Archives nationales, Y 11033. (En triple ex;)édition
sommes transporté à l'Hôtel-Dieu de celte Tille, où, ayant été introduit dans la salle Saint-Paul, à l'effet : 1" de constater l'état des blessures de divers particuliers qui se sont trouvés dans l'émeute qui a eu lieu aujourd'hui dans le faubourg Saint-Antoine de cette Ville, et T de procéder à l'interrogatoire de chacun desdits particuliers. « Nous y avons procédé ainsi qu'il suit :
SALLE SAINT-PAUL 1. — Lit 141. — (Mort.)
« Premièrement, ayant été conduit près d'un lit étant dans ladite salle, n" Ul, nous avons trouvé dans ce lit un particulier, ayant une blessure à la poitrine. L'ayant fait visiter en notre présence parle sieur Louis-Mathieu Levacher, chirurgien à l'Hôtel-Dieu, il nous a fait le rapport que cette blessure a offensé les muscles du grand pectoral, qu'elle parait occasionnée par l'effet d'une balle de fusil et qu'elle s'étend sur les côtes jusque sur le côté droit, et a ledit sieur Levacher signé avec nous.
« Nous avons ensuite procédé à l'interrogatoire dudit particulier ainsi qu'il suit :
« Premièrement, lui avons fait prêter serment de dire et répondre vérité, et nous sommes enquis de ses noms, surnoms, âge, qualité et demeure, et, après avoir prêté ledit serment, a répondu qu'il se nomme André, Gabriel, qu'il est carrier à Valenton, près Paris, où il demeure ordinairement, et qu'il est âgé de vingt-neuf ans.
« Interrogé qui a occasionné la blessure,
« A répondu que cejourd'hui, sur les trois ou quatre heures de l'après-midi, passant dans la rue de Montreuil, où il y avait beaucoup du monde de rassemblé, il s'y est arrêté environ un quart d'heure, et que, comme il allait se retirer, il a été frappé à la poitrine d'une balle de fusil.
« Interrogé sur ce qu'il a fait pendant le temps qu'il est resté rue de Montreuil,
« A répondu qu'il n'est resté que parce qu'il ne pouvait passer.
« Interrogé à quelle heure il est arrivé à Paris et ce qu'il y venait faire,
« A répondu qu'il y est arrivé sur les trois heures et demie et qu'il venait pour chercher de la graisse et une layette pour l'enfant de sa femme prête d'accoucher.
« Interrogé s'il a reconnu quelqu'un de ceux qui occasionnaient le tumulte dans la rue de Montreuil,
« A répondu que non, mais que ce sont les gardes françaises qui ont tiré sur lui.
« Interrogé s'il sait les causes de ce tumulte, « A répondu que non.
a Lecture faite audit Gabriel de toutes les demandes et réponses ci-dessus, a dit ces dites réponses entière vérité, y a persisté et déclaré ne pouvoir signer à cause de son état de faiblesse.
« Signé : d'une part, le chirurgien consulté, Le Vacher. tt D'autre part, le commissaire, Beauvallet ».