‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 110 sur 368 · ISAAC ELZEVIER. CLXI · texte numérisé non relu

ISAAC ELZEVIER. CLXI

marine; il épousa en 1639 Adriana Bosman, fille d'un bourgmestre de Rotterdam, et eut deux enfants de ce mariage. C'est de l'un de ceux-ci que descend directement M. Rammelman Elsevier. Louis mourut à Rotterdam, en décembre 1640. Le musée de Tours conserve son portrait et celui de sa femme^'\

^') C'est à M. Anatole de Montaiglon que nous sommes redevables de ce renseignement. L*éminent critique d*art nous avait signalé, lors d'un voyage qu'il fit en Belgique en 1875, l'existence au Musée de Tours de deux portraits de famille des Elzevier. A notre prière M. de Montaiglon voulut bien se charger d'examiner ces deux peintures, et voici en quels termes il nous fit part du résultat de son enquête :

« Les deux portraits donnés comme ceux de Louis Elzevier et d'Adriana Bosman, sa femme, peints sur panneau (h. 0.72; 1. 0.60), font partie des tableaux récemment donnés au Musée de Tours par M. Emile de Tarade. On les attribue à Vander Helst dont ils ne sont pas, tout en étant bien hollandais, l'homme meilleur que la femme, bien conservés, et d'une peinture claire et blaireautée. L'homme est vêtu d'un justaucorps de buffle, sur lequel on voit un double ceinturon de cuir étroit et une écharpe rouge orangé. Comme armoiries : une croix de gueules à double pente, cantonnée aux x et 4 d'azur au lion d'or rampant, aux 2 et 3 d'azur à trois fleurs de lys d'argent.

c La femme, aussi en buste, et qui est bien le pendant, a pour armes sur le fond : d'argent à un chevron de gueules, accompagné en chef de deux fleurs de lys d'azur et en pointe d'un oiseau d'azur.

« Du reste aucun nom. Celui d'Elzevier vient évidemment de l'attribution de i'armoirie; sur ce point, c'est à vous de nous dire ce qu'il en faut penser; mais il peut vous être intéressant de savoir qu'il y a au Musée de Tours ces portraits avec ces deux armoiries. 1 L'attribution du catalogue de Tours est exacte. Les armoiries décrites en premier lieu sont bien celles des Elzevier; et pour ce qui est de l'autre portrait, M. Scheffer, l'archiviste de Rotterdam, à qui nous nous sommes adressé pour avoir les armes de Iman Hendriksz Bosman, père d'Adrienne, nous a envoyé un croquis en tout conforme à la description qu'on vient de lire.

Puisque nous sommes sur ce chapitre des armoiries, nous devons au lecteur quelques mots d'explication. La figure placée en tète de ce volume difl'ère de celle qu'on trouve dans Bérard et M. Pieters. Suivant cette dernière, les Elzevier porteraient : écartelê, au 1 et 4 de gueules au lion d*or, au 2 et 3 d'azur à trois lys d'argent. Nous ignorons où Bérard a pris ce modèle, qui ne concorde pas d'ailleurs avec la description qu'il donne dans son texte. Les véritables armoiries des Elzevier sont celles que nous reproduisons, d'après une série de documents d'une authenticité indiscutable, savoir : lo le portrait du Musée de Tours; 20 une tapisserie brodée en 171 1 par Jacquemine Taelman, épouse d'Isaac Elzevier; 3° un tableau armorié des échevins de Leyde; 4° l'ex-libris, daté 1740, d'Isaac Elzevier, échevin à Rotterdam; 5° un autre ex-libris, daté 1780, de Jean Jacob Elzevier, bourgmestre de Rotterdam.

JACOB ELZEVIER

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