ET DES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES
Tout était arrangé au Châtelet, et rien encore n'était décidé à la Ville. De Lessart avait fait discuter par le Comité des Conseillers d'État les divers projets présentés; mais ses conclusions, transmises par Laurent de Villedcuil au Bureau de la Ville, y avaient été repoussées le 7 avril.
Necker prend l'affaire en mains et tient chez lui, le 12, une conférence entre les commissaires royaux et les délégués de l'Hôtel de Ville \ qui étaient le Procureur du Roi et unÉchevin.
Le lendemain, le Prévôt des Marchands écrit au Secrétaire d'État, Ministre de la Maison du Roi et du Département de Paris2 :
« Monsieur,
« Le Bureau s'est assemblé aujourd'hui extraordinairement, comme vous l'avez paru désirer; M. de Corny et M. Buffault m'ont rendu compte de la conférence qui a eu lieu hier chez M. le Directeur général, où l'on a discuté plusieurs des articles qui doivent composer le Règlement relatif à la forme de convocation qui, aux termes de celui du 28 mars, doit être approuvé par le Roi. M. de Corny a observé avec raison que le Corps de Ville ne pouvoit s'occuper d'aucune disposition qu'après que le Règlement projeté auroit eu l'approbation de Sa Majesté et qu'il lui auroit été légalement adressé.
« Je suis, avec respect, votre très humble et très obéissant serviteur.
« Le Peletier. »
1. Suivant les minutes du carton 61 de la série BA. Le procès-verbal de cette conférence n'a pas été dressé.
2. C'est la dernière lettre signée Le Peletier, qui se trouve dans le carton 61 de la série BA.
Ce môme jour, plus tard, arrive à Laurent de Villedeuil ce billet du rapporteur du Comité ' :
« Monsieur,
« L'objet de l'Assemblée que je vous avois prié, au nom de MM. les Commissaires, de convoquer à l'Hôtel de Ville pour aujourd'hui, c'étoit la communication du Règlement, que l'on croyoit devoir être arrêté hier et qu'on se proposoit de vous remettre sur-le-champ. Vous êtes probablement instruit que tout cela a éprouvé quelque changement et quelque retard.
« Mais enfin tout est fini. Messieurs de l'Hôtel de Ville et Messieurs
du Châtelet se sont vus, et il me semble même entendus hier le
soir chez M. le Directeur général, et vous devez maintenant avoir reçu
le Règlement auquel il a mis ce matin la dernière main, et qu'il a eu
l'honneur de vous adresser en partant pour Versailles...
« Je suis avec respect, etc.
« De Lessart. »
Dans la journée, l'organisation des Assemblées électorales du Tiers-État est arrêtée en soixante districts, présidés par les Quartiniers et, à leur défaut, par des Conseillers de Ville et même des Notables de quartier.
Le soir, Necker transmet à Villedeuil le Règlement interprétatif, signé par le Roi, avec « prière d'en ordonner le plus promptement possible deux expéditions en forme, l'un pour le Prévôt de Paris, l'autre pour les Prévôt des Marchands et Échevins 2. »
Il ajoute :
« Il me paroît indispensable que vous ayez la bonté de faire passer cette dernière à l'Hôtel de Ville, demain mardi, dans la journée, attendu qu'il doit être assemblé mercredi matin pour s'occuper de toutes les dispositions prescrites par le Règlement. De mon côté, je vais presser l'impression, de sorte que rien ne ralentisse la marche des opérations.
« J'ai l'honneur d'être avec un parfait attachement, monsieur, votre
très humble et très obéissant serviteur.
« Necker. »
Le 16, le Procureur du Roi au Châtelet peut annoncer au Directeur général des finances qu'il a fait rendre « la veille par le Châtelet,