CONCLUSION
Nous croyons bien avoir établi, peut-être même surabondamment, (jue le coq a été et est encore l'emblème par excellence du Peuple français.
Que pourra t-on opposer à un si grand nombre de documents présentés dans l'ordre même de l'histoire ? Rien, sinon des faits secondaires ou isolés dont l'importance sera artificiellement grossie par esprit d'opposition politique.
Le coq qui, autrefois, n'avait pas d'ennemis, fut employé couramment pour représenter la France, indépendamment de la Royauté, par Louis XIV, dont il est plaisant de voir discuter, surtout par des royalistes, la compétence en matière de symboles ; la même tradition reparut au temps de la Révolution française et sous le Consulat.
Louis-Philippe en hérita de la Révolution de 1830; enfin le coq fut réadopté, en même temps que le drapeau tricolore, par la République de 1848.
11 est donc absolument inexact de dire que le coq n'a jamais été que l'emblème de la Monarchie constitutionnelle, puisqu'on le retrouve sous tous les régimes indifféremment.
Le coq a été célébré de tout temps par les poètes et les artistes qu'anima l'amour de la France.
Ceci l'appelé, nous avons abordé l'étude de tous les emblèmes qui, à diverses époques, ont été utilisés officiellement en France. Que sont-ils auprès du coq? Des insignes dynastiques ou politiques qu'on ne pourrait tenter de ressusciter sans s'exposer à de violentes protestations.
Empruntant le mol célèbre de M. Thiers, nous pouvons dire que le coq est l'emblème qui nous divise le moins.
Et puisqu'il a été démontré que la France a besoin d'une figure symbolique qui la représente mieux que le H. F. des écussons actuels, pourquoi ne faire pas choix du coq? Le
projet, ci-contre montre que le côté décoratif, qui, dans cette question, ;i son importance, pourrait, sous un pinceau habile, fournir des armoiries capables de soutenir la comparaison avec celles des puissances étrangères.
Devons nous dire que la partie principale de l'armoirie esl renfermée dans l'écusson central, lequel resterai! d'azur, eou leur constante du blason national ; le coq s'y détacherait neiieineni en silhouette. Tout Français, tout étranger y recon naîtrai! la France, sans la moindre hésitation.
L'entourage indiquerait le régime et l'époque.
Et pour être d'accord avec les exigences de la science héraldique, nous blasonnerions ainsi les armoiries de la République Française :
D'azur au coq posé sur une terrasse et la patte dextre levée sur une houle, le tout d'or : le coq crête et barbé de gueules.
L'écu posé sur un faisceau des licteurs au naturel, en pal, surmonté des lettres R. F. de sable, et sur six drapeaux aux couleurs nationales: bleu, blanc et rouge, les hampes passées en sautoir; en pointe de l'écu pend la croix de l'Ordre de la Légion d'Honneur, attachée à une rosette, le tout au naturel. En bas, une banderole d'argent porte la devise : Liberté, Égalité, Fraternité, en caractères de sable. Le tout dans une gloire d'or.
ARTHUR Mai UV.