UipiT-/(o. j'entoure; £âu.i;, maison
taient la particularité qui a été observée dans VEchinothuria de la craie, dans le Calveria ' et le Phormosoma des mers actuelles : la boite de l'oursin, au lieu d'être composée de plaques placées & côté les unes des autres, comme celles d'une mosaïque, était composée de plaques disposées de la même manière que les tuiles d'un toit ou les écailles d'un poisson, fixées d'un côté et libres de l'autre *. Celte conformation favorable au mouvement montre que plusieurs des anciens oursins ont été plus parfaits que leurs successeurs; mais en même temps elle indique des types moins spécialisés, moins divergents.
Les oursins présentent une singulière apparence de ressemblance avec les crinoïdes, lorsqu'on en fait un dessin théorique (fig. 81) où les diverses pièces sont supposées déroulées, ainsi que dans la figure de crinoïde donnée page 98, figure 68. Au centre, une grande plaque an. se voit chez les oursins du genre Salenia à l'état adulte, et, d'après les observations de M. Alexandre Agassiz et de M. Lovén, chez beaucoup d'autres oursins à Tétai jeune. Celte plaque, qu'on appelle tantôt pièce api cale, tantôt pièce anale ou sur-anale, tantôt disque central, semble représenter le dernier élément de la tige des crinoïdes et des cystidés (fig. 68, lettre d.); quelquefois, au lieu d'une seule pièce, il y a plusieurs pièces anales. Les oursins n'ont pas de tige ; mais on sait que les crinoïdes aussi peuvent manquer de
1. Dans les Abîmes de la Mer, Wj ville Thomson raconte ainsi la découverte du Calveria : • A mesure que la drague remonte, nous apercevons dans le sac un gros oursin écarlate... Comme le vent était assez violent et qu'il n'était pas facile de faire renverser la drague pour la vider de son contenu, nous prenons notre parti de ce qui nous parait être une nécessité inévitable, et nous nous attendons à retirer V animal en mille pièces. Nous le voyons avec étonnement rouler hors du sac sans le moindre dommage; notre surprise ne fait que s'accroitre et se mélange, au moins en ce qui me concerne, d'une certaine émotion en voyant t'animai s'arrêter, prendre la forme d'un sphéroïde rougeâtre, et se mettre à palpiter... Les ondulations les plus singulières soulèvent son test, aussi flexible que le cuir le plus souple. Je dus faire appel à tout mon sang-froid avant de me décider à prendre dans la main ce petit monstre ensorcelé, •
2. M. Walter Keeping a proposé d'appeler les oursins qui ont cette disposition lépidermés (XenVc, fôo;, écaille ; ôÉpjia, peau) (Quarterly Journal ofthe geol. Soc., vol. de 1876, p. 35). Ceux dont les pièces sont juxtaposées comme celles des mosaïques ont depuis longtemps été nommés tcsscllés.
lige : j'ai rappelé que la comatule, libre dans l'âge adulte, a élé atlachéc dans sa jeunesse (flg. 63), que YAstylocrinus n'a pas eu de lige, et que VEdriocrinus, fixé au commencement de sa vie, s'est débarrassé ensuite de sa lige et même a fait disparaître sa trace (p. 97, fig. 67). On peut objecter que le cenlre de l'appareil apical de l'oursin est en dessus, tandis qu'il est en dessous chez le crinoïde ; à cela il est facile de répondre que ce renversement ne saurait étonner, puisque les campa nutaires jeunes ont la bouche en haut comme les crinoïdes, et que plus tard,
Fie 81. — Destin imaginaire d'un oursin dont les pièces sont supposées étalées A partir du centre de lu face dorsale : on. pièce discale ou anale avec le trou île l'anus ; g. pièces génitales ; oc. pièces ocellaircs ; a. pièces auibu-
lacriiires ; i. a. pièces inler-ambulacraircs.
devenant acalèphes, elles se retournent et ont la bouche en bas. Il est vrai que, chez le crinoïde, l'anus ne s'ouvre pas dans la pièce apicalc comme chez beaucoup d'oursins, mais même dans les oursins, sa position est très variable ; le système anal, a dit M. Alexandre Agassiz, n'est pas nécessairement une partie du système apical '.
Autour de la pièce anale de l'oursin (fig. 81), on voit les pièces génitales g. et les pièces ocellaires oc. ; la ressemblance des premières avec les basales des crinoïdes (flg. 08, lettre b.)
1. Iltuitrated catalogue of the Muséum of comparative mology at Harvard Collège, n" VII. lievUwn of the Echini, pari. IV, in-**. Cambridge, 1874.
et des secondes avec les radiales (môme figure, lettre r.) est si grande qu'il semble naturel de supposer qu'elles sont leurs homologues ; il faut seulement admettre qu'il y a eu perforation des basales pour laisser passer les œufs, et perforation des radiales pour mcltre en communication avec le dehors les nerfs qui sont devenus propres à la vision. Tout au moins, en ce qui concerne les orifices génitaux, une telle hypothèse n'a rien de hasardé, car les beaux ouvrages de MM. Colteau et Lovén montrent que la place de ces orifices n'est pas invariable et qu'ils manquent quelquefois 4 .
Les homologies que je viens d'indiquer entre l'appareil apical de l'oursin et le calice du ciinoïde sont très vraisemblables. Mais, lorsqu'on essaie de comparer les pièces ambulacraires et inter-ambulacraires de l'oursin (iig. 81, a. et i. a.) avec les pièces brachiales et inter-brachiales du crinoïde (lig. 68, br. et i. 6r.), des difficultés considérables se présentent. La plus grande de ces difficultés consiste en ce que les ambulacres des oursins (fig. 81), des blastoïdes (fig. 62), convergent vers l'appareil apical, au lieu que les bras des crinoïdes sont divergenls par rapport à l'appareil apical (fig. 68); l'ossicule d'un bras de crinoïde qui a été formé le dernier est le plus éloigné de cet appareil, tandis que le dernier ossicule d'un arnbulacre d'oursin est placé auprès de la pièce radiale (ocellaire). Théoriquement il ne me semble pas impossible de concevoir un bras de crinoïde devenant une rangée ambulacraire d'oursin, mais les découvertes d'échinodermes fossiles faites jusqu'à présent ne marquent pas que cette transformation ait eu lieu.
Peut-être, au lieu de comparer les bras du crinoïde aux ambulacres de l'oursin, il vaudrait mieux les comparer aux tentacules des holothuries. Il est reconnu, en effet, que l'embryogénie des crinoïdes a plus de rapports avec celle des
1. On pourra notamment consulter : Cottcau, Echinides fossiles de la Sarthc, p. 152, p|. XXVI, fig. 2; p. 154-, pi. XXVII, fig. 25; Lovén, Etudes sur les Echinoidées, pi. XVI.
IIU FOSSILES PRIMAIRES.
holothuries qu'avec celle des oursins et des stellérides. Le savant zoologiste de Marseille, M. Manon, que j'ai consulté à cet égard, m'a dit que, suivant lui, le crinoîde adulte est assimilable à Fétat larvaire de l'oursin et non à son état adulte, et, comme les pièces ambulacraires de l'oursin ne se forment pas dans la partie larvaire, il s'ensuivrait qu'on ne peut comparer les pièces brachiales des crinoîdes avec les pièces ambulacraires des oursins.
La difficulté de faire descendre le type oursin du type crinoîde s'accroît, si, comme M. Neumayr Ta fait dernièrement, on considère l'histoire paléontologiquc de ces animaux. Les recherches d'Eichwald, MM. Schmidl, Nikilin ont révélé des oursins dans le silurien de la Russie; les oursins, à en juger par l'état de nos connaissances; ayant paru à peu près en même temps que les vrais crinoîdes, nous n'avons pas de motifs de prétendre qu'ils en sont les descendants; les similitudes de leurs apparences indiquent peut-être, non pas une paternité, mais une fraternité d'ancêtres éloignés.
Stellérides 1 (Astérides el Ophiurides). — L'étoile de mer, semble un être isolé dans le monde organique, et présente à l'évolulionniste un difficile problème. Quand j'étais un naturaliste tout novice, ce problème me préoccupa; je lis une thèse sur les pièces solides des stellérides où je lâchai d'en dire quelques mots *. Je figurai dans une même planche la disposition théorique d'un oursin, d'une étoile de mer, d'une ophiuride et d'une curyalide : t au moyen de ces figures, disais-je, nous verrons comment les pièces de ces animaux^ en apparence si différents, peuvent se rapporter à un type unique plus ou moins modifié. » Je comparais l'astérie à