‹ Les élections municipales a PompéiiChapitre 1 sur 54 · LES · texte numérisé non relu

LES

ÉLECTIONS MUIMCIPALES

Le touriste qui se promène dans les rues, généralement droites et peu larges, de l'ancienne ville de Pompéi (1), se relevant depuis un siècle des cendres sous lesquelles^ en l'an 79 de notre ère, elle avait été ensevelie par la célèbre et terrible éruption du Vésuve, remarquera sur les murs et les piliers, entre les portes et les fenêtres des maisons, des inscriptions latines, tracées au pinceau à hauteur d'homme. Les lettres sont fines et effilées, leur longueur varie de 5 à 30 centimètres. Elles sont peintes d'ordinaire au minium, sur la couche de chaux ou sur le stuc blanc, dont les pierres de tuf des maisons sont recouvertes : parfois, pour donner du relief à l'inscription, le stuc revêt la forme d^une tablette carrée. Dans les rues principales, peu de n^rs, peu de piliers en étaient dépourvus; mais, dans le» premiers temps des fouilles, les morceaux de stuc contenant des inscriptions furent découpés et transportés au Musée de Naples; actuellement, on les laisse en place. Ces inscriptions sont toutes, ou presque toutes, des réclames électorales.

(1> VojesL sur Pompei D** H. Nissen» Pompéi^ Berlin, 1867; G» Fioreili) ihêtrnkme di Pompei, Naptes, 1875; J. Overbeek, Pompei, Leipzig, ISS4 (4* éd.)* — Un catalogue spécial de toutes les publications relatives à Pompéi a été composé par Furcbheim, Bibliolheca Pompeiana, Naples,

Dans le magnifique recueil des Inscriptions latines, publié par les soins de TAcadémie de Berlin, un volume est consacré aux inscriptions de Pompéi, peintes ou tracées au stylet, ce qu*on appelle communément les graffiti. Ce volume a paru en 1871 et ne contient donc que les inscriptions de la partie de la ville qui était déblayée à celte époque, un bon tiers. On y lit environ 1,450 inscriptions peintes, et, sur ce nombre, il n'y en a pas 100 qui ne soient des recommandations électorales. Celles-ci ne se rapportaient pas toutes, il est vrri, à la dernière lutte électorale. Il y en a même une centaine qui se distinguent des autres par des lettres plus grasses, par des ligatures plus compliquées, et, à en juger d'après le caractère archaïque de la latinité et les noms des candidats recommandés, on les fait remonter à Tépoque d'Auguste et au delà (1). Mais aussi se trouvent-elles pour la plupart sur les pierres de tuf elles-mêmes, et elles ne sont devenues visibles que par suite de la chute des couches de siuc qui les recouvraient. Elles datent par conséquent du temps qui a précédé immédiatement l'introduction du revêtement des murs par le stuc; et si, d'une part, elles fournissent le moyen de déterminer approximativement cette époque, d'autre part, elles sont la preuve manifeste que les recommandations électorales étaient, à Pompéi, une ancienne coutume. C'était le mode de publicité de ces leuips-là (2).

(1) Voyez Znngemeister, dans le G. I , IV, pp. 1 à 7, el les addenda.

(2) On reucontre bieo chez les anciens quelques allusions à celte coutume, réunies par Zangemeisler, préf., pp \ , 10, et ad n« 1808 (ajoutez-y C. I , V, n" AM^\ mais sans le déblaiement de Pompéi on ne se serait jamais douté que cette coutume fût d'une application aussi générale.

Sans (loule il existait en ce siècle un journal officiel à Ronie; mais il n*y avait pas dans les petites villes de ritalie de publications périodiques pour notifier et rtcommander les candidatures locales L'imprimerie ne permettait pas, comme de nos jours, de distribuer par milliers des manifestes aux électeurs, ou d'orner les murs de placards multicolores. Mais aussi les réclames électorales des habitants de Pompéi n'étaient pas exposées à être lacérées par des mains malveillantes, ni à être recouvertes aussitôt d'autres affiches, ni même à subir, comme le papier, l'action de toutes les intempéries de l'air. L'électeur veillait sur l'inscription qu'il avait fait peindre à côté de sa porte; et alors même que Téleclion était terminée, il tenait à honneur de conserver à tous les regards le souvenir du patronage qu'il avait accordé, aussi longtemps que de nouvelles recommandations ne réclamaient point une partie du mur ou du pilier dont il disposait. Alors, recouvrant la pierre blanchie d'une nouvelle couche de chaux, ou le stuc d'une nouvelle couche de stuc, il trouvait une nouvelle place pour rinscriplion; et c'est ainsi qu'en différents endroits, à travers les couches de blanchissage ou sur les couches superposées de stuc, on a lu les recomu)andations successives de diverses années. Les voisins spécialement aimaient à conserver intactes les recommandations qu'ils avaient données à des candidats de leur quartier, et en bien des endroits ces inscriptions sont un moyen presque certain pour découvrir les demeures des grandes familles de Pompéi.

Voilà ce qui explique le nombre considérable d'inscriptions électorales qui recouvrent les murs des maisons. En décomptant les anciennes, dont nous avons parlé, elles sont encore, pour la partie actuellement déblayée et qui

D'est que la petite moitié de la ville(l), de 1,300 à 1,400, réparties entrp 116 candidatures (2). Celles-ci sont toutes ou presque toutes postérieures à ce terrible tremblement de terre de Tan 63 après Jésus-Christ, qui détruisit une grande partie de la ville de Pompéi (3).

On voit quel fouillis de candidatures bariolait les murs de la ville. Le bourgeois qui circulait sur les trottoirs des rues étroites de Pompéi ne pouvait promener les yeux sans rencontrer les noms des personnages qui depuis dix, quinze années avaient brigué les fonctions publiques, et qui, après avoir réussi, n'avaient pas seulement géré pendant une année la magistrature à laquelle ils avaient été élus, mais, en outre, étaient devenus décurions ou conseillers communaux à vie. Car le conseil communal, qui se composait de cent membres, se complétait avant tout par les magistrats municipaux sortant de fonctions (4). Parmi les décurions de Pompéi il y en avait peu dont le nom n'eût été lu et relu pendant des années sur les affiches électorales. Inutile d'ajouter que tous les habitants devaient connaître leurs noms par cœur. Pense-t-on que cette publicité de tous les jours et qui se continuait pendant des années ne fût point de nature à donner du relief, et j'oserais dire de la popularité aux grandes familles municipales?

Mais, parmi cette centaine de candidats dont les noms se disputaient les murs, comment l'électeur reconnaissait-

(1 ) Voyez le plan chez Fiorelli, Descriz.

(2) Voyez Éclaircissements, § 3.

(3) Voyez Éclaircissements, § 4.

(4) Voyez mon Droit public romain, 5« éd., p. 536, Louvain ÎS83.

(7) il les derniers venus, ceux qui lui étaient recommandés pour les prochaines élections?

L'éclat de la fraîche peinture faisait sans aucun doute ressortir les candidatures du moment au milieu des anciennes inscriptions dont la couleur s'était ternie sous l'action de l'air et de la lumière. Mais pour nous qui les lisons après un intervalle de dix-huit siècles, il n'est pas aussi aisé de reconnaître dans le nombre des candidats les noms de ceux qui se sont disputé l'honneur d'administrer la ville pendant la terrible année qui devait l'engloutir.

Pompéi, comme les colonies et les municipesde l'Empire, jouissait de l'autonomie communale. Mais, tandis que la plupart des communes étaient administrées par trois collèges de magistralures(l), dont chacun se composait de deux titulaires, à Pompéi il n'y en avait que deux : les deux duumvirs juri dicundOy que l'on pourrait appeler les bourgmestres ou les maires de la commune, exerçant de plus la juridiction qui n'était pas réservée au pouvoir central, et les deux édiles [aed. v. a. s. p. p.), que nous pourrions qualifier à Pompéi d'échevins de la voirie et des travaux publics (2). La garde du trésor communal, qui ailleurs était confiée à deux questeurs, semble à Pompéi avoir appartenu aux duumvirs (5). Les fonctions municipales étaient annuelles et électives. L'électorat appartenait à tous les bourgeois majeurs. Cependant, bien que les

(!) Voyez sur les magislratures municipales mon Droit public romain, pp. 541 et suiv.

(â) Sur l'identité des édiles ordinaires et des aed. v. a. s. p. p., voyez Éclaircissements, § 7.

(3) Comparez Tinscriplion n» 163 dans VEph. epigr., I, p. ^â. — ' Mommsen, ad G. I , X, p. 93.

(8) éleetions se fissent au suffrage universel (i), elles ne se décidaient pas par la majorité des votants.

L*unité électorale n'était pas le vote individuel de chaque électeur, mais le résultat de chaque bureau électoral, appelé tribu ou curie, lesquelles tribus ou curies correspondaient probablement à des divisions territoriales de la cité (S). Étaient donc proclamés élus les candidats qui réunissaient la majorité relative des voix (3) dans la majo> rite absolue du nombre des bureaux électoraux (4). Mais tout électeur n'était pas éligible. L'éligibilité requérait, outre d'autres conditions d'âge et d'honorabilité, principalement la possession d'un cens ou d'une fortune déterminée (5).

Les fonctions municipales étaient annuelles. Elles commençaient le 1" juillet pour tinir le l*" juillet de l'année suivante. Les élections avaient lieu environ trois mois auparavant : dans le courant du mois de mars (6).

Pompéi fut ensevelie sous les laves du Vésuve les 23, S4 août 79. Les deux duumvirs et les deux édiles de la

(1) Voyez ÉclaircissemenU, § 1.

(2) Voyez ÉclaircissemeDls, § 3.

(5) hex Malac, c. 56 : « h qui ea comilia habebity uti quisque curiœ cuiius plura quam alii su/fragia habuerity ita priorem ceteris eum pro ea caria factura crealumque esse renuntiato, donec is numerus, ad quem creari oportebit^ expletus siL »

(i) Len Malac, c. 57 : c Qui comilia h{ac) l(ege) habebit, ...^ uti quisquê prior majore m partem numeri curiarum confecerit, eum .»..» factum crealumque renuntialOt donec toi magistralus sint quod h{ac) l{ege) creari oporlebil. • Il résulte de ceci que Tordre suivi dans la proclamaiion des résultats des diverses curies ou tribus peut influer considérablement sur le résultat général. Cet ordre, à chaque élection, est tiré au sort immédiatement avant la proclamation. Lex Maiac, ib.

(5) Voyez mon Droit public romain, p. 556.

(6) Mommsen,adC I.,X,pp.90-91.

dernière année, qui venaient d'entrer en charge le l'*" juillet, avaient été élus au mois de mars. Une étude minutieuse et comparée des recommandations électorales nous a conduite la conclusion que Tédilité avait été briguée en cette année par six candidats, et le duumvirat par quatre (1 ). Ces dix candidats ne réunissent pas moins de cinq cent quatre-vingt-dix recommandations dans les rues déblayées jusqu'à ce moment (2). Admettant les mêmes proportions de nombre pour la partie encore ensevelie, nous arrivons à un chiffre minimum de quinze cents recommandations.

Dix candidats pour quatre places, 1,500 affiches électorales, dans ijine ville de rang inférieur, dont les remparts ont une circonférence de 2 kilomètres et demi (3) et dont la population totale, libre et servile, est évaluée aux deux chiffres extrêmes de 12,000 ou de 30,000 habitants(4), ne sont-ce pas des indices d'une lutte vive, ardente, d'élections plus chaudement dispulées que ne le sont les élections communales dans nos villes de province, surtout si l'on se rappelle que les fonctions étaient annuelles et que chaque année ramenait des élections nouvelles?

C'est le caractère de cette lutte que je me suis proposé de rechercher, en exposant l'histoire des élections municipales qui eurent lieu à.Pompéi, daus les premiers mois de l'année 79 après Jésus-Christ.

Les lois qui réglaient les élections municipales prescrivaient, comme le veulent nos lois électorales coordonnées, la présentation officielle des candidatures : professio. Elle

(1) Voyez Éclaircissements, § 5.

(2) Voyez les tableaux aux Éclaircissements, § S.

(3) Nissen, Pompéi^p. 13.

(4) 12000, Fiorelli, p. 25, 30000, Nissen, p. 16-17.

^ 10 ) devait se faire auprès du président des comices, qui était le plus âgé des duumvirs, endéans le délai fixé (intra praestitutum diem), quelque temps avant le jour de l'élection (1). Se port(T officiellement candidat, si Ton n'a quelque espoir de réussir, ne sourit point aux candidats de nos jours, et ne souriait pas davantage aux candidats à Pompéi. Actuellement ce sont les associations électorales qui arrêtent et présentent les candidatures : Téchec atteint moins le candidat que l'association qui Ta présenté. A Pompéi, des sociétés électorales n'exisiaient point, ou du moins on n'en découvre pas sur les affiches. Qui donc stimulait la confiance des futurs candidats? Qui leur donnait le courage nécessaire pour faire le pas décisif de la déclaration de leur candidature?

L'initiative est prise généralement par les voisins, par les habitants du quartier.

Le plan de Pompéi forme un ovale. Deux rues parallèles qui vont du Nord au Sud, coupées par deux rues parallèles qui se dirigent de l'Ouest à l'Est, divisent la ville en neuf sections : chaque section, à son tour, est fractionnée par des rues plus étroites, parfois tortueuses, en un nombre plus ou moins considérable de carrés plus ou moins réguliers, dont le centre est occupé par un, deux, trois hôtels, demeures drs familles opulentes, et les côtés extérieurs, donnant sur les rues, par des auberges, tavernes, ateliers, etc. (2). Quand on vient de l'Ouest, la première rue qui va du Nord au Sud s'appelle communément rue de Stabie. La partie située à l'ouest de cette rue est à peu près entièrement déblayée. A l'est de la rue de Stabie, on a mis à découvert dans les quinze dernières années les

(1) Lex Malac, c. 51.

(2) Voyez le plan chez Fiorelli.

carrés immédialeinenl uvoisinanls. Dans un de ces carrés demeurait M. Casellius Marcellus (1). Il appartenait à une famille vraiment pompéienne. Car, quelque répandus que soient les noms genlilices romains, on n'a découvert jusqu'ici, hors de Pompéi, qu'un seul Casellius. Il est allé mourir à Nîmes, en Gaule, mais précisément son monument funéraire dit qu'il était de Pompéi (2). Cependant la famille de Casellius ne s'était élevée que récemment audessus de la classe populaire ou plébéienne.

Les fastes de Pompéi ne mentionnent aucun magistrat de son nom; et les inscriptions électorales conservent seulement le souvenir d'un Casellius Marcellus qui avait brigué l'édililé peu d'années auparavant, peut-être en 70 après Jésus-Chrisl (3). Casellius ne devait-il pas l'élévation de son rang social à sa famille maternelle? Le nom de famille ou le vognonun Marcellus lui était commun avec plusieurs familles influentes de Pompéi (4), et à cette

(1) ▲ la maison n» 18, chez Fiorelli, p. 385, se trouve, à droile de l'entrée, le programme : P. Paquium Proculum II tnr. t. d. Marcellus rog, Eph, fp., I, p. 51, n» 158. — C'est dans les environs que doit s*êlre trouvé rbôtel de Marcellus.

(2) Grul., p. 585, b (= Herzog, Gall. Narb., n» 121) : u C, Casseli VoL Pompeiani » Zangemeister, ad C. 1., IV, n"2552.

(3) Voyez Éciaircissemenls, § 3 (candidat n« 36), et § 6.

(4) On rencontre M. Pomponius Marcellus, duumvir en 1-2 après Jésus- Christ (C. I., X, n«* 884, S91 ; dans les tab. cer , n» 59, il y a encore un témoin du nom de P. Pomponius Marcellus); des Vesonii Marcelli, (Éclaircissements, § 3. n*> 113), un duûmvir M. Cantrius Marcellus (C. I.,X, D<> 857 d) — et parmi les vendeurs mentionnés dans les lab. cer^ un M. Airius Marcellus (n» 31). — D'une Gasellia descendait, sans doute, le témoin C. Cornélius Casellius, mentionné dans les tab. cer. n» 82. C*est à tort, croyons-nous, que de Petra le nomme C. Cornélius Casellas. — Les tabulae ceratae sont mentionnées d'après l'édition de de Petra dans les Atti delta reale Acad, dei Lincei, série II, vol. ill, part 3*. Rome, 1876, pp. 176et suiv.

( i2) époque le cognomenéisth bien souveol Tindice de Tascendance maternelle (i). Toujours est-il que Casellius était assez fortuné pour briguer les fonctions publiques, et qu'il était bien vn de ses voisins, des habitants du quartier. Car, aux deux coins d*une des rues du carré, ils firenl peindre l'affiche :

Casellium Marcellum

ÀED(ILEM) ROG(ANT) VICINl

c Les voisins demandent la candidature à Tédilité de Casellius Marcellus > (2).

Ils ne se contentent pas de cette demande collective. La plupart des voisins la répètent sur les murs de leurs maisons. Aux environs du même carré, nous ne lisons pas moins de 18 demandes (3). Les noms de ceux qui occupaient les maisons et qui demandaient la candidature étaient connus du public : aussi généralement ne se nommenl*ils pas. A Tangle sud-est du carré qui avoisine au Nord le carré précédent, demeurait un boulanger, T. Geniaiis. Il exploitait une boulangerie assez importante. La bigarrure des affiches qui ornent le mur dont sa boutique est précédée indique bien qu'il louait des places aux amateurs de recommandations. Un certain Pyramus, qui

(1) Voyez Rclaircissemenls, § 8.

(2) C I., IV, n» 3258. La seconde, n» 5286, porte:

Casellium aed.

vicimi rogant.

(5) Dans la conliuualion de la via Augustalium, G. I., IV, n*« 5265, 5266, 3280, 3284, 3289, 3291, 329i, — dans la continualion du vico di Tesmo, Eph. ep , I, n" 155, !60, 164, — dans le vico di Balbo, C. I., IV, n" 935, — dans la partie de la rue de Siabie qui touche au carré, G. t., IV, n** 856, 862,874,882,892,902,925.

( i3 ) avait déjà deinandé la candidature de Casellius dans le vico di Tcsmo (1), s'associe à d'autres pour Taire peindre une seconde demande sur le mur du boulanger (2) :

M. C. M. AED.

Pyramus Olympïonica Calvos rog.

Des dames mêmes se sont cotisées pour louer une place de ce mur ; mais, du moment qu'elles s'imposaient la dépense d'une inscription, elles trouvèrent que, puisqu'il y avait deux places d'édiles, elles avaient bien le droit de désigner deux candidats. Elles ajoutèrent donc à Casellius L. Albucius Ceisus. Et quand les dames se mêlent de patronner des candidats, elles s'y mettent, on le sait, de tout cœur :

M. Casellium et L. Albucium

Statia et Petronia rog.

Talés cives in colonia in perpetuo

€ Les candidatures de Casellius et d'Albucius sont demandées par Statia et Petronia. Puisse-t-il y avoir à perpétuité de tels citoyens dans la colonie. » (5)

Est-ce peut-être un commentaire' de cet éloge que cette inscription, non pas peinte, mais tracée au stylet, que nous trouvons sur le même mur c M. Casellium Marcellum aedilem bonum et munerarium magnum » c M. C. M., un bon édile et qui donnera des jeux magnifiques » (4)?

Nous n'avons pas l'honneur de connaître ces dames;

(1) Eph. epigr.y l, n^ «64.

(2) C. L, IV, n» 3291, à comparer avec Ëpk. «p., 1. 1., n« 151. (5) Cl., IV, n»320i.

(4) c. L, IV, n* 3338.

leurs noms, bien qu*iU ne soient pas inconnus à Pompéi, n'appartiennent pas à des ramilles de rang (1).

Nous les soupçonnons fort d'être des cabaretières ou des hôtelières, comme la plupart des dames qui se mêlaient à Pompéi de recommandations électorales. Elles avaient cependant un goût prononcé pour la politique; au moins l'une d'elles, Slatia. Déjà deux années auparavant elle avait accordé son patronage à des candidatures édiliciennes. Le même mur en conserve le souvenir (2).

L. Âlbucius Ceisus, le second candidat réclamé par Statia et Petronia, a également la préférence du propriétaire de la boulangerie :

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