Mtofnvr, intermédiaire
Enfin certains cystidés ont peut-être eu des afOnités avec les holothuries du genre Psolus qui sont garnies de plaques calcaires. Lorsque j'étudie le bel ouvrage ' où Wyvîlle Thomson a figuré le Psolus ephippifer, recueilli dans les dragages du Challenger, je ne peux m'empêcher de trouver à cet animal quelque apparence de ressemblance avec des Cariocystites* ou des Megacystis 3 qui auraient perdu leur lige (ûg. 54).
Blastoïdes. — L'histoire de la nature dans les âges passés nous montre deux catégories de types : les uns, qu'on peut appeler des types formateurs, ont préparé les générations des époques suivantes; tes autres n'ont point engendré l'état actuel des êtres, ils ont été leur fin à eux-mêmes ; si l'on voulait dresser des arbres généalogiques, il faudrait les représenter
Fie. 55. — Pentrt mite* portait*, vu de cOlé el en dessus, grandi de moitié : I. lige; b. basales; a. aires ambulacraires; g. spiraculei (trous génitaux) on. anui; b. bouche. — Carbonifère du Kentuckj. Collection d'Orbignj.
sous la forme de rameaux constituant des épanouissements terminaux. Tandis que plusieurs des cystidés peuvent être rangés dans la première catégorie, les blastoïdes doivent être classés dans la seconde. Us ont régné dans les temps primaires; on ne voit pas dans les époques suivantes des formes qui semblent en être dérivées. Ils ne sont pas devenus oursins, étoiles de mer, crinoîdes; ils sont devenus blastoïdes, et pas autre chose. 11 est curieux de voir dès l'époque silurienne des
i. VtW <>f '** Challenger, The -Italie, vol. II. in-8\ figure» de la page 24061 de la page Bî. Londres, 1877.
» Kàouov noix; xûarw, vessie.
• M1y.< m* A .ira. M. H.ll »v.it d'.bord .pp.l* t. Huila JMa-
J««' •» »*« w»i m Mi» ™P"* '" *"""' i" lé »" Mo « 1 "' * »"-**
, al* «Ûii* de le cbBn 8 er -
ÊCHINODERMES. 89
lypes qui sont aussi spécialisés : les détails qui suivent vont montrer leurs particularités.
Les blastoïdes tirent leur nom' de leur ressemblance avec
Fie. 5C. — Pentremite* lukatai, vu de profil, lui 3/4 de grandeur:
d. dernier segment de la lige ; 4«. basâtes; rfel. pièce» deltoïdes; g. spiraciilc< (Irous génitaux); a.
aire» ambulacrairei ; i. a. aires intcr-ambulacraires. — Carbonifère des chutes de l'Oliio. Collection soologique du Muséum.
Fie. 57. — Pentremîte* du groupe du P. Wortluni', tu de profll
aux 3/4 de grandeur. Mîmes lettres que dans la ligure précédente; je crois voir en r. les radiales soudées arcr les pièces inler-ambulacrairt'U t. a. — Collection d'Orbigny (sans indication de localité).
des boutons de fleurs d'oranger (lig. 55, 56, 57 et 58) ; on les désigne aussi sous le nom de pentrémitides, parce que leur
basa I es ; a. aires ambulacraircs ; b. bouche. — Dévon. de Sabero.
Donna au Muséum par d'Arcliiac.
Fig. EU. — Pentrtmititlca Sch\illtii, tu de coté et en dessus, grandi de moitié. Mêmes [ctlrcs. — ùivonien de Sabero. province de Léon. Espagne. Donné au Muséum par d'Archiac.
principal genre, Pentremites 3 , a cinq trous disposés sur la
i. Butvth;, bourgeon; <"3o;, apparence.
S. Il se distingue du P. Worthtni par ses basales bien plus courtes. 3. Iliïti, cinq; tpr,u-s, trou. On a pensé que ces trous servaient à la sortie des (cuis, c'est pourquoi on les a appelés orifices génitaux.
m FOSSILBS PRIMAIRES.
face ventrale autour d'un Irou central qui est peut-être la bouche.
Vus de coté ifig. 55, 58 et 59), les blasloïdes rappellent les crinoïdes et les cystidès par leur calice que supporte une lige pierreuse. Le dernier segment de la lige à, est divisé, suivant les observations de .MM. Lyon et Roemer, en plusieurs pièces, qui, je suppose, sont les homologues des sous-basales des crinoïdes, des anales des oursins, des tergales des étoiles de mer. Au-dessus de la rangée d. vient une rangée de basales 6a. qui sont les homologues des basales des crinoïdes ■M des génitales des oursins.
Fie. 61. — Grtnudocrinn ratio, m de «OU, grandi une fois el demie.
Mi'mcs lettrei que dans la figure précédente. — Carbonifère d'Hit-
logique du Muséum.
Fie. W, — Sudeorrituu Ymeuili, vil di' cMè, aux 4 5 il; grandeur:
r. radiale»; a. aires ambulacrsires :
i.u «irpj iiitiT-juibularrairt's ;del, drltoldej; g.iinliivs pi?nilaux' dessin Tait d'après deux échantillons ), — Dévuiiirn de» rbutes de l'Ohio, Ki-ntiwky.Coll. gro\. du Muséum.
Vus en dessus, quelques-uns des blasloïdes simulent l'aspect dos étoiles de mer par leur forme étoilée et leurs ambulacres eonlinés A la lace ventrale (lig. 58 et 50). Mais ils n'ont pas tous eeito L'uiiforniaiion; dans les Pentremites (fig. 55, 56, 57), les mulmliifivs dcsoeDdent sur les côtés; dans le Nvcleori'MMis l (lig. t>H), leur position ressemble beaucoup à celle des ttiir«inx,ot même dans le Gmuatocrinvs* (fig. 61), ils s'avanrt'iit plus près du rentre apiral que chez les oursins. On r*innrqiu>m en outre que ces deux derniers genres n'ont plus
1. NmImu, nnvnu; rriHWt, lia. C.'csl le iiuHnc genre qui a été appelé F.itea-
•Hmm.
i, uretlliln, cl frinoH.
ÉGHINODERMES. 91
une forme étoilée, mais une forme ovale qui rappelle celle de plusieurs oursins.
La face dorsale est très différente de celle des astérides; au lieu d'être occupée par une multitude d'ossieules mobiles, ainsi que chez ces derniers, elle a un calice formé d'un petit nombre de grosses pièces immobilisées comme chez les crinoïdes.
Une des causes de l'aspect particulier des blastoïdes provient de l'absence des inter-ambulacres et de la présence de grandes pièces fourchues qui encadrent les ambulacres (fig. 56, 57). Peut-être cette absence des inter-ambulacres n'est qu'apparente, et les grandes pièces fourchues ne sont pas autre chose que les pièces inter-ambulacraires soudées intimement avec la pièce radiale * (fig. 57, r.); dans le Nucleocrinus (fig. 60) et le Granatocrinus (fig. 61), on voit les bandes t. a. présenter des indices de divisions, comme si elles étaient formées d'un grand nombre de petites pièces ainsi que les inter-ambulacres des oursins.
Ce sont les ambulacres qui contribuent le plus à faire ranger les blastoïdes dans un groupe à part. Ils diffèrent tellement de ceux des autres échinodermes qu'il vaudrait peut-être mieux, à l'instar de plusieurs naturalistes, les appeler des pseudoambulacres. Ils sont plus compliqués que dans les échinodermes actuels. Les savants américains ont découvert des échantillons dans un si parfait état de conservation qu'ils ont pu voir leurs ambulacres couverts de petites pinnules articulées comme celles des cyslidés (Lepadocrinus) et des crinoïdes ; c'est là un caractère qui éloigne les blastoïdes des étoiles de mer et des oursins, car ces animaux ont des piquants raides faits d'une seule pièce, et non des pinnules articulées. Au-dessous de la lame qui porte les pinnules, on remarque une pièce que sa forme a fait nommer la lancette, et qui est bordée de
1. MM. Wachsmuth et Springer ont regardé comme une radiale la partie que j'appelle r. dans la figure 57 ; ils ont appelé secondes radiales les pièces que je suppose représenter les inter-ambulacres. MM. Ethcridge et Carpentcr n'ont pas accepté ces interprétations.
chaque côté par une plaque percée de trous; sur la face interne, on observe des canaux qui ont été appelés hydrospires. Billings a supposé que l'eau, après être entrée par les pores et avoir passé par les hydrospires, devait sortir par les trous connus sous le nom de trous génitaux (fi g. 55, g.); il a substitué au nom de trous génitaux celui de spiracules 1 .
Sur les cinq spiracules, quatre sont doubles ; ils forment le débouché de deux canaux aqu itères. Un des spiracules est triple, parce qu'outre les deux canaux aquifères, il comprend le tube anal. Ces dispositions n'ont encore été observées dans aucun des échinodermes qui ont vécu depuis les temps primaires: c'est seulement avec les losanges pectines des cyslidès que les hydrospires ont des analogies*.
Enfin il faut signaler dans les blastoîdes des pièces spéciales qui sont connues sous le nom de deltoïdes; elles sont petites dans le Pentremites ttig. 56,57* et le Granaiocrinus (fîg. 61); elles sont très grandes dans le Xueleocrinus (fig. 60). Ces pièces occupent la position des inter-radiales des crinoïdes. MM. Wachsmuth et Springer les regardent comme les homologues des plaques orales, qui, d'après MM. Wyville Thomson et Carpenter, forment une pyramide sur la face buccale des larves de Pentacrinus.
La figure théorique suivante ttig. 63> montre comment je suppose qu'on peut établir les homologies des pièces des blastoîdes avec celles des crinoïdes (fig. 68), des oursins (lïg. 8 h, des étoiles de mer trtg. 8i>.
Les homologies des parties constituantes des blastoîdes sont encore très incertaines; on ne saurait s'en étonner, quand on voit ;\ quel point ces animaux sont différents de ceux qui vivent
i. Spirtculum, soupirail.
2. Des travaux remarquables ont été faits depuis quelque temps sur les hydrospires et les spiracules. On pourra notamment consulter : Billingt, Noies on the structure ofthe crinoide** cystùle* ond kléstoide* [Atnericmn Journal of science, f série, vol. 4$, 40. 50, I8ti9-t870.; — R. Dhendge et H. Carpenter, On certain points m the morphology of tke btéstoide* [An*, and Magai. ofnatural Hàtory, •Tri! 18»).
aujourd'hui; pour eux, l'examen des êtres actuels fournit de très vagues inductions. Codonaster a un peu diminué la lacune qui sépare les blastoïdes des cystidés et, selon M. Herbert Carpenter, Hybocystites l a combiné les caractères des blastoïdes avec ceux des crinoïdes. MM. Wachsmuth et Springer* ont fait sur les pores aquifères des crinoïdes anciens des études qui aideront à comparer les homologies de ces fossiles et celles des cystidés et des blastoïdes. Les recherches que MM. R.Elheridge et II. Carpenter ont entreprises sur les blastoïdes devront aussi
Fie. 62. — Dessin imaginaire d'un blasloïdc dont les pièces sont supposées vues à plat : d. dernier disque de la tige qui peut se segmenter en plusieurs pièces sous-basales ; 6a. basâtes correspondant aux basalcs des crinoïdes, aux génitales des oursins ; i. a. pièces en fourchette qui peut-être résultent de la soudure des radiales r. avec les pièces inter-ambulacraires; a. pseudoambulacres, qui en dessus simulent les bras pinnés des crinoïdes, et en dessous représentent les ambulacres des oursins et des étoiles de mer ; del. deltoïdes, au-dessus ou dans lesquelles se trouvent les spiracules où débouchent les hydrospires.
éclairer leurs homologies. Mais, dans l'état actuel de nos connaissances, il faut avouer que nous ne pouvons pas marquer clairement les enchaînements entre les échinodermes qui ont des pseudo-ambulacres, ceux qui ont des ambulacres et ceux qui ont des bras.
Crinoïdes*. — A l'opposé de beaucoup d'animaux qui sont libres à l'état larvaire et fixés dans l'âge adulte, le crinoïde
1- T6b;, bossu; xucric, vessie. Suivant M. Wilhcrby, c'est entre les cystidés et les crinoïdes que Y Hybocystites établirait des liens.
2. Revision of the Palœocrinoidea (Proceed. of the Acad. of nat. se. of Philadelphie, 1879).
3. Kpt'vov, lis; eîoo;, apparence, parce qu'on a comparé les crinoïdes à une fleur qui serait portée sur une tige fixée au sol par des racines.
vivant, nommé comatulc ou Antedon, est attaché dans sa jeunesse par une tige, et plus tard devient libre ; le dessin ci-après (fig. 03) d'échantillons donnés au Muséum par M. William Carpenter représente les jeunes comatules pourvues d'une tige. Ce mode de développement est l'image de celui des échinodermes dans les temps géologiques ; car le règne des crinoïdes munis de tige (Marsupiocrinus ', fig. 66) a précédé celui des échinodermes sans tige.
Les dernières explorations sous-marines ont montré que, sur certains points de l'océan Atlantique, de nombreux crinoïdes vivent encore 2 , mais leurs genres sont peu variés comparative-
Fie. 63. — Jeunes comatules, grandies trois fois : A. Individu qui a sa tige t. attachée par une racine r. ; son calice c. est surmonté de bras br. et ne porte que des rudiments de crampons peu visibles. B. individu moins jeune dont la tige t. commence à s'atrophier et dont les crampons cr. ont grandi. — Mers actuelles.
ment à ceux des temps primaires. C'est surtout dans les terrains siluriens qu'ils ont laissé d'abondants débris. Aux États-Unis, il y en a plusieurs gisements très riches qui ont été illustrés principalement par les travaux de M. James Hall ; par exemple, dans le silurien supérieur de Waldron (Indiana), on a recueilli des milliers de calices d'Eucalyptocrinus 3 (fig. 64) et des centaines de bases des mêmes crinoïdes avec