Lit
« Fracture compliquée de la partie inférieure du bras gauche qui a nécessité l'amputation ; constatée par le chirurgien Plaignand.
« Jean Bonclou, savetier, demeurant chez le sieur Bertoux (Lazare), paroisse Saint-Laurent; vingt-huit ans.
« Vers les midi, une heure, le nommé Blondin, demeurant rue Saint-Pierre-Pont-aux- Choux, chez un logeur, est venu l'engager à aller au faubourg Saint-Antoine; ils y ont été jusque devant la maison du sieur Réveillon, où ils sont restés jusqu'à environ sept heures à regarder différentes personnes qui jetaient les meubles du sieur Réveillon par les fenêtres et ensuite dans le feu; vers sept heures, les gardes françaises étant arrivés, ils ont fait feu de toutes parts, et il a reçu une balle dans la partie inférieure du bras gauche.
« A répondu que les personnes à la tête de l'émeute avaient formé le projet de piller la maison du commissaire Lerat parce qu'il avait mal parlé dans l'assemblée de Sainte-Marguerite.
(( Interrogé s'il sait les noms des personnes qui ont fait le pillage et qui ont formé le projet de le continuer chez M. le commissaire Lerat, a répondu qu'il en connaît quelques-uns, mais de vue seulement, qu'il ignore leurs noms et leurs demeures.
« Il n'a fait que regarder.
(( Il a ouï dire (comme cause de l'émeute) que c'est parce que le sieur Réveillon avait dit à l'assemblée de Sainte-Marguerite qu'un ouvrier pouvait vivre avec quinze sols.
« Interrogé pourquoi ils avaient formé le projet d'aller piller la maison de M. Lerat, a répondu que c'était parce qu'il avait parlé comme les autres.
« Ne sait signer. »
SALLE SAINT-PAUL 18. — Lit 179.
« Blessures à la tête, sur le pariétal droit et à la partie supérieure du bras droit occasionnées par arme tranchante, constatées par le chirurgien Boulet.
« Jean-Charles Oranger, compagnon maçon, demeurant rue de la Madeleine de la Ville-l'Évêque, maison du sieur Leclerc, logeur; vingt ans.
« Il est arrivé au faubourg Saint-Antoine près le boulevard, vers les cinq heures du soir, est resté dans cette place jusque vers huit heures du soir; il s'en est ensuite revenu par le boulevard jusqu'à la Vieille-Rue-du-Temple, où la garde de Paris faisait des eflorts pour empêcher plusieurs malfaiteurs d'enfoncer des portes ; ces malfaiteurs ayant refusé d'obéir à la garde, les cavaliers se sont déterminés à sabrer
tous ceux qui se trouvaient sur la place; comme il était du nombre des regardants, il a reçu un coup de sabre.
« En allant au faubourg Saint-Antoine son but était de voir la révolte; arrivé près le boulevard de la Porte-Saint-Antoine, il a vu plusieurs cadavres portés à la Morgue, ce qui l'a empêché de pénétrer plus avant dans le faubourg.
« Il ne connaît pas ceux qui ont résisté à la garde et commis le désordre.
« Il n'a pas d'ouvrage depuis samedi.
« A signé. »