RÉCLAMATIONS DES OFFICIERS MUNICIPAUX
Au milieu du mois de mai, Le Peletier de Morfontaine présentait aux départements des Finances et de la Maison du Roi la réclamation du M traitement de douze mille livres, que la Ville était dans l'usage de « donner à M. le Prévôt des marchands au moment de sa retraite, jus- « qu'à l'expiration de la Prévôté de son successeur ». De Gaumartin mettait « avec plaisir cette réclamation sous les yeux du Roi », et Laurent de Villedeuil la faisait passer au nouveau Prévôt, afin qu'il prît l'avis du bureau delà Ville (19 mai).
Deux jours plus tard, le 21 mai, Villedeuil faisait paiTenir à Fiesselles l'offre de son prédécesseur de vendre à la Ville sa bibliothèque et sa collection d'estampes, moyennant une rente viagère de dix à douze mille livres.
Le 31, le ministre écrivait à Le Peletier :
« La réponse que je reçois de MM. du Bureau de la Ville, au sujet de votre bibliothèque, m'annonce que les circonstances ne sont pas favorables pour accepter votre offre. On m'ajoute qu'au surplus, avant de prendre une délibération, il serait indispensable, aux termes du Règlement de 1783, d'assembler le Conseil particulier de la Ville. J'attendrai que vous vouliez bien me faire part de vos décisions pour répondre au Bureau ^ »
Cette réclamation et cette offre n'avaient pas abouti avant l'installation de l'Assemblée générale des électeurs à l'Hôtel-de-Ville. Aussitôt après la prise de la Bastille, Le Peletier disparut, émigra, épouvanté du massacre de son successeur Flesselles.
Éthis de Corny n'attendit pas l'exécution des décrets de la Constituante abolissant la vénalité des charges pour abandonner son office de procureur du Roi et de la Ville. Conformément à ce qu'il avait écrit dans son réquisitoire du 23 janvier-, que « s'il le fallait pour un meilleur ordre des choses, il remettrait le pouvoir en des mains plus capables », au choix de ses concitoyens, après avoir joué le rôle le plus patriotique dans la journée du lï juillet^ il se mit entièrement à la disposition de l'Assemblée générale des électeurs. Pour éviter toute difficulté à la reconstitution élective d'une municipalité parisienne, il déposa « en tripUcata, une procuration ad resignandum en blanc de ses charges en faveur de celui qui serait choisi par la Commune ou ses représentants ». Le 18 et le 26 juillet, il adressait à l'Assemblée des électeurs et aux soixante districts sa « résignation » motivée et, la réitérant dans les formes juridiques le 31 août, il terminait en ces termes une longue lettre à Bailly, maire de Paris :