‹ Les enchantements de PrudenceChapitre 2 sur 18 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

ent les pures études où j'aurais voulu vivre, car c'est linerve qu'on trouve aux deux extrémités de la vie. » .1 ne semble pourtant pas que cette précocité d'émons ait réellement dérangé l'élan de l'intelligence, car

ajoute bientôt : « Je trouvais alors un grand plaisir lans la littérature et dans l'histoire. J'étudiais surtout histoire d'Angleterre. Je commençai d'étudier le laio. 9

]e goût pour l'histoire devient vite une philosophie itique.

Inspirée par mes études de l'histoire romaine, je ne ongeais, dans les malheurs de mon pays (l'invasion) t de ma famille, qu'à g-arder cette dignité d'âme que 3s anciens commandent dans les revers et les prospéités. »

îile ne montre pas d'avoir beaucoup pleuré ses pats; bien qu'elle en parle avec éloge. Je doute qu'elle été élevée avec tendresse.

}uand elle commence à aimer, elle débute par une itié de femme où elle porte beaucoup de vénération et

lui a toujours été maternelle. Elle vit à la campagne îz celte femme supérieure. « L'abbaye du Vallon était ans des bois, à sept ou huit lieues de Paris ; mais ces )Ois semblaient être à cent lieues de la ville. La conrée offrait le genre de beauté ordinaire aux campagnes les Gaules, renommées pour leurs ombrages, les forêts

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» druidiques, les ruisseaux limpides, le bruit du vent, le » harmonies de l'orage ; nature sans éclat, sans chaleui » sans soleil, mais rêveuse, orageuse, inspiratrice, «... Dans ce lieu, je suis vraiment née, si naître c'eî » sentir, c'est aimer. »

C'est là en effet qu'elle rencontre un homme dont ell dépeint avec complaisance la beauté idéale et dont el montre l'esprit supérieur. Dès lors, nous assistons à de alternatives de passion ardente et de sagesse stoïque qi nous causent un certain étonnement. On se demand comment taat de raison s'est alliée à tant d'ivresse, ( pourquoi cette raison si forte n'a pas su vaincre la so de vivre à tout prix. L'éducation virile ne garantit don pas mieux la jeune fille qu'elle ne préserve le jeun homme ?

Non, mais chez l'un comme chez l'autre, elle rend h chutes moins irréparables et guérit les blessures. Elle U guérit même si soudainement chez madame de Samai qu'on se prend à douter que les passions aient été bie vives. On ne s'étonnerait pas que, sous le coup de ci agitations, elle eût écrit ou lu des romans avec d'ai tant plus d'ardeur et de facilité. Mais ce ne sont pas h romans seuls qui l'ont arrachée aux secrètes angoisse; c'est surtout l'histoire et la philosophie, c'est une variél et une continuité d'études sérieuses et de productior utiles et remarquables, où elle s'isole et se plaît passioc

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ment, au lendemain des plus fortes crises. 11 lui arrive îme de quitter héroïquement l'amour pour retrouver ustère Pallas, comme on disait en ce temps-là : elle limait donc guère ?

Pourtant elle écrit la passion avec tant de charme et courageux abandon qu'elle a aimé beaucoup, cela n'est ►int douteux. Alors il n'y a pas à en douter non plus, îst une àme très-forte, un caractère remarquablement împé, et peu m'importe que les amis et les amants em 3nt souffert dans leur tendresse ou dans leur amouropre, je suis forcé d'admirer cette puissance et d'y nstaler curieusement la transformation du sexe intel- :tuel, résultat de la culture intellectuelle virile. Le sexe persiste cependant et avec les particularités si en observées, si bien décrites dans cette brochure Alexandre Dumas qui vient de faire tant de bruit , bronire dont je n'accepte pas les conclusions, dont par )nséquent je ne comprends pas le but, mais dont j'aprécie très-haut les parties essentielles, la critique et la einture des faits. Le livre de madame de Saman est )mme une flagrante preuve de la justesse de ces conatations. On y voit, bien dessinés et franchement ^oués, les appétits de domination qui caraetériseat la imme. On y est frappé aussi de ce sens de la possession â moi qui fait sa force dans la faiblesse et sa victoire ins la défaite. Celle-ci aborde l'amour avec une vail-

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