'Assemblée nationale, à laquelle Bancal a exposé la situation de la capitale et remis l'arrêté du Comité permanent.

Le marquis de La Fayette, vice-président, lui a répondu que « le président de l'Assemblée, à la tête d'une députation nombreuse était chez le Roi, et lui portait les instances les plus vives pour l'éloignement des troupes ». Il l'a prié de rester avec son collègue, « pour être témoin du rapport qui allait être fait. » De ce rapport et des deux réponses faites par le Roi aux deux députations envoyées dans la journéfpar l'Assemblée nationale, il a été fait des copies authentiques, pour être par eux présentées à leur commettants.

l'assemblée nationale aux électeurs de paris

« L'Assemblée nationale, profondément affectée des malheurs « qu'elle n'avait que trop prévus, n'a cessé de demander à Sa Majesté la « retraite entière et absolue des troupes extraordinairement rassemblées u dans la Capitale et aux environs. Elle a encore envoyé dans ce jour « deux députations au Roi sur cet objet.dont elle ne cesse de s'occuper « nuit et jour. Elle fait part aux électeurs des deux réponses qu'elle a u reçues. Elle renouvellera demain les mêmes démarches ; elle les fera « plus pressantes encore, s'il est possible ; elle ne cessera de les ré- « péter et de tenter de nouveaux efforts jusqu'à ce qu'ils aient eu le « succès qu'elle a droit d'attendre et de la justice de sa réclamation « et du cœur du Roi, lorsque des impressions étrangères n'en arrêteront (( plus les mouvements.»

du Petit-Saint-Antoine (V. Lecocq, Prise de la Bastille, p. 53-54), de délégués qui exprimèrent à l'Hôtel de Ville « les alarmes du faubourg sur ce que les farines et l'approvisionnement étaient ou pouvaient être empoisonnés », et réclamèrent leur examen par Baume, Cadet et Fourcroy de l'Académie des sciences, « pour tranquilliser le public sur la chose qui doit l'intéresser le plus ». Cette délibération, signée du vice-président Saladon et du secrétaire Champion de Villeneuve, fut aussitôt, le 15 juillet, sanctionnée par le bureau des subsistances.

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