DERNIÈRE DÉMARCHE DU PRÉVÔT DE PARIS
sailles; tous les Députés des mêmes Bailliages, Sénéchaussées ou Pays, arrivés à Versailles, seront inscrits ensemble sur la môme note, qui sera signée de l'un d'eux ; il en sera formé une liste générale qui sera mise immédiatement sous les yeux de Sa Majesté ; et le Grand Maître des cérémonies de France leur fera connoître le jour et l'heure auxquels ils seront présentés au Roi. »
Le Prévôt de Paris, victorieux jusqu'au bout de sa campagne contre la Ville, essaya, sans y réussir, d'abuser de sa victoire1.
Après avoir présidé, non pas en vertu de son privilège de Prévôt, qu'il défendit d'ailleurs avec assez de mollesse1, mais grâce à l'élection libre, que daignèrent lui conférer complaisamment les Gentilshommes de l'Assemblée du premier Département; puis, après avoir ouvert, de par le droit de sa charge, les Assemblées générales des Trois Ordres et de Paris hors les murs et de Paris entre les murs, et, à la fin de ces mêmes Assemblées générales, reçu le serment des Représentants élus, le marquis de Boulainvillers s'aperçut qu'on avait omis de le nommer lui-même député, et s'avisa de revendiquer, d'après des traditions qu'il prétendait anciennes, son droit de présence aux États généraux.
AU GARDE DES SCEAUX
« Monseigneur,
« J'ai l'honneur de vous joindre ici la petite note que vous m'avés permis de vous adresser et sur laquelle j'attendrai vos ordres. Je crois devoir réclamer les droits de ma place ; mais ce ne peut être jamais qu'autant qu'ils seront incontestables; je serois fâché de pouvoir être soupçonné d'élever jamais de mauvaise difficulté et me soumettrai toujours à ce qui sera décidé, bien persuadé que l'on ne voudroit pas diminuer les droits de ma place qui ne peuvent offusquer personne. Vous me permettrez seulement, Monseigneur, de vous observer que, d'après les notes que j'ai l'honneur de vous envoyer, les apparences au moins sont pour ma demande.
« Je suis avec respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur,
« Le Marquis de Boulainvillers. »
1. Comme le prouvent les deux lettres suivantes comprises parmi les actes officiels delà convocation, Bill, 101*, f0> 980-984.
2. Voir, au tome II, les Procès-verbaux du premier Département, et les Protestations du Lieutenant civil, du Procureur du Roi au Chàtelet et du Greffier en chef.