L.C.C.D. V.FIER(I
(2) Voyez plus haut. p. 9.
Il en est de même des programmes des corporatioos, quand elles prennent l'initiative de la recommandation. Au contraire, lorsque d'autres bourgeois peignent dans les rues des appels aux corporations en faveur d'un candidat, ils ne disent jamais rogate, toujours facile (1).
Il semble donc que les programmes qui portent rogant sont chronologiquement antérieurs à ceux qui emploient faciunt. En conformité avec notre système, un bourgeois qui s'attribue l'honneur d'avoir le premier recommandé un candidat se sert de rogare, C. I., IV, n** 966 (2) :
M. HoLcoNiuM Priscum
AED. PRIMUS ROGAT PROCULU(s)
De même les femmes, puisqu'elles ne sont pas électeurs, demandent les candidatures : rogant (3). Elles ne donnent pas leurs voix. Le verbe facere ne se trouve que sur trois de leurs recommandations. Dans deux, les singuliers noms que se donnent celles qui promettent leurs voix font croire à des mystifications.
Ce sont le n'' 425 :
Claudium II V. Animula facit
où son cher petit cœur (qui ne se nomme pas) donne sa voix à Claudius, et le n** 457 :
fuscum aed.
Iphigenia facit
(1) Voyez p. 81.
(2) Certaines recommandations (C. I., IV, n" 170, 358, 953) portent primus rogat, sans autre nom. (I est probable qu'ici Primus est le nom de famille du rogator. Ce cognomen était en effet très répandu à Pompéi. Cf. C. I, IV, no 250. Bull. deW InsL, 1876, p. 22-23, C. I., X, n^ 826, 827, 841, 907, lab. cer. passim.
(3) Voyez les inscriptions, citées pp. 47-48.
L.'Iphigénie de Fuscus et TAnimula de Clandios étaient selon toute probabilité de la même espèce, d'autant plus qu'Iphigénie est dans un grand nombre de maisons te sujet d'une peinture murale.
La troisième recommandation est celle-ci (IV, n** 925) :
Cn. Helvium Sabinum aed.
ROG
Caprasia fac.
Cette inscription n'est conservée, au rapport de Zangemeister, que par les Acta et par Minervini. Or, ces deux sources ne s'accordent pas. La troisième ligne, par exemple, n'est donnée que par Minervini. Si le nom de Caprasia s'est réellement trouvé sur le programme, il faut le rattacher à rog{at) qui précède, et non à fac{ii), fac(Ué)'f, fac(iatisf!, qui suit.
Eu égard au court espace de temps qui séparait la professio de l'élection, on conçoit que la plupart des recommandations étaient peintes avant la pro fessio. C'est pourquoi le nombre de celles qui portent rogant est de beaucoup supérieur à celui des inscriptions qui ont faciunL
Le terme rogare est parfois remplacé par cupere, par exemple n® 1H :
Marcellum fortunata cupit
De même aux n°» 174, 179, 629 (add.), 720, 934.
Facere n'a point de synonymes, mais le présent est parfois remplacé, comme nous avons vu (p. S9), par le parfait.
§ 2. — Les sections électorales de Pompéi.
Les circoDscriptioDS électorales dans lesquelles étaient divisés les électeurs des municipes ou colonies s^appelaient tribus ou curies. La lex coloniae Juliae Genitivae^ qui accorda à la fin de la dictature de César une organisation communale à la ville d'Ossuna en Espagne, leur donne le nom de tribus (1); la loi de Malaga, celui de curiae^ et c'est la dénomination qui prévalut sous l'Empire (2). S'appelaient-elles à Pompéi ctiriae ou tribus? Nous ne le savons pas.
Quel est le principe sur lequel reposait la division de la cité en sections électorales?
Point important, puisque chaque section formait une unité électorale, mais sur lequel nous n'avons aucun renseignement certain. Les lois communales réglaient cette question; car le chapitre 52 de la loi de Malaga ordonne au président de faire voter aux comices « ea distributione curiarum de qua supra comprehensum est »; mais le chapitre qui en traitait ne se trouve pas parmi les fragments conservés.
Le nombre des sections électorales différait selon les cités. Les inscriptions en mentionnent tantôt 6 ou 7» tantôt dix, douze, vingt-trois, etc. (3) Le nombre dépendait sans doute de l'étendue de la cité et de l'importance de la population. Le principe fondamental de la division en sections était probablement local, de même que la division primitive des curies do Rome et des tribus romaines avait
(i) G. 101, dans VEphem. «p., II, 111, et Mommsen, f'6., p. 125.
(2) U2LTq\iSiTdi, Slaatsverwaltung, 1, 139-140.
(3) Marquardt, 1. 1.
reposé sur le principe local. Mais ce principe était-il, comme à Rome^ combiné avec le principe d'hérédité, de manière que le changement de domicile réel n'entraînait pas la sortie de la section électorale à laquelle on appartenait par hérédité? ou bien le domicile électoral suivait-il, dans les municipes, en tout état de cause, le domicile réel? C'est une question que dans l'état actuel des sources il est impossible de résoudre.
Fiorelli (Descr., 319-320) a cru reconnaître au sud-est du Forum, vis-à-vis du Portique de la Concorde, le local qui servait aux élections à Pompéi. C'est une place carrée assez grande pour contenir plusieurs centaines de personnes, qui a une entrée dans la via délia Fontana delP Abondanza et deux sorties sous le Portique du Forum. Dans le mur qui entoure la place, sont pratiquées six niches pour statues.
Si la conjecture de Fiorelli est fondée (1), ne pourrait-on conclure que les six niches étaient destinées aux divinités tutélaires des six sections électorales de Pompéi ?
Les noms de certaines de ces sections, nous croyons les retrouver dans des recommandations électorales faites par les forenseSf par les saliniense$ et par les campanienses.
L'affiche des forenses (C. L, IV, n« 783)
FORENSES ROG. (2)
se trouvait dans la strada di Olconio, c'est-à-dire dans la principale voie de communication entre le sud du Forum et la rue de Stabie. Les foreuses^ à notre avis, sont les membres de la section électorale du forum, c'est-à-dire du sud-ouest de la ville.
(1) Elle n'est pas admise par Overbeck, p. 136.
(2) Le nom du candidat patronné n'a pas été conservé.
(88) La recommandation des salinienses (IV, n* 128) :
M. Cerrimun AED. Salinienses rog.
se lisait dans la rue dite consulaire, c'est-à-dire dans la rue qui conduit à la porte de Herculaneum. Or, sur la route qui reliait Pompéi à Herculaneum, étaient situées des salinae qui sont mentionnées par Columella (X, 135} : Dulcis Pompeia palus vicina salinis herculeis.
Les salinienses ne sont pas les marchands de sel, ni les ouvriers des salines, ni les locataires de salines; ceux-là s*appellent salinatores ou salinarii (1). D'après le sufiSxe du mot, nous croyons que les salinienses sont les membres de la tribu ou curia saliniensis, qui correspondait à la partie nord-ouest de la cité (2).
Enfin, nous trouvons deux recommandations électorales des campanienses,Yune en faveur de M. Cerrinius Vatia(3), un des candidats à l'édilité de l'an 79, l'autre pour la candidature à l'édilité de M. Epidius Sabinus (4), qui datait environ de 74 après Jésus-Christ.
(1 ) Marquardt, Dos privatleben der Rômer, 452, n« 5.
(2) Dans un autre quartier, dans le vico storto, on trouve sur un mur gravée à la pointe rexclamation : Salinensibus féliciter t Vivent les Salinienses! » C. I., IV, n^ 161 i. Et à un tout autre endroit encore {AUiy m, 5, p. 443) : le graffito : Vil k. dec. Salinis in conventu mulla BS, — Il n'est pas sans intérêt de remarquer que Ton retrouve également dans un municipe de TAfrique (G. I., VU, n« 307) une curia Salinen8(ium),
(3) C. I., IV, n« 480. Voyez plus haut, p. 15, n« 3.
(4) C. I , IV, no 470 :
M. Epidium
SâBINUM AED.
Campànienses rog.
Peut-être est-ce encore aux Campànienses quMl faut attribuer une
Les deux afiSches étaient peintes dans la rue de Noie, la première non loin de la porte, la seconde plus vers le centre de la ville. Qui sont les campanienses? « Campa-nienses, dit Henzen (ad n"*"" 6974), ni fallor^ Campani vel cives Capuani sunt Pompeiorum incolae. » Nous savons, en effet, par loi de Malaga (c. 55) que les domiciliés ou les incolae votaient dans une section tirée au sort à chaque élection. Mais nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'eux dans les affiches des campanienses, d'abord parce que l'ingérence directe des étrangers dans la lutte électorale n'est pas probable, ni peut-être désirée par les candidats, en second lieu, parce qu'ils se seraient nommés Campani et non, ce semble, Campanienses. Ceux-ci, à notre avis, sont les membres de la tribu ou curia campaniensisy correspondant à la section nord-est de la ville, et qui aura reçu ce nom, parce que l'ancienne population osque aura été refoulée vers ce côté, quand elle dut céder une partie de la ville aux colons de Sulla (1).
Voilà, si nos conjectures sont fondées, trois sections retrouvées sur les six dont se serait composée la ville de Pompéi.
autre affiche qui se trouve également dans la rue de Noie, n^ 371 :
HOLCONIUM
II viR. Vettius Donatus et Campa(nienses?j
La copie de Zangemeister donne viiiivs Donatus et camia. . . 11 n'y a pas de doute que le premier nom gentilice ne soit, comme Zangemeister le lit, Vettius; car il y a dans les tab. cer., n" 4, 43, un témoin A. Vettius Donatus. Pour le dernier mot Zangemeister lit Campanus.
(1) Voyez p. 73.
§ 3. — Le nombre des candidatures conservées dans les inscriptions électorales plus récentes de Pompéi^ et le nombre des recommandations relatives à chacune d^eux»
Pour faire le relevé suivant, nous avons compulsé d'abord toutes les inscriptions recueillies dans le t. lY du Corpus Inscriptionum latinarum, ensuite les additions contenues dans VEphemeris epigraphica, I» 49-54 (1872), dans le Bulletino delV Instituto di Correspondenza archeO' logica, 1874, p. 267-269, 1876, p. 22-24, p. 54, p. 149, p. 233.234, 1877, p. 207, 1878, pp. 88, 109, 191, 1881, p. 32, 1884, pp. 110, 126, 188, dans le Giomale degli scavi di Pompei de Fiorelli, (1870) n'* 13, pp. 42-43, n* 14, p. 100, (1871) n* 15, p. 162-164, (1872) n« 18, p. 367, (1875) n*» 24, p. 97-99, et dans les Notizie degli scavi di antichita, publiées par Fiorelli dans les Atti délia reale Accademia dei Lincei, série II, v. 111, 3* partie (1876), p. 243-244, 259-260, série III, v. Il (1878), p. 734735, 741, Y. m (1879), p. 46, 163-165, 210-211, 238-240, V. V (1880), p. 46-48, 52, 344, 348, v. VI (1881), p. 67, V. X (1883), p. 398, 602.
Lorsque la candidature à Tédilité est seule mentionnée pour un nom, nous avons attribué également à cette candidature les recommandations dans lesquelles la mention de la magistrature est omise ou perdue. Il en est ainsi, par exemple, de Casellius Marcellus, Cerrinius Yatia, Popidius Secundus, Cuspius Pansa, Helvius Sabinus, etc. Quand le même citoyen a été candidat à Tédilité et au duumvirat, par exemple, Gavius Rufus, Popidius Rufus, Epidius Sabinus, nous avons rapporté à la candi-
dature la plus récente, c'est-à-dire à celle du duumvirat, les recommandations sans mention de magistratures. M. Holconius Priscus, candidat à Tédilité, est différent, croyons-nous, pour le motif à indiquer plus loin, § 6, de M. Holconius Priscus, candidat au duumvirat. Il en est de
. même de A. Vettius Caprasius Félix, candidat-édile, et de A. V. G. F., candidat-duumvir. Quant aux recomman-
' dations qui désignent le candidat à une magistrature par le seul cognomen, elles ont été, si ce cognomen est commun à plusieurs candidats, attribuées à celui dont la candidature est la plus récente d'après nos conclusions des §§ 5 et 6; par exemple, Celsus aed. (L. Albucius Celsus), Rufus II V. (Gavius Rufus), Secundus aed, (Popidius Secundus), Secundus II v. (Ceius Secundus). — Enfin, nous avons omis dans notre relevé les recommandations qui ne contiennent que le seul nom gentilice ou le seul cognomen du candidat, sans indication de magistrature, quand ces noms appartiennent à divers candidats : par exemple, Suettius, Sabinus, Secundus, Rufus. — Telles sont les règles que nous avons suivies pour établir nos statistiques, et auxquelles nous n'avons dérogé .que lorsque quelque motif spécial nous y engageait. Naturellement nos données ne prétendent et ne peuvent prétendre qu'à une exactitude relative. D'ailleurs, la différence d'une ou de deux unités est sans influence réelle sur les résultats généraux. Nous croyons inutile d'ajouter à chaque nom des tableaux qui suivent, la longue liste des n'*'' du Gorp. Inscr. ou des publications mentionnées plus haut, auxquels nos chiffres se rapportent. L'indication des rues sera un guide suflSsant pour les retrouver. Nous nous contenterons de fournir ces indications pour les noms dont il reste moins de 5 recommandations.
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M. Gasellius Marcellus (>) .
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M. Cerrinius Vatia (•) . .
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