‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 15 sur 92 · LE TEMPÉRAMENT ET LES TEMPÉRAMENTS · texte numérisé non relu

LE TEMPÉRAMENT ET LES TEMPÉRAMENTS

« L'homme, a-t-on écrit, est tout entier dans les langes de son berceau. » Parole décourageante et méconnaissance singulière de l'action que peuvent exercer sur les hommes, bien qu*à des degrés divers, ces deux forces très puissantes : l'éducation et la volonté. Mais vérité partielle, incontestable toutefois, car les hommes ne naissent pas également aptes à toutes choses, ou également indéterminés. Tout germe contient en soi une capacité de développement en un sens donné et dans des limites données. Gela est manifestement vrai tout d'abord au point de vue physique ou physiologique. Tout animal non seulement possède les organes et les formes organiques de l'espèce à laquelle il appartient, mais il les possède d'une façon qui lui est propre. A ne le considérer que dans sa forme extérieure, il a une certaine couleur des pigments, une certaine taille, un certain poids, une prédisposition à la maigreur ou à l'em-

2 LES ÉLKMRNTS DU CARACTÈRE

bonpoint, une physionomie. A aller plus au fond, à voir le jeu des organes, il a une puissance variable de vitalité, avec prédominance de tel ou tel système organique : d'un mot, il a un tempérament qui lui vient de la race, du sexe, de l'hérédité, du milieu, de mille causes entrecroisées, aussi réelles que mystérieuses.

Or, les relations unissant la vie mentale à la vie organique sont si étroites que, de tout temps, on a remarqué que la physionomie morale des individus semble correspondre à leur physionomie physique, qu' « à toute empreinte morale tranchée correspond une empreinte physique tranchée » *. Dès la plus haute antiquité les philosophes et surtout les médecins se sont efforcés de distinguer et de classer divers tempéraments, puis de rattacher aux particularités qu'ils leur attribuaient les traits essentiels des grandes classes de caractères que Tobservalion psychologique permettait de noter. Enfin, on a voulu voir dans le tempérament la base et la cause du caractère, « le caractère moral n'étant que la physionomie du tempérament physique » (Bichat), son expression consciente, sa face subjective. De telle sorte qu'il faudrait partir de Tétude du tempérament pour arriver à la détermination du caractère. Et parmi les physiologistes, ceux-là môme qui n'accordent guère de valeur à Tantique théorie des tempéraments, en concluent qu'on ne peut rien savoir du caractère. « Les particularités attribuées aux divers tempéraments que Ton a tenté de distinguer, écrit par exemple M. Ch. Féré, ne se sont jamais présentées sous forme de groupes assez naturels pour être unanimement acceptés par les physiciens. On ne peut donc pas s'attendre à trouver de meilleures classifications des caractères ^.))

Essayons donc de préciser cette notion de tempérament qui, après avoir été presque entièrement abandonnée,

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