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factions civiles, il ne craignit point de châtier rigoureusement les perturbateurs, acteurs et spectateurs; et il ne voulut jamais revenir sur sa décision *. En revanche, il assura une sévère police à Home et à l'Italie, limita le droit d'asile dans les temples, diminua singulièrement le nombre des bandits. Le superflu qu'il refusa à Rome, il le donna au nécessaire des provinces.
Tibère ne se contenta pas en effet de régulariser et de surveiller le gouvernement des provinces; il étendit les libéralités du trésor public à leurs besoins. Pour la première fois, les provinces parurent avoir des réclamations à exercer sur l'État, et l'État eut des devoirs k remplir envers elles. Philon le Juif et Flavius Joseph vantent le gouvernement de l'Egypte et de la Judée sous Tibère*. Le grand nombre des accusations portées contrôles mauvais gouverneurs est moins une preuve de la multiplication de leurs crimes que de l'accroissement de la vigilance du gouvernement. L'Achaïe, la Macédoine, qui faisaient partie des provinces du sénat, demandèrent à passer sous le gouvernement direct de l'empereur, t Un bon berger, disait Tibère, dans un langage qui permet à peine de deviner la bonté de l'intention, doit tondre ses brebis, et non les écorcher. » Tibère, comme Auguste, laissait longtemps les gouverneurs à la môme place. Tacite s'épuise à chercher la raison de cette habitude. Il veut la trouver dans Fennui qu'il prête au maîlre de faire de nouveaux choix, dans une crainte jalouse de faire des heureux, dans une faiblesse môme de jugement. Tibère s'est justilié de ces accusations; mais dans le langage cynique et repoussant qui le peint trop bien, c II aimait mieux, dit-il, laisser sur la charogne les mouches déjà repues que de les rempla-