GASPARD , ESTELLE
ESTELLE
Enfin , le voila parti... ali ! monsieur le docteur , que vous avez Lien fait de ne pas ressusciter son grand oncle !
GASPARD
Et pour quelle raison ?
ESTELLE
Parce que je vous prierai , si ça ne fait rien , de donner cette place-la a un autre.
GASPARD
Volontiers... c'est notre état.
ESTELLE
Il serait vrai !.. ali ! monsieur le docteur, que de bonté', de générosité !.. eh bien ! je vous en supplie, daignez rendre la vie à mon cousin Pédrille.
GASPARD
Le cousin Pédrille... à la bonne heure... autant lui qu'un autre., mais il me faut d abord quelques renseignemens sur son compte.
ESTELLE
Il y a bien long-temps , il m'avait promis de m'aimer toujours et moi aussi... mais il s'est brouillé avec sa famille..-, avec son oncle... il a quitté ce village, et nous avons reçu la nouvelle qu'il avait été tué.
C'est bien... c'est bien-... ce n'est pas Ta ce qui m'embarrasse... mais est-ce qu'il n'a pas laissé quelque fortune ?
ESTELLE
Non , monsieur.
GASPARD
Il n'a pas quelqu héritier , direct ou indirect ?
ESTELLE
Aucun... puisqu'il n'avait rien.
GASPARD
Mais avant de partir... il occupait quelque place , quelqu'emploi?
ESTELLE
En aucune manière... puisqu'il s'est fait soldat.
GASPARD, à pari.
Ah ! diable!., j'ai en torl de m'avancer... car en voila un sur lequel il Dj a pat de prise.
Il avait bien son oncle, dont nous parlions tout-a-lneure, le le seigneur Hcnriquès... un riche marchand, qui La dohérité... <. \M'\ui) , vivement, \ rainicnt... a la bonne heure... eh ! mais voilà ce? que je vous demande... Et qui est-ce qui en a profite? A qui sa part est-elle revenue ?
ESTELLE
À moi, monsieur... a moi, qui suis prête a tout lui rendre... j'y renonce , pourvu que je le revoie encore une seule fois... Oui , monsieur le docteur , la moitié de ce que je possède est à mon cousin , mais l'autre moitié...
Eh Lien !
ESTELLE
L'autre moitié est a vous , si vous le rendez a la vie.
GASPARD
Que dites-vous?.. Moi , je pourrais accepter !.. non, mon enfant... vous, au moins, vous êtes noble et généreuse; vous avez un bon cœur... (Y part.) \ oilà la première; et cela me fait plaisir. (Se reprenant.) Mais ça me met dans un fameux embarras.
ESTELLE
Air : Depuis Ions-temps f aimais Adèle- Comment jamais peiiidr' ma reconnaissance.
GASPARD
Daignez m' écouter, mon enfant...
Estelle , à part.
Ali ! mon Dieu ! je crois qu'il balance , ( A Gaspard. ) Vous me l'aviez promis , pourtant
A votre cœur , si je n' peux m' fa ire entendre , Si ce n'est pas assez de tous mes biens , Pour ajouter au jour qu'on va lui rendre , S'il le faut, prenez encor des miens.
gaspard, essuyant une larme.
Ah!.. c'en est trop !..
estelle , vivement Vous êtes attendri., vous cédez.. Je vais prévenir ma famille , nos parens, nos amis... car vous sentez que je ne peux plus épouser Grégorio; que tout est rompu... Ah bien, oui!... qu'est-ce que dirait mon cousin?... Adieu, monsieur le docteur,.. Ça, ne tardez pas... n'est-ce pas vrai?... tachez qu'on ne fasse pas attendre., et que çà commence tout de suite.
( Elle entre dans la maison. )