Lit D
« Amputation des deux derniers doigts de la main droite, faite par Michel Cerveau, chirurgien interne, qui avait constaté que la seconde et la troisième phalange des doigts auriculaire et annulaire avaient été brisées en éclats.
« Pierre-Augustin Fougue, garçon cordonnier, demeurant rue de Cote, faubourg Saint-Antoine, paroisse Sainte-Marguerite; vingt-neuf ans.
« Il est sorti de chez lui sur les trois heures de l'après-midi pour aller porter au sieur Perillat, cordonnier, rue du Faubourg-Saint-
Antoine, près celle de Charonne, « Aux armes de France », deux paires desouliers qu'il avaitfaites pour lui;aété arrêté parbeaucoup d'hommes qui l'ont forcé de les suivre ; lorsqu'ils ont été arrivés près de l'Abbaye Saint-Antoine, les gardes françaises ont fait feu, et il s'est trouvé blessé au même instant.
« Il ne connaît aucun de ceux qui l'ont obligé de les suivre, mais ils étaient tous armés de bûches et de bâtons. Sans annoncer leur objet en l'entraînant, ils lui ont seulement dit : Marche! marche!
« Depuis l'assemblée du district de Sainte-Marguerite, il a ouï dire, par plusieurs personnes qu'il ne connaît point, que le sieur Réveillon avait dit qu'un ouvrier qui avait femme et enfants pouvait vivre avec quinze sous, et qu'on voulait mettre tout à feu et à sang chez lui.
« A signé. ))