‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 413 sur 549 · Résumé du procès-verbal Duveyrier, t. II, p. 13, 41 à · texte numérisé non relu

Résumé du procès-verbal Duveyrier, t. II, p. 13, 41 à

1. V. les Mémoires de Henri Masers de Latude, ancien ingénieur, prisonnier pendant trente-cinq ans à la Bastille, publiés en 1793, à Paris, 2 vol. in-S». >

Un grenadier des gardes-françaises, Dubois, qui des premiers a franchi le pont-levis de la Bastille, a été décoré par le peuple d'une croix de Saint-Louis, arrachée à l'un des défenseurs de la forteresse. Il la rend; mais Moreau de Saint-Méry lui déclare « qu'il n'a pas le pouvoir de la lui reprendre et qu'il est même peut-être utile qu'il la garde ^ ».

Aux délégués du district des Enfants-Rouges, toujours inquiets de la garde de la Bastille, on répond que La Fayette et le Comité militaire «ont pris toutes les précautions convenables et fait faire dans les cours et souterrains toutes les perquisitions nécessaires pour assurer la tranquillité des habitants de la capitale ».

Afin de sauver du «pillage et de la destruction les archives de la Bastille, ce dépôt de pièces originales et précieuses, destinées peut-être à justifier, dans l'opinion de la postérité, les efforts faits contre la tyrannie et pour la conquête de la liberté », l'Assemblée ordonne le transport et la réunion de tous les papiers, qui pourraient se trouver dans la forteresse ou en provenir, à l'abbaye de Saint-Germain-des- Prés, par les soins de ses commissaires, Dusaulx, de Chamséru, Gorneau et Gailleau. Toutes personnes qui pourraient avoir recueilli quelques-uns de ces papiers sont invitées à les apporter à l'Hôtel de Villes

Sur les observations qui lui sont faites par une députation de l'Université,

(c L'Assemblée générale des électeurs arrête que tous les étudiants « de l'Université, externes ou pensionnaires dans les collèges, pen- « sions ou séminaires, seront exempts du service militaire; qu'en « conséquence ils ne seront pas tenus de se faire inscrire dans les « rôles de la milice parisienne; que les districts seront invités à re- « fuser ceux qui se présenteraient, à les faire renvoyer dans leurs pen- « sions, séminaires ou collèges; et enfin à enjoindre aux patrouilles « de respecter et protéger le libre passage des écoliers externes allant « de leur maison au lieu ordinaire de leurs études. »

Le 16 étant jour de tirage de la loterie royale, on arrête que ce tirage ait lieu comme d'habitude; on invite M. de Crosne à y présider, quoique démissionnaire de la lieutenance de police; on y envoie un

1. Une brochure de 3 pages in-8, BibL nat., Lb^» 1949, a été consacrée à cet incident, Discours à M. de La Fayette, par ili"'= N... lors de la remise de la croix dont P.-H. Dubois avait été décoré à la prise de la Bastille.

2. Dusaulx, l. c, p. 318-âl9^ rapporte : Quand l'Assemblée décida « que la Bastille serait démolie jusque dans ses fondements, l'un de nous, s'élançant vers le bureau, s'écria : « Ah! messieurs, sauvons les papiers!... Hàtcns-nous de recueillir ces vieux titres d'un despotisme intolérable, afin d'en inspirer l'horreur à nos neveux ! » — Quand les commissaires nommés arrivèrent auprès de la Bastille, « à travers les applaudissements du peuple, instruit de leur mission, dix gens de lettres distingués, les Brizard, les Cubières, etc., etc., se jetèrent dans leurs bras, les conjurant de les introduire au sein de cette fameuse forteresse, qu'ils détestaient de longue main, et dont ils voulaient^ disaient-ils, avant sa prochaine destruction, prendre le signalement. »

Page 1