Les émotions et la volonté
La présente puljlieation est la suite d'un autre ouvrage : Las Sans et Vhitclligencp (1) ; elle complète l'exposition systématique de l'esprit humain.
La doctrine généralement admise, quoique conçue d'une façon assez vag-ue, des rapports (de l'union) entre le corps et l'esprit a été discutée tout au long et définitivement. En traitant des émotions, je renvoie à tout ce qu'on a appris sur leurs correspondants physiques.
L'application de la méthode naturelle et historique à l'exposition des sensations est continuée dans le Traltù sur les Émotions. Le premier chapitre est consacré aux émotions en général; chaque espèce d'émotion est ensuite discutée et classée ; des chapitres séparés sont consacrés aux émotions esthétiques, nées de la contemplation de la beauté dans la nature ou dans l'art, et . sens moral ou éthique. Dans ce dernier, j'ai aljordé la théorie de l'obligation morale.
C'est une haljitude trop répandue que celle de faire de la volonté un simple problème métaphysique sur la liberté et la nécessité.
M'éloignant de cet usage étroit, j'ai songé à fixer la nature de cette faculté, à montrer ses premiers germes, ses premières bases, dans la constitution humaine et à suivre son développement depuis ses traces les plus faibles dans l'enfance, jusqu'à la maturité de sa puissance. Cinq chapitres sont consacrés à ces recherches, cinq autres, aux sujets du ressort de la volonté: conflit des motifs, délibération, résolution, effort, désir, hal)itudes morales, devoir, impuissance morale. Un dernier chapitre sur le libre arbitre (frec will) clùt le tout.
Comme, à mon avis, la foi a un rapport intime avec la partie active de notre être, j'ai réservé son examen pour [lu conclusion du Traité sur la Volonté.
La dissertation finale de l'ouvrage a pour objet la conscience. Bien qu'il fût nécessaire d'accepter dès le début une définition provisoire, je considérais comme imprudent de discuter les subtils problèmes qui touchent la conscience dans l'abstrait, jusqu'à ce que l'examen détaillé des faits de l'esprit fût achevé. Quelone opinion qu'on puisse avoir sur les conclusions de cet ouvrage, je crois qu'on admettra l'utilité de cette méthode.
Londres, mars 1859.
(1) Cet ouvrage a été traduit en français, par M. E. Gazelles. (Paris, Germer Baillière et C'^.)
Bain. — Émotions et Volonté. a