L'AUBERGISTE,ALVAR
l'aubergiste.
il H ! voilà le seigneur Alvar !
A L V A R , Jouant la douleur:
Ah ! ne me parlez pas. Vous voyez un homme au désespo'rj
l'aubergiste.
Votre douleur est bien fondée. Perdre une maîtresse aussi jolie !
Alvar.
De grâce , laissez-moi. Vous rouvrez ma blessure.
l'aubergiste.
Et la perdre par la faute d'un père imbécille et absolu ! Il pleuroit à ses funérailles. Il étcit bien temps.
5Si LES EMPIRIQUES^
A L V A R , <z part.
Il paroît qu'on ne soupçonne rien.
l'aubergiste; Au reste , pour un avare , il a bien fait les choses. Le convoi étoit superbe , et votre douleur se fût calmée en le voyant.
Je serois mort sur sa tombe.
l'aubergiste.
Oh ! avec votre permission , ce seroit duperie. On pleure s& aiaîtresse , c'est tout naturel ; mais à votre âge , l'amour est un besoin , et bientôt de nouvelles chaînes....
Qu'osez-vous dire? Ah ! qui pourrois-je aimer après Léonore ? ^àpart, ) Décidément on ne se doute de rien.
l'aubergiste.
ïl est vrai que c'étoit une fille comme on en voit peu. Que le bon Saint-Nicolas protège son ame. Ah ça , laissons ces tristes idées , pensons au solide. Vous allez souper ?
Cela m'est impossible. ( à pan. ) J'ai dîné à sept heures. l'aubergiste.
Perdre l'appétit ! oh ! c'est trop fort ; je ne le souffrirai pas. On anettra deux couverts , je vous tiendrai compagnie : je vous ferai des contes , cela veus dissipera.
Non pas, non pas : je me plais dans la solitude, {à pan^ allant à sa chambre, ) Elle n'en finiroit pas , et je veux voir cette nuiî la gouvernante de Léonore : j'ai besoin de me concerter avec
iUe.
Quoi ! décidément vous me refusez ?
A L V A R , entrant chti lui.
Oh l tr^s 'décidément.
A C T E 5 E C O N D. Jj